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"C'était très dur" : 13 ans après la Palme d'or, Léa Seydoux revient sur l'expérience éprouvante de La Vie d'Adèle

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13 ans après le succès et les polémiques autour de La Vie d'Adèle, Léa Seydoux revient sur le tournage très éprouvant du film de Kechiche, et la plaie n'est toujours pas complètement refermée.

© Bestimage

En 2013, La Vie d'Adèle bousculait paysage cinématographique français, révélant une jeune actrice incandescente, Adèle Exarchopoulos. Mis en scène par Abdellatif Kechiche, ce drame puissant remporte la Palme d'or à Cannes et réunit plus d'un million de spectateurs en salles.

Cependant, dans les coulisses, le tableau idyllique de ce triomphe commence à se noircir. Les conditions de tournage sont pointés du doigt par plusieurs techniciens, dénonçant des journées extrêmement longues, des heures supplémentaires non payées et une organisation chaotique. Des syndicats du cinéma français ont même évoqué des entorses au droit du travail.

Par ailleurs, dans plusieurs interviews, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos ont décrit le tournage comme étant très éprouvant, voire horrible. Elles reprochaient notamment au réalisateur Abdellatif Kechiche des méthodes jugées psychologiquement abusives. Malgré ces polémiques, le film a aussi été extrêmement salué, avec un succès critique international. De plus, les performances des comédiennes sont encore très admirées.

13 ans après, un trauma toujours présent ?

13 ans après sa Palme d'or, Léa Seydoux était de retour à Cannes cette année pour présenter deux films en compétition, L'inconnue et Gentle Monster. Lors d'un entretien avec le média Brut, elle est revenue sur les conditions de tournage de La Vie d'Adèle, et on sent que le traumatisme est encore très présent.

"Parfois, il y a des regards qui vous mettent mal à l'aise", assène d'emblée l'actrice de 40 ans. "La Vie d'Adèle, c'était un regard, bien sûr. D'ailleurs c'était la chose la plus difficile. Pendant le tournage, c'était une forme de manipulation... C'était une forme harcèlement moral", a poursuivi la comédienne, visiblement encore accablée par cette expérience.

"C'est extrêmement dur de tourner avec des metteurs en scène qui sont manipulateurs. Après, évidemment que tous les metteurs en scène dirigent d'une certaine façon pour arriver à obtenir quelque chose. Mais là, c'était la harcèlement moral, et ça c'était très très dur. Et c'est vrai que je ne pouvais pas quitter le film", a-t-elle souligné.

C'est extrêmement dur de tourner avec des metteurs en scène qui sont manipulateurs. "À partir du moment où on signe un contrat et qu'on est engagé sur un film, on ne peut pas le quitter. Bien sûr que c'est un traumatisme mais il y avait aussi des choses intéressantes. Il y a des choses que j'ai apprises avec Kechiche. Il est manipulateur, ça c'est un truc, mais c'est aussi quelqu'un qui a énormément de talent et c'est un grand directeur d'acteurs", a nuancé Léa Seydoux.

Droit de regard sur la nudité

"J'ai appris énormément de choses dans sa direction d'acteurs, qui encore aujourd'hui me servent. J'ai un droit de regard sur les scènes où je suis dénudée. Je le demande maintenant à tous les metteurs en scène, et ça c'est depuis le film de Kechiche. Je veux avoir un droit de regard, et j'accepte ou non qu'on montre mon corps de cette façon-là", a expliqué l'artiste.

J'ai un droit de regard sur les scènes où je suis dénudée. Je le demande maintenant à tous les metteurs en scène, et ça c'est depuis le film de Kechiche. En effet, il convient aussi de rappeler que les scènes d'amour de La Vie d'Adèle ont fait l'objet de nombreux débats et controverses. Par exemple, le film contient une longue scène sexuelle devenue célèbre. Certains critiques et spectateurs l'ont trouvée trop longue ou voyeuriste.

La dessinatrice Julie Maroh, dont la BD a inspiré le film, a critiqué la manière dont la sexualité lesbienne était représentée, estimant que cela ressemblait davantage à un fantasme masculin qu'à une représentation réaliste.

De plus, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux ont déjà évoqué par le passé le tournage de ces scènes extrêmement éprouvantes physiquement et mentalement. Kechiche demandait énormément de prises avec beaucoup d'intensité, sans réel encadrement spécifique.

Plus tard, avec l'évolution des discussions autour du consentement et des coordinateurs d'intimité dans le cinéma, le film a souvent été cité comme exemple d'une époque où ces protections étaient beaucoup moins encadrées qu'aujourd'hui.

publié le 28 mai, Vincent Formica, Allociné

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