Divertissements

C'est l'une des fins les plus dévastatrices du cinéma : il y a 18 ans, elle a laissé des millions de spectateurs complètement sonnés

temps de lecture  5 minutes

Parfois, la fin d'un film peut vous rendre triste, vous mettre en colère ou alors vous surprendre complètement. En 2008, personne n'était prêt pour la conclusion de cette oeuvre, qui a laissé des millions de gens en état de choc !

© Dimension Films

Sorti en 2008, cette adaptation n'est sans doute pas la plus mémorable des adaptations de Stephen King au cinéma, mais son dénouement reste assurément l'un des plus traumatisants ! Ce long-métrage, tiré d'un roman du maître de l'horreur, c'est The Mist, mis en scène par Frank Darabont, à qui l'on devait déjà La Ligne verte.

Des monstres dans la brume

Dans The Mist, une mystérieuse brume s'abat sur une paisible petite ville du Maine, transformant en quelques heures le quotidien en cauchemar. Coincés dans un supermarché avec d'autres habitants terrifiés, David Drayton et son jeune fils Billy cherchent désespérément à comprendre ce qui se cache derrière cet épais voile blanc.

Très vite, l'horreur se révèle : la brume abrite des créatures monstrueuses prêtes à déchiqueter quiconque s'aventure dehors. Alors que la peur s'installe et que les tensions explosent au sein du groupe, une évidence s'impose : leur survie dépend de leur capacité à rester unis.

Mais lorsque la panique, le fanatisme et les instincts les plus sombres prennent le dessus, l'ennemi le plus dangereux n'est peut-être pas celui qui rôde dans le brouillard. David doit alors affronter une terrible réalité : les monstres sont-ils vraiment à l'extérieur... ou enfermés avec lui dans le supermarché ?

Ce huis-clos, qui oscille entre science-fiction, horreur, thriller et drame pur et dur, tient en haleine pendant un peu plus de 2 heures, avant de nous achever dans un final absolument traumatisant. Si vous n'avez pas encore vu le film, il faut évidemment courir rattraper ça, et revenir ensuite pour lire ces quelques lignes sur ce dénouement marquant. Il y a 18 ans, elle a laissé des millions de spectateurs choqués, sans voix, absolument interloqués face au radicalisme de cette fin.

Un dénouement glaçant et éprouvant

Lors de la dernière séquence du film, David et les derniers survivants semblent n'avoir plus aucun espoir. Coincés dans leur voiture, sans carburant et entourés de créatures monstrueuses, David prend une décision terrible : il tue les autres occupants, dont son propre fils, pour leur éviter une mort qu'il imagine atroce.

À peine quelques secondes plus tard, l'armée apparaît et reprend le contrôle de la situation et le brouillard se dissipe. Les secours étaient littéralement à quelques minutes de les sauver tous. Cette conclusion est particulièrement choquante pour plusieurs raisons. Tout d'abord, Frank Darabont nous offre ici une ironie tragique extrême.

David agit par amour et compassion selon ce qu'il croit être la seule option possible. Malheureusement, son choix s'avère inutile presque immédiatement. Le spectateur comprend l'ampleur de l'erreur en même temps que lui, et on se décompose tout de suite.

En effet, ce dénouement est d'une cruauté sans nom, car il détruit tout espoir. Beaucoup de films d'horreur offrent une forme de victoire ou au moins une survie partielle. Ici, le protagoniste survit uniquement pour vivre avec la pire souffrance imaginable.

C'est d'une tristesse déchirante et on ressent la douleur du héros à travers la performance fabuleuse de Thomas Jane. Quand il se met à genoux, criant toute sa détresse pendant que la caméra se lève vers le paysage désolé, on ne peut qu'être saisi d'effroi.

Interrogation morale

De plus, en choisissant une fin aussi radicale, Frank Darabont force le spectateur à se poser une question morale : Aurais-je fait la même chose à la place de David ? La décision paraît rationnelle avec les informations disponibles, ce qui la rend plus dérangeante qu'une simple erreur stupide. On a encore des frissons d'angoisse rien que de l'évoquer.

Par ailleurs, le contraste émotionnel lors de cette scène est saisissant. Le soulagement de voir les secours arriver est instantanément écrasé par l'horreur de ce qui vient de se produire. Le cerveau reçoit simultanément deux émotions opposées : espoir et désespoir. Et le tout nous est envoyé sans la moindre note de consolation.

Il n'y a ni sacrifice héroïque, ni vengeance, ni rédemption. David n'obtient aucune récompense morale pour son acte. Il doit simplement continuer à vivre avec son choix. Du reste, il faut savoir que cette fin n'existe pas dans le roman original de Stephen King, dont l'histoire se termine de manière beaucoup plus ambiguë.

(À la fin du roman, le personnage de David, en écoutant la radio, croit entendre un message qui parle d'une zone sûre située à Hartford. Alors qu'il n'y a plus d'essence, on ne sait pas ce qu'il advient du groupe, mais la conclusion du livre est ouverte.)

Le King valide

Fait rare, Stephen King lui-même a déclaré qu'il appréciait énormément la fin imaginée pour le film, estimant qu'elle était particulièrement efficace et audacieuse. C'est cette combinaison de désespoir, de culpabilité, d'ironie tragique et de perte irréversible qui rend la fin si profondément marquante.

"Quand Frank s'est intéressé à The Mist, il a notamment insisté sur le fait qu'il y aurait une vraie fin, ce qui n'est pas le cas de mon histoire : elle s'effondre comme une traînée de poudre, où les personnages sont coincés dans le brouillard, en panne d'essence, entourés de monstres, et on ne sait pas ce qui va se passer ensuite", déclarait l'auteur en 2017 au micro de Cinemablend.

"Quand Frank a dit qu'il voulait faire la fin qu'il prévoyait, j'étais totalement d'accord. J'ai trouvé ça génial. Et c'était tellement anti-Hollywood, anti-tout, vraiment ! C'était nihiliste. J'ai aimé ça. Alors je lui ai dit de foncer."

Bien plus qu'une simple conclusion triste, elle ébranle totalement notre perception de ce qu'est une "bonne" décision lorsque tout espoir semble perdu, laissant une impression durable longtemps après le générique.

La fin en vidéo, si vous avez le courage de la revoir :

publié le 16 juin 2026 à 19h00, Vincent Formica, Allociné

Fermeture des commentaires

Chères lectrices, chers lecteurs,

Vos avis sont précieux pour faire vivre l'actualité sur Orange.fr. Nous tenions cependant à vous informer que l'espace « commentaires » de nos articles sera suspendu à partir du 29 septembre 2026. La lecture et la publication de messages ne seront plus possibles. Mais rassurez-vous, nos équipes sont mobilisées pour tenter de rétablir cette fonctionnalité.

Bien entendu, vous pourrez continuer à profiter de l'ensemble de vos articles habituels.

Nous vous remercions chaleureusement pour votre fidélité et votre compréhension.

L’équipe éditoriale Orange

Liens commerciaux