C'est l'une des meilleures scènes d'action du cinéma : 22 ans après, elle nous en met toujours plein les yeux
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Ce film, 3ème opus d'une saga comprenant 6 épisodes, contient l'une des scènes d'action les plus marquantes de ces 30 dernières années ! Retour sur un morceau de bravoure dantesque qui a scotché des millions de gens à leurs sièges.
© Warner
En 2003, 12 ans après Terminator 2, le public découvrait le 3ème opus de la saga de science-fiction créée par James Cameron. Après le succès phénoménal du Jugement dernier, les fans accueillaient cette suite, nommée Le Soulèvement des machines, avec autant d'excitation que de circonspection.
Première raison d'être méfiant, l'absence de James Cameron à la réalisation. Occupé à tourner des documentaires sur les fonds marins et à préparer Avatar, le cinéaste a préféré céder sa place à Jonathan Mostow, metteur en scène à qui l'on doit les très efficaces Breakdown et U-571.
Skynet is the limit !
Le récit nous emmène 10 ans après les événements du second épisode de Terminator. John Connor, désormais âgé de 22 ans, vit dans la clandestinité : sans domicile, sans emploi, et sans véritable identité. Pourtant, les machines de Skynet parviennent à le localiser.
Elles envoient alors dans le passé la T-X, un androïde de dernière génération, quasiment indestructible, dont la mission est d'éliminer non seulement John, futur chef de la résistance humaine, mais aussi Kate Brewster, une jeune vétérinaire destinée à jouer un rôle crucial.
Pour les protéger, un autre Terminator, le T-101, est également envoyé. Ensemble, John et le T-101 vont devoir affronter la redoutable T-X dans un combat dont l'issue déterminera le sort de l'humanité...
À l'époque, la saga était considérée comme définitivement enterrée, surtout après la perfection offerte par James Cameron avec Terminator 2. Les fans se demandaient tous comment un 3ème volet allait pouvoir surpasser Le Jugement dernier. Finalement, le film a reçu un accueil en demi-teinte de la part du public.
Ainsi, son score au box-office n'est pas déshonorant, avec 433 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget estimé à 200 millions. En France, il attire d'ailleurs 3,3 millions de spectateurs, un excellent chiffre, à la hauteur du succès du premier opus et ses 3 millions d'entrées en 1985.
Une séquence d'action complètement folle
Evidemment, Le Soulèvement n'arrive pas à la cheville du 2ème épisode, mais il parvient tout de même à nous offrir quelques morceaux de bravoure d'anthologie. Parmi certaines scènes d'action très bien ficelées, il y en a une qui a durablement marqué les fans : la course-poursuite avec le camion grue.
Cette séquence, absolument démente, a été imaginée par le réalisateur Jonathan Mostow et son coordinateur des cascades, Simon Crane. Si vous n'avez plus en tête le contexte de la scène, voici une petite piqûre de rappel.
Cette action se situe environ 30 minutes après le début du film. John Connor (Nick Stahl) a été attaqué dans une clinique vétérinaire par la T-X (Kristanna Loken), qui a fini par retrouver sa trace. C'est à ce moment que le T-101 (Arnold Schwarzenegger), un Terminator reprogrammé par la Résistance, entre en scène pour le protéger.
La T-X prend le contrôle d'un énorme camion grue sur un chantier, tout en contrôlant à distance plusieurs voitures de police. Elle utilise le gigantesque engin pour traquer John Connor, qui s'échappe à bord d'un pick-up en compagnie de Kate Brewster (Claire Danes).
Le chaos ultime dans la ville
On assiste alors à un chaos urbain total et jubilatoire ! La grue s'engage dans les rues de Los Angeles, provoquant une destruction massive complètement ahurissante : voitures broyées, lampadaires et poteaux électriques arrachés, bâtiments percutés. La T-X, implacable, dévaste tout sur son passage, telle une tornade.
Le T-101 entre ensuite dans l'arène, surgissant au volant d'une moto, sorte de clin d'oeil à une autre scène mythique, celle de la course-poursuite de Terminator 2 avec le T-1000 pourchassant John et Schwarzy à bord d'un poids lourd.
L'androïde poursuit le camion et tente de neutraliser la T-X. Une séquence spectaculaire le montre s'agrippant au bras de la grue, suspendu en l'air, avant d'être projeté violemment contre un immeuble vitré. Ce plan a injecté une bonne dose d'adrénaline à tous les spectateurs.
La grue défonce un immeuble entier, traverse plusieurs intersections, et finit par être déséquilibrée par une manœuvre audacieuse du T-101, qui avait auparavant pris le contrôle d'un camion de pompiers. La course-poursuite se termine avec la T-X finissant écrasée et bloquée temporairement dans la cabine de la grue. John et Kate sont saufs... pour le moment.
D'une époustouflante virtuosité, cette séquence d'action est souvent citée parmi les plus impressionnantes de tous les temps, et c'est totalement justifié. Entre cascades mécaniques, destructions réelles, rigueur technique, et post‑production soignée, elle est d'une implacable maîtrise.
Un tournage gargantuesque
L'équipe de Terminator 3 a entièrement construit le décor, situé dans une ancienne usine Boeing à Downey, en Californie. Au départ, Jonathan Mostow souhaitait la réaliser avec un camion de pompiers mais Simon Crane, réalisateur de seconde équipe et coordinateur des cascades, l'a convaincu de la faire avec un camion grue.
En tout, il a fallu 3 longs mois pour mettre en boîte cette séquence démente, qui a coûté la bagatelle de 12 millions de dollars ! À elle seule, la grue Demag AC 160‑2 utilisée dans le film valait 1,5 million de billets verts ! La production a dépensé sans compter. À l'époque, cette séquence était considérée comme l'une des plus chères jamais tournées.
Toutefois, la production a eu une grosse frayeur : la grue a chaviré deux fois lors des répétitions juste avant le tournage, générant des coûts supplémentaires pour une remise en état. Abîmée, elle a été réparée en urgence par l'équipe de techniciens de WHECO, société spécialisée dans la restauration de grues. Ils ont travaillé 18 heures par jour durant 11 jours pour respecter le calendrier de production.
Arnold Schwarzenegger a même mis la main au portefeuille pour que le budget puisse être bouclé sans avoir de plans à supprimer. Bien lui en a pris, cette scène étant désormais entrée au panthéon des meilleures séquences d'action jamais réalisées.
publié le 30 juillet, Vincent Formica, Allociné