C'est l'une des batailles les plus impressionnantes de l'Histoire : filmée il y a 55 ans, elle a mobilisé 20 000 hommes et reste aujourd'hui un monument indépassable du cinéma
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Sorti en 1970, terrible échec commercial, le "Waterloo" du cinéaste russe Sergey Bondarchuk est un film incroyable. Bénéficiant d'une carte blanche totale, il montre l'ultime bataille de l'empereur dans une reconstitution comme on n'en fait plus...
© Mosfilm
Après s'être enfui de l'île d'Elbe, Napoléon regagne Paris. Il décide d'attaquer Anglais et Prussiens en Belgique, à Waterloo. Mais l'arrivée du commandant Blucher inflige une cruelle défaite aux français, au terme d'un gigantesque carnage...
En découvrant en salle le Napoléon de Ridley Scott, nombreux sont les esprits chagrins (sans même parler des historiens...) qui ont été totalement désarçonnés par la vision artistique du cinéaste, offrant des partis pris radicaux et assumés comme tels, mais qui relevaient pour certains de l'hérésie pure et simple. Sa version Director's Cut lancée par Apple+ en septembre 2024, faisant passer son film à 3h24, rallongeait la sauce de pas moins de 48 minutes. Mais, mille fois hélas, il n'y a pas eu de miracle, à la manière de ce qu'avait fait son extraordinaire version Director's Cut de Kingdom of Heaven, qui vient d'ailleurs de sortir en 4k chez nous.
Pour nous consoler un peu, on se replonge volontiers dans l'un des meilleurs films jamais réalisés sur Napoléon : le Waterloo du cinéaste russe Sergey Bondarchuk.
En revoici la bande-annonce de la version restaurée. On notera au passage son thème musical, le même qui sera utilisé dans un certain Barry Lyndon de Stanley Kubrick.
Dans une tragique ironie, le film fut un très douloureux et profondément injuste échec commercial à sa sortie, en 1970. Tellement que c'est en raison de l'échec de cette coproduction que la MGM, qui prit peur, se retira du film consacré à Napoléon que préparait activement Stanley Kubrick.
Se concentrant sur la fameuse période des 100 jours avant de capituler définitivement et terminer sa vie à Sainte-Hélène, le clou du film, comme son titre le laisse entendre, est l'ultime bataille de l'empereur, qui occupe à elle seule plus de la moitié du film.
C'est bien simple : nous ne verrons plus jamais de bataille filmée comme dans ce film, hors CGI s'entend... Bénéficiant d'une carte blanche absolue et le concours de l'Armée rouge, Sergeï Bondarchuk filme pas moins de 20.000 figurants sur le champ de bataille, des charges de cavalerie ahurissantes venant se fracasser sur les lignes ennemis, et des manoeuvres parfaitement fidèles à l'époque.
Pour recréer cet affrontement dantesque, les Russes rasèrent carrément deux collines, établirent 8 kilomètres de routes, transplantèrent 5000 arbres, plantèrent des champs de blé et de fleurs sauvages et recréèrent quatre bâtiments historiques. L'essentiel de la bataille fut filmé avec cinq caméras simultanément depuis le sol, une tour d'une trentaine de mètres, un hélicoptère et une voie ferrée établie à côté du champ de tournage.
Le résultat ? Extraordinaire et époustouflant. Et servi par un superbe casting au milieu duquel émerge un Rod Steiger très convainquant sous les traits de Napoléon, face à un Christopher Plummer qui incarne le Duc de Wellington, némésis de Napoléon.
Envie de voir ou découvrir ce bijou ? Il est enfin sorti dans une belle édition Blu-ray en décembre 2023 !
publié le 7 décembre, Olivier Pallaruelo, Allociné