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"Ça, je ne l'ai jamais toléré" : il y a 13 ans, Mélanie Thierry a vécu son tournage le plus difficile avec une légende du cinéma

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En 2014, Terry Gilliam sortait sa nouvelle oeuvre, Zero Theorem, avec une actrice française très connue. Cette dernière, qui voulait absolument collaborer avec le cinéaste britannique, a menti pour avoir le rôle. Elle le regrette aujourd'hui !

© BERTRAND RINDOFF PETROFF / BESTIMAGE

Réalisateur culte de Brazil, L'Armée des 12 singes, Monty Python, sacrée Graal, Las Vegas Parano ou Le baron de Münchausen, Terry Gilliam est un artiste iconoclaste, inclassable et fantasque. Par conséquent, quand le cinéaste contacte Mélanie Thierry en 2014 pour lui proposer un rôle dans son nouveau film, Zero Theorem, elle n'hésite pas une seule seconde.

Cependant, pour ne pas gâcher ses chances de participer à cette oeuvre, l'actrice a dû mentir à Terry Gilliam, et elle s'en est mordue les doigts ! "Au premier rendez-vous, il m'a demandé si je craignais l'eau, si j'étais à l'aise dans l'eau. Moi, je voulais le rôle à tout prix, je crevais d'envie de tourner avec lui", a confié Mélanie Thierry dans l'émission En aparté.

Un mensonge lourd de conséquences

"Je ne pouvais pas laisser passer cette chance. Je ne pouvais pas lui dire : Ah non, j'ai peur de mettre la tête sous l'eau. C'était pas possible. Si je ratais ce rôle avec ce metteur en scène, vraiment, je m'en bouffais les doigts", a avoué la comédienne.

Je ne pouvais pas laisser passer cette chance. Je ne pouvais pas lui dire : Ah non, j'ai peur de mettre la tête sous l'eau. "Mais je n'avais pas anticipé que ça puisse être si compliqué. D'autant plus que ce qu'il me demandait de faire n'était vraiment pas simple. C'était une scène qui se passait dans l'espace. En fait, on n'avait pas les moyens de faire ça sur un fond bleu parce qu'il n'avait pas une thune pour faire son film, il était fauché comme c'est pas permis", a souligné Mélanie Thierry, poursuivant son récit.

"On devait faire ça sous l'eau pour pouvoir avoir cette idée d'apesanteur et les mouvements. Donc il a fallu faire ça dans une piscine, qui n'était pas une piscine, c'était une cuve dans un studio en Roumanie. Ils ont rempli ça d'eau froide, l'eau était gelée. Même l'eau en Bretagne me paraissait plus chaude."

Les bulles de la discorde

"Ensuite, il fallait mettre des poids pour pas que je remonte. Ça, je ne l'ai jamais toléré. Je n'y arrivais pas. Ensuite, il fallait ouvrir les yeux parce qu'elle est censée voir et faire des clins d'oeil. Et en plus il fallait parler. Mais là, on m'a expliqué qu'en parlant sous l'eau pour pouvoir dire mon texte, il ne fallait surtout pas que je fasse de bulles. Les bulles étaient impossibles à effacer en effets spéciaux", a expliqué Mélanie Thierry.

Là, je me suis dit : Vous vous foutez un peu de ma gueule. Là, il y a un problème. "Là, je me suis dit : Vous vous foutez un peu de ma gueule. Là, il y a un problème. Vous me demandez de ne pas faire de bulles, en parlant sous l'eau, en étant à poil. Ça a été un cauchemar. Je l'ai fait, hein, mais en plus ce n'est pas réussi", a conclu l'actrice, très lucide, avec une pointe d'amertume.

Il est vrai que Terry Gilliam a tourné Zero Theorem avec un petit budget de 8 millions de dollars. Malheureusement, le film a été un échec cuisant, récoltant seulement 1,4 million de billets verts à l'international.

De son côté, le réalisateur a été très satisfait de sa collaboration avec l'actrice française : "Mélanie Thierry est l'étincelle de vie de ce film. Albert Dupontel, un ami à moi, m'a proposé de travailler avec elle car je voulais une comédienne française pour ce rôle. Puis j'ai appelé Bertrand Tavernier, qui avait travaillé avec elle, et il m'a dit : Mélanie est comme un stradivarius, elle peut tout faire. Et elle a été spectaculaire", avait témoigné Terry Gilliam au micro d'Europe 1.

Un récit futuriste

Pour mémoire, l'histoire se déroule à Londres, dans un avenir proche. Les avancées technologiques ont placé le monde sous la surveillance d'une autorité invisible et toute-puissante : Management. Qohen Leth (Christoph Waltz), génie de l'informatique, vit en reclus dans une chapelle abandonnée où il attend désespérément l'appel téléphonique qui lui apportera les réponses à toutes les questions qu'il se pose.

Management le fait travailler sur un projet secret visant à décrypter le but de l'Existence - ou son absence de finalité, une bonne fois pour toutes. La solitude de Qohen est interrompue par les visites des émissaires de Management : Bob, le fils prodige de Management et Bainsley (Mélanie Thierry), une jeune femme mystérieuse qui tente de le séduire.

Malgré toute sa science, ce n'est que lorsqu'il aura éprouvé la force du sentiment amoureux et du désir que Qohen pourra enfin comprendre le sens de la vie...

publié le 23 avril, Vincent Formica, Allociné

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