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C'est l'une des fins les plus marquantes du cinéma de science-fiction : il y a 22 ans, elle a laissé sans voix des millions de spectateurs

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Ce film de science-fiction, souvent décrié, possède pourtant l'une des fins les plus mémorables du genre. Retour sur une conclusion qui n'a pas manqué de marquer les spectateurs.

© Columbia TriStar

En 2003, 12 ans après Terminator 2, le public découvrait le 3ème opus de la saga de science-fiction créée par James Cameron. Après le succès phénoménal du Jugement Dernier, les fans accueillaient cette suite, nommée Le Soulèvement des machines, avec autant d'excitation que de circonspection.

Comment parvenir à surpasser un monument comme T2, qui a durablement marqué l'Histoire du cinéma d'action et de science-fiction ? Première raison d'être méfiant, l'absence de James Cameron à la réalisation.

Occupé à tourner des documentaires sur les fonds marins et à préparer Avatar, le cinéaste a préféré céder sa place à Jonathan Mostow, metteur en scène à qui l'on doit les très efficaces Breakdown et U-571.

Le soulèvement des machines !

Le récit nous emmène 10 ans après les événements du second épisode de Terminator. John Connor (Nick Stahl), désormais âgé de 22 ans, vit dans la clandestinité : sans domicile, sans emploi, et sans véritable identité. Pourtant, les machines de Skynet parviennent à le localiser.

Elles envoient alors dans le passé la T-X (Kristanna Loken), un androïde de dernière génération, quasiment indestructible, dont la mission est d'éliminer non seulement John, futur chef de la résistance humaine, mais aussi Kate Brewster (Claire Danes), une jeune vétérinaire destinée à jouer un rôle crucial.

Pour les protéger, un autre Terminator, le T-101 (Arnold Schwarzenegger), est également envoyé. Ensemble, John et le T-101 vont devoir affronter la redoutable T-X dans un combat dont l'issue déterminera le sort de l'humanité...

S'il n'atteint pas les sommets d'un Terminator 2, le 3ème opus s'en sort tout de même avec les honneurs, notamment grâce à ses scènes d'action dantesques. On a encore en tête la course-poursuite avec le camion grue. Toutefois, le film a également bluffé les spectateurs sur un autre aspect inattendu : son dénouement.

Fatalité et libre-arbitre

En effet, tout au long du film, John Connor et Kate Brewster croient que leur mission est d'empêcher le Jugement Dernier, c'est-à-dire l'apocalypse nucléaire provoquée par Skynet. Mais à la fin, ils découvrent que leur véritable mission n'était pas d'arrêter la catastrophe, mais de survivre à son déclenchement.

On se rend compte que le bunker où le Terminator conduit les héros n'est pas un centre de commande pour désactiver Skynet, mais un abri anti-nucléaire. Quand les missiles partent, ils comprennent que le Jugement Dernier ne pouvait pas être empêché, mais seulement différé. Cette révélation bouleverse complètement les codes du film d'action habituel : on s'attend à une victoire héroïque, mais c'est une fatalité tragique qui s'impose.

Cette fin subvertit donc complètement le slogan martelé par Sarah Connor : "Pas de destin, mais ce que nous faisons". Il devient donc complètement caduque, et cela bouleverse totalement l'esprit des fans. Ainsi, Terminator 3 nous offre un dénouement plutôt doux-amer, avec la survie des personnages principaux, mais au prix d'une apocalypse nucléaire inévitable.

En quelque sorte, ce 3ème volet boucle la boucle de la saga. Malgré tous les efforts des humains et des Terminators précédents, le funeste avenir se réalise quand même. C'est le thème central de la saga de science-fiction qui est totalement remis en question, celui évoqué plus haut à propos du libre-arbitre, cheval de bataille de Sarah Connor.

Une fin tragique, originale et inattendue

Après nous avoir scandé que l'être humain avait la force de changer son futur dans les oeuvres précédentes, ce T3 montre que le destin semble inévitable et déjà écrit. Skynet devait émerger d'une manière ou d'une autre, et cela confère une tonalité tragique et philosophique à la conclusion : on ne peut pas totalement échapper à la logique de la technologie et de la guerre, ce qui est une terrifiante perspective d'avenir.

Après l'explosion, protégé dans le bunker aux côtés de Kate, John Connor devient le chef de la résistance humaine. On l'entend prendre en charge les communications radio, calmement, assumant pleinement son rôle.

Cette scène marque la transformation définitive du personnage. Il n'est plus le jeune homme fuyant son destin (comme un cheval sauvage). Il devient le John Connor mythique annoncé depuis le premier film. C'est à la fois effrayant et émouvant car le héros hérite d'un monde en ruine, mais aussi d'un rôle essentiel pour le reste de l'Humanité.

En s'achevant sur une défaite apparente des héros, Terminator 3 prenait le contre-pied des blockbusters habituels, apportant une réelle profondeur à la philosophie de la franchise ; cette dernière restait vraiment campée sur son principe de libre-arbitre. Ici, les héros survivent, mais le monde est détruit. La musique, le ton sobre et la voix-off finale renforcent le sentiment d'inéluctabilité et la gravité de l'instant.

"Je ne me souviens pas quand nous avons décidé que ce serait la fin du film, mais c'était en quelque sorte inévitable. Tout le monde parle de cet événement qu'ils essaient tous d'empêcher. Nous avons simplement réalisé ceci : Vous savez quoi, c'est la meilleure fin possible pour le film, le fait que l'événement se produise réellement", a expliqué Jonathan Mostow au micro de StarBurst Magazine.

Si vous n'avez jamais revu Terminator 3 depuis sa sortie, sans doute déçus par la tournure prise par la saga, on ne peut donc que vous conseiller de lui redonner une chance, avec en tête ces quelques lignes au sujet de son dénouement. Le film est disponible en Blu-ray, DVD et VOD.

publié le 28 octobre, Vincent Formica, Allociné

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