"C'était si traumatisant pour moi" : ce chef-d'œuvre a valu un Oscar à Denzel Washington, mais le réalisateur garde un très mauvais souvenir d'un des acteurs du film
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Le chef-d'œuvre oscarisé "Glory" a connu un tournage tumultueux marqué par des tensions entre Edward Zwick, Matthew Broderick et surtout, sa mère. Plongée dans les coulisses d'un film historique aux conflits invisibles.
© Columbia TriStar
Encensé par la critique et récompensé par trois Oscars, dont celui du Meilleur second rôle attribué à Denzel Washington, Glory fait partie de ces films puissants et marquants qui a laissé une empreinte durable sur le monde du cinéma. Ce drame historique, sorti en France en 1990, raconte le destin du tout premier régiment composé de soldats afro-américains pendant la guerre de Sécession. Pourtant, derrière cette réussite artistique se cache un tournage tendu, qui a laissé un goût amer à son réalisateur, Edward Zwick (Le Dernier Samouraï, Légendes d'automne).
Dans ses mémoires publiés l'an dernier, intitulés Hits, Flops, and Other Illusions: My Fortysomething Years in Hollywood, le cinéaste est revenu sur les coulisses mouvementées du long-métrage. Il a notamment évoqué les relations compliquées qu'il a entretenues avec Matthew Broderick, l'acteur principal du film, mais surtout avec la mère de ce dernier, Patricia Broderick. Selon Zwick, la présence de cette dernière sur le tournage aurait été source de conflits incessants.
Patricia Broderick, selon le réalisateur, n'a jamais caché son mépris envers lui, allant jusqu'à remettre en cause ses choix de mise en scène et la place accordée à son fils dans le film. Elle aurait critiqué sans relâche le scénario, demandant même des modifications après une projection privée, au motif que Matthew n'apparaissait pas assez à l'écran. Pendant ce temps, l'acteur lui-même restait passif, ce que Edward Zwick a décrit comme un silence pesant.
"C'était si traumatisant pour moi", a-t-il confié dans une interview accordée à The Daily Beast en 2024. "À partir du moment où nous nous sommes rencontrés, Patricia Broderick a été méprisante, humiliante et instable. Elle était implacable dans ses critiques et je l'ai combattue à chaque instant, faisant de mon mieux pour ignorer ses grossièretés et ses insultes."
Le réalisateur n'a pas non plus épargné Matthew Broderick, qui restait "assis dans un silence opaque" pendant les interventions virulentes de sa mère. Zwick a d'ailleurs qualifié leur collaboration de "théâtre de la cruauté", affirmant que ce qu'il raconte dans son livre est "un récit sans fard de la merde que Broderick a faite". Selon des propos rapportés par The Guardian l'année dernière, tourner avec l'acteur ressemblait à "comme un cauchemar dont on ne se réveillerait pas."
Des circonstances atténuantes
Malgré ces souvenirs douloureux, Edward Zwick a affirmé ne plus nourrir de rancune aujourd'hui. Plus de trente ans après les faits, il dit avoir tourné la page. Il a notamment expliqué que Broderick, à l'époque, traversait une période difficile marquée par le décès de son père, et qu'il subissait aussi la pression d'une notoriété soudaine après le succès de La Folle journée de Ferris Bueller.
"Les gens ne comprennent pas ce que c'est lorsque ce genre de responsabilité est mise sur la tête d'un jeune de 24 ans. Et je ne suis pas sûr qu'ils le veuillent. Une star de cinéma est tout le temps entourée de gens qui lui murmurent à l'oreille ce qu'elle devrait faire, qui elle devrait être, et avec qui elle devrait travailler", a-t-il concédé.
De son côté, l'agent de Matthew Broderick n'a pas souhaité s'étendre sur les propos du réalisateur, mais a tout de même critiqué le fait qu'Edward Zwick ait ravivé de vieilles blessures pour promouvoir son livre. Il a ainsi déclaré : "Même si les souvenirs peuvent varier à propos de ce qui s'est passé il y a toutes ces années, je trouve déroutant et triste qu'un réalisateur ayant connu une si belle carrière se plie à une telle méchanceté pour vendre quelques livres."
Malgré les tensions et les conflits en coulisses, Glory reste une œuvre marquante du cinéma historique. Les révélations d'Edward Zwick rappellent toutefois que derrière les chefs-d'œuvre se cachent parfois des tournages chaotiques et douloureux.
Glory est à revoir en VOD.
publié le 3 août, Aude Mackau, Allociné