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28 ans plus tard 2 : le personnage de Jack O'Connell est inspiré d'une ancienne star de la télévision britannique

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Dans "28 ans plus tard : Le Temple des morts", Jack O'Connell reprend son rôle de Jimmy Crystal, apparu à la fin du premier opus. Le terrible chef de gang est inspiré d'une star déchue de la TV britannique. On vous explique.

© sony pictures

Sorti en salles le 18 juin dernier, 28 ans plus tard - suite très attendue du classique de Danny Boyle sorti en 2002 - s'achevait sur une scène qui a laissé de nombreux spectateurs perplexes.

ATTENTION : ce paragraphe contient des spoilers sur la fin du premier 28 ans plus tard.

Dans les dernières minutes du film, le jeune Spike est attaqué par des infectés avant d'être secouru par un groupe surnommé "les Jimmies", mené par Jimmy Crystal (Jack O'Connell). Vêtu d'un survêtement, arborant de longs cheveux blonds et une imposante croix en or autour du cou, ce personnage devient central dans le nouvel opus, 28 ans plus tard : Le Temple des morts.

Lors de la sortie du premier film, les médias britanniques ont rapidement relevé la ressemblance troublante entre Jimmy Crystal et Jimmy Savile. Animateur de télévision et DJ extrêmement populaire au Royaume-Uni, Savile était célébré de son vivant avant d'être accusé, après sa mort en 2011, de centaines d'agressions sexuelles.

Une ressemblance revendiquée par le scénariste Alex Garland et le réalisateur et producteur Danny Boyle.

Une ressemblance plus que physique

Dans Le Temple des morts, il apparaît clairement que le parallèle entre Jimmy Crystal et Savile dépasse largement l'apparence. Jack O'Connell décrit d'ailleurs lui-même son personnage comme étant "un connard". Il ajoute au micro de GQ : "Je ne sais pas encore très bien comment le décrire. Mais c'est passionnant à interpréter, c'est certain. Il appartient clairement au côté obscur, contrairement à tous les personnages que j'ai incarnés auparavant."

Dans Le Temple des morts, on découvre que Sir Jimmy Crystal est un chef de secte sataniste. Boyle a lui-même confirmé au micro de Business Insider, que le personnage, tant par son esthétique que par son arrière-plan culturel, s'inspire fortement de Jimmy Savile.

Le cinéaste explique que Crystal est conçu comme une mémoire déformée de la culture populaire britannique : "Il est autant lié à la pop culture qu'aux survêtements de sport, au cricket, au système des distinctions honorifiques... tout cela se tord dans ce souvenir partiel, s'accrochant à des choses puis les recréant comme une image pour des adeptes."

L'intention de Boyle et Garland n'est donc pas simplement de provoquer, mais de questionner la manière dont les sociétés se souviennent - ou oublient - certaines figures du passé, et comment elles peuvent transformer des icônes en mythes à suivre, même lorsque ces figures reposent sur des souvenirs fragmentaires ou idéalisés.

Alex Garland résume cette thématique centrale en soulignant que 28 ans plus tard parle de mémoire sélective et d'oubli historique : "Le fait de regarder en arrière, c'est à quel point la mémoire est sélective [...] elle oublie et, surtout, elle se trompe aussi. Nous vivons dans une époque dominée par un passé mal remémoré."

Qui était Jimmy Savile ?

Jimmy Savile (1926-2011) fut pendant des décennies une personnalité incontournable de la télévision britannique : DJ, animateur de l'émission culte Top of the Pops, présentateur de Jim'll Fix It et figure emblématique de la collecte de fonds caritatifs. Il avait même été anobli en 1990 pour son travail philanthropique. Excentrique assumé, il cultivait une image reconnaissable entre toutes : survêtements, bijoux ostentatoires, formules choc et omniprésence médiatique.

Pourtant, après sa mort, une vague de révélations a radicalement transformé la perception publique de Savile. Des centaines d'allégations d'abus sexuels ont émergé, majoritairement impliquant des mineurs. Les enquêtes policières posthumes ont conclu qu'il était un prédateur sexuel. Si des rumeurs circulaient déjà de son vivant, elles avaient été largement ignorées ou étouffées. Le scandale a profondément ébranlé la BBC et d'autres institutions qui l'avaient longtemps célébré, révélant de graves défaillances dans la prise en compte des alertes.

Un documentaire relatant les faits intitulé Jimmy Savile : A British horror story est d'ailleurs sorti en 2022.

Des souvenirs qui datent de 2002, avant la chute de Savile

À noter que, dans la chronologie de la saga, l'épidémie du Rage Virus survient en 2002, avant que les crimes de Savile ne soient rendus publics dans notre monde. Dans l'univers fictionnel, Savile n'a donc peut-être jamais été discrédité et a pu rester une figure admirée, voire mythifiée.

Jimmy Crystal, qui n'était qu'un enfant lorsque le virus est apparu, s'est inspiré de souvenirs fragmentaires de cette époque. Dans le premier film, il regarde les Teletubbies, une émission de la BBC, au moment où les infectés attaquent sa famille. Savile, figure phare de la chaîne à l'époque, a pu également influencer la construction de son imaginaire.

Le jeune Jimmy s'est ainsi créé un personnage et a fondé son groupe à partir de ces références d'enfance. De la même manière, dans son esprit clairement perturbé, son père - prêtre de son village - est devenu la voix du Malin.

28 ans plus tard : Le Temple des morts est à voir au cinéma.

publié le 18 janvier, Laëtitia Forhan, Allociné

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