C'est le plus grand western de tous les temps, mais son tournage a été marqué par une tragédie
temps de lecture 2 minutes
Noté 4,5 sur 5 sur AlloCiné, ce western a connu une tragédie lors de son tournage : l'un de ses acteurs a mis fin à ses jours.
© MGM
C'était un jour de mai 1968, sur le tournage d'Il était une fois dans l'Ouest. L'un des acteurs du film se jette par la fenêtre de son hôtel et se blesse gravement en tombant du premier étage, devant les yeux effarés de Mickey Knox, dialoguiste du film, et du superviseur de production Claudio Mancini. Et cet acteur s'appelle Al Mulock.
Un tournage endeuillé
Portant la tenue et le cache-poussière de son personnage, il survit à sa chute, mais a le poumon perforé, une côte cassée et doit être emporté au centre de soins le plus proche. Selon la légende colportée par Knox reprise dans le livre Sergio Leone, quelque chose à voir avec la mort de Christopher Frayling, Leone, appelé en catastrophe, ignorant l'état du comédien, s'écrit : "Récupérez le costume, on a besoin du costume !" Mancini emporte Mulock dans sa voiture, mais l'acteur décède avant d'atteindre l'hôpital.
Dans Il était une fois dans l'Ouest, il incarnait "Knuckles" (Jointures), l'un des trois pistoleros attendant Harmonica (Charles Bronson) à la gare, qui adore faire craquer ses doigts un par un, d'où son surnom. Dans le film terminé, les gros plans sont bien ceux d'Al Mulock, mais certains plans éloignés et de dos sont ceux d'une doublure portant la même tenue. Il est d'ailleurs absent de la majorité de la séquence face à Bronson.
D'après le livre The Good, the Bad and the Dolce Vita: The Adventures of an Actor in Hollywood, Paris and Rome de Mickey Knox, Mulock était addict à l'époque et, isolé en Espagne pour tourner le film, était en manque. D'autres versions évoquent qu'il était encore sous le choc du décès de son ex-compagne l'actrice Steffi Henderson des suites d'un cancer.
Qui était Al Mulock ?
Les amateurs de westerns italiens connaissent bien cet acteur canadien qui avait suivi les cours de Lee Strasberg. Il a commencé à travailler au Royaume-Uni dans le polar Joe Macbeth avec Paul Douglas (1955), alternant cinéma ( Kill Me Tomorrow, Police internationale) et télévision. Il signe des rôles non crédités dans La Blonde et le shérif de Raoul Walsh et La Marque de Guy Green.
De son vrai nom Alfred Mulock Rogers, ses personnages sont rarement du bon côté de la loi, sauf dans Le Train des épouvantes, il est souvent dealer, gredin ou homme de main. Sergio Leone va populariser son visage en lui proposant un rôle de pistolero chargé d'assassiner Tuco (Eli Wallach) dans Le Bon, la Brute et le Truand (1966). C'est à lui que le truand assène son : "Quand on tire, on raconte pas sa vie !"
Dès lors, Mulock est associé au western avec des apparitions (en clochard) dans Les Cruels (1966) de Sergio Corbucci ou en bandit violent passant à tabac Giuliano Gemma et abattu par Lee Van Cleef dans Le Dernier jour de la colère (1967). La même année, il est un détective (non crédité) dans le Reflets dans un oeil d'or de John Huston, avant de partir tourner Le Rouble à deux faces d'Etienne Périer avec Charles Boyer et Robert Taylor, puis Il était une fois dans l'Ouest.
Si vous avez des idées suicidaires, en parler peut tout changer. Vous pouvez appeler le 3114, le numéro national de prévention du suicide (24h/7j, gratuit et confidentiel).
publié le 10 août, Corentin Palanchini, Allociné