C'est l'une des pépites passées par Cannes 2025 ! Embarquez avec Les Filles désir, actuellement au cinéma
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Un souffle de jeunesse parcourt ce film ! Embarquez à Marseille avec "Les filles désir", un premier long métrage à l'énergie communicative, à découvrir ce mercredi au cinéma.
© Zinc
De quoi ça parle ?
Marseille en plein été. À 20 ans, Omar et sa bande, moniteurs de centre aéré et respectés du quartier, classent les filles en deux catégories : celles qu'on baise et celles qu'on épouse. Le retour de Carmen, amie d'enfance ex-prostituée, bouleverse et questionne leur équilibre, le rôle de chacun dans le groupe, leur rapport au sexe et à l'amour.
Dans la pléthorique offre cannoise de cette édition 2025, une pépite française était nichée au coeur de la Quinzaine des cinéastes. Bonne nouvelle, pour ceux qui auraient manqué ces Filles désir, le film sort dès ce mercredi. Une date estivale pour ce film solaire, sur lequel parcours un souffle de jeunesse et une énergie communicative.
On retrouve dans ce film un esprit dans la lignée de Divines de Houda Benyamina ou même de Mustangi de Deniz Gamze Erguven. Prïncia Car, qui réalise Les Filles désir, a précisément travaillé, à ses débuts, avec la réalisatrice Deniz Gamze Erguven sur Mustang. C'est sur cette production qu'elle a rencontré deux autres femmes, point de départ d'une équipe de travail : Prïncia Car, Léna Mardi, et Johanna Nahon.
Marseille est très colorée, vive, éclatante, même. "Notre rencontre, à toutes les trois, c'est aussi une rencontre de cinéma. On a passé des heures ensemble à regarder des films et à en discuter. On a des références communes : Jacques Demy, ou Emir Kusturica, par exemple. Marseille est un écho à ces univers-là. Marseille, on la filme souvent sombre, voire noire, avec tous les clichés qu'on peut avoir sur ses quartiers populaires... En réalité, elle est très colorée, vive, éclatante, même", explique la productrice Johanna Nahon, dans le dossier de presse du film.
Elle ajoute : "Prïncia voulait qu'on travaille dans ce sens-là, pour le cadre, les décors, comme les costumes. On a une approche naturaliste dans la narration et le jeu des acteurs, mais on voulait aussi produire un bel objet de cinéma."
Marseille, rôle central du film
La qualité première de ce film est la vitalité qui s'en dégage, grâce au jeu des jeunes acteurs, les choix de mise en scène, et de décor. La ville de Marseille joue un rôle central, comme l'explique Johanna Nahon : "Il fallait le sud pour l'esthétique du film, pour sa lumière, pour ses couleurs, pour l'énergie que donne la mer... Marseille est une ville cosmopolite, bouillonnante, une ville de mouvement, une ville de rencontres. C'est ça aussi qui donne son effervescence au film. On aurait tourné ailleurs, on aurait fait un autre film."
La mise en scène est à l'image de Marseille donc, bouillonnante, et toujours au plus près des acteurs : "Depuis toujours, je travaille en caméra portée pour donner aux acteurs le plus de liberté possible. Pas seulement dans leurs mots, mais aussi dans leurs mouvements : s'ils improvisent un geste, un déplacement, je veux pouvoir les suivre. Et puis je suis très fan des gros plans, pour être au plus près de leurs émotions... Mais aussi parce que j'adore mes acteurs. Je les trouve magnifiques, plein de poésie, physiquement, ils racontent une histoire et je voulais la raconter - qui sait, avec d'autres acteurs, sur le prochain, je ferai peut-être autrement !
Rendre, au plus près de la vérité, ce que c'est qu'un été à Marseille Après, c'est un vrai défi, au moment du tournage, comme au montage, ou au mixage, de capter la ferveur du groupe, sans noyer la dramaturgie... Par ailleurs, on tournait en bord de mer, et ça aussi, c'est un vrai challenge, notamment pour le son. Je voulais qu'on l'entende, sans qu'elle nous submerge. En fait, je voulais parvenir à rendre, au plus près de la vérité, ce que c'est qu'un été à Marseille. Du lever au coucher du soleil, on a une lumière qui inonde toute la cité, un horizon qu'on a nulle part ailleurs."
Les filles désir est un premier long métrage, mais la réalisatrice a réalisé plusieurs clips et courts métrages auparavant, dont Barcelona en compétition au Festival de Clermont-Ferrand. Prïncia Car, dont les parents ont fondé une compagnie de théâtre, a créé, en 2018, une école alternative de cinéma à Marseille, comme le précise le dossier de presse. "Elle enseigne à travers divers ateliers et cours du soir dans les quartiers Nord, avec pour objectif d'intégrer l'art et le cinéma dans le quotidien de jeunes souvent tenus à l'écart de la culture en raison de difficultés économiques ou éducatives."
Pourquoi ce titre, Les Filles désir ? Le titre est en référence à une chanson de Vendredi sur mer, nommée Les filles désir, que l'on entend dans le générique de fin.
"C'est des histoires que tu t'inventes
Romance d'un soir si ça t'enchante
Faut pas le dire mais c'était court
Faut pas l'écrire ça pue l'amour
Ça sert à rien, pourquoi courirIl y en a plein des filles désir"
Les filles désir est au cinéma ce mercredi 16 juillet.
publié le 16 juillet, Brigitte Baronnet, Allociné