Avatar avec des castors ? C'est le pitch du nouveau Pixar, et vous allez l'adorer
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En attendant "Toy Story 5" au mois de juin, Pixar revient sur nos écrans avec "Jumpers", projet original dans lequel une ado parvient à transférer son esprit dans un robot en forme de castor. Et c'est l'un de leurs films les plus drôles.
© The Walt Disney Pictures
Ça parle de quoi ?
Mabel, une adolescente passionnée par les animaux, saute (littéralement !) sur l'occasion d'essayer une nouvelle technologie révolutionnaire permettant de communiquer avec eux d'une manière totalement inédite... en se glissant dans la peau d'une adorable femelle castor. Conçu par des scientifiques visionnaires, ce dispositif permet de transférer la conscience humaine dans le corps de robots-animaux plus vrais que nature. Mabel se lance alors dans une aventure unique et riche en découvertes au cœur du règne animal.
Plus Mabel la vie
De tous les projets originaux récents issus des studios Pixar, celui-ci était placé très haut dans la liste de nos attentes. Depuis ce mois d'août 2024 et la révélation de son postulat de départ à la D23 (convention bisannuelle au cours de laquelle les différentes filiales de Disney présentent leurs nouveaux projets) car, très vite, ses futurs spectateurs n'ont eu qu'un mot à la bouche : Avatar. Mais avec des castors à la place de Na'vi.
"C'était même 'Avatar avec des pingouins' à la base", nous explique le réalisateur Daniel Chong, auteur de son premier long métrage pour la firme après avoir travaillé sur la série We Bare Bears auquel il fait d'ailleurs référence dans Jumpers, en ajoutant les ours du show au bestiaire bien garnie de cette aventure sur fond de technologie et de rapport entre l'humain et la nature.
"C'était plus une blague à ce moment-là, mais je pense que ça a servi le film qu'il parte d'une idée aussi bizarre et stupide, car ça nous a aidés à transposer cet esprit dans ce que vous avez vu. Et une fois que mon idée a été acceptée, Pixar a réuni une équipe autour de moi et a rendu l'expérience bien plus collaborative." Avec un changement de taille puisque les pingouins, jugés trop vus et revus dans le cinéma d'animation (Happy Feet, Madagascar ou Les Rois de la Glisse ne contrediront pas la production), ont été remplacés par des castors.
"Nous avons également pensé à ces séries documentaires dans lesquels des animaux robots étaient placés au milieu de vrais", ajute la productrice Nicole Paradis Grindle. "Mais les robots étaient ratés, avec des yeux-caméras qui vont dans tous les sens et les autres animaux qui s'approchent pour les renifler. Daniel a aussi été inspiré par ça, en se demandant ce qu'il se passerait si la technologie devenait assez bonne pour que les animaux n'y voient que du feu et que l'on puisse infiltrer leur territoire. Il n'y avait donc pas qu'Avatar."
"L'histoire est ce qu'il y a de plus important, et l'ordinateur ne peut pas nous aider sur ce plan"
A travers son histoire, Jumpers porte en lui un joli message écologique, universel, qui ne renvoie pas tant au vivre-ensemble qu'à des questions de respect. De l'autre, de l'environnement, de la différence. Le tout dans un long métrage où la technologie à l'oeuvre peut être mise en parallèle avec l'évolution de l'animation depuis la sortie du premier Toy Story en 1996 (il n'est pas sûr que les fourrures auraient paru si belles il y a trente ans), et qui est surtout très drôle.
C'est bien simple : on n'avait pas autant ri devant un Pixar depuis Toy Story 2. Ou l'ouverture entièrement muette de Wall-E. Ou les facéties du chien de Là-haut. Ou... L'humour n'a jamais manqué dans le studio, bien sûr, mais il traverse Jumpers de bout en bout, avec un timing comique souvent imparable et surprenant qui nous vaut des scènes et gags auquel on repense plusieurs jours après la projection, avec le sourire. Sans que ce ne soit au détriment de l'émotion et de l'aspect humain.
"L'histoire est ce qu'il y a de plus important, et c'est encore ce qu'il y a de plus difficile car l'ordinateur ne peut pas nous aider sur ce plan", nous dit Nicole Paradis Grindle en riant. Et celle-ci se veut plus concentrée, sur le plan humain et géographique, presque plus intimiste que d'autres oeuvres du studio, amplifiant le combat de Mabel grâce au souvenir de sa grand-mère. Le résultat est en tout cas beaucoup plus contenu que ce qu'il aurait pu être, si l'idée originale avait été menée à son terme. Selon Daniel Chong, il devait être question de d'une disparation massive et inexpliquée de pingouins.
"Je n'arrive pas à croire que je vais vous pitcher ça", dit-il en riant. "Le gouvernement créait des robots pour envoyer des scientifiques enquêter au milieu de centaines de pingouins, leur demander 'Qu'est-il arrivé à Bill ?' (rires) Il y avait tout un mystère autour de ces disparitions et du lieu où ils étaient, donc c'était un tout autre film, et l'autre grosse différence est qu'il se serait déroulé autour du monde, ce qui se serait révélé compliqué."
"Il y avait des hélicoptères pilotés par des animaux dans la première version"
"Il y avait trop de lieux, d'animaux et de scènes différentes", précise Nicole Paradis Grindle. "Et il n'y aurait pas eu autant d'émotion dans l'histoire qu'un resserrant le récit sur un lieu et un personnage précis. Ah, et il y avait aussi des hélicoptères dans cette version. Pilotés par des animaux (rires)" Quelque part, on a un peu envie de voir ça maintenant. Si ce film, drôle, tendre et bourré de références obtient le succès qu'il mérite au box-office ?
Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Paris le 27 février 2026
publié le 4 mars, Maximilien Pierrette, Allociné