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Ce film a révolutionné le cinéma à sa sortie et il revient en salles 28 ans plus tard !

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Il y a 28 ans, "Princesse Mononoké" de Hayao Miyazaki révolutionnait le cinéma. 28 ans après le film Ghibli ressort au cinéma en IMAX et 4K. Qu'en pensait la presse française à sa sortie ?

© Ghibli

Avec une note moyenne spectateurs de 4,4 et une note presse de 4,8 étoiles, c'est le film le mieux noté du légendaire Hayao Miyazaki (à égalité avec Le Voyage de Chihiro).

Sorti au Japon en 1997, et en 2000 dans les salles françaises, Princesse Mononoké, l'un des chefs-d'œuvre du Studio Ghibli, ressort au cinéma ce mercredi 20 août en IMAX et en 4K.

Princesse Mononoké se déroule au cœur du Japon médiéval. Un jeune prince guerrier nommé Ashitaka est blessé et maudit en combattant un sanglier démoniaque. Touché par une étrange malédiction, il décide de partir vers l'ouest pour découvrir l'origine de ce mal.

Il y rencontre la princesse Mononoké, qui vit en marge de la société aux côtés de la déesse louve Moro, puis découvre un village d'artilleurs et de forgerons dirigé par l'audacieuse Dame Eboshi. Quitte à attiser la colère des esprits de la forêt, cette dernière a juré de faire prospérer son peuple en exploitant les ressources environnantes.

Un film d'animation pour adulte

Noté 4,4 étoiles par les spectateurs d'AlloCiné, ce qui en fait l'un des films d'animation les mieux notés, Princesse Mononoké est incontestablement l'une des œuvres les plus emblématiques de Miyazaki. Le long métrage rapporte plus de 102 millions d'euros Japon soit un peu plus de 14 millions de billets vendus. C'est un succès national.

S'adressant à un public plus adulte que ses précédents longs métrages Mon voisin Totoro et Kiki la petite sorcière, le film a changé la perception du public et de la critique sur l'animation, confirmant Hayao Miyazaki comme un maître incontesté du septième art. Princesse Mononoké aborde de nombreuses thématiques telles que le rapport entre l'homme et la nature, les luttes de pouvoir ou encore l'ambiguïté morale

Si 28 ans après sa sortie, le film de Miyazaki est considéré comme une œuvre culte, qu'en pensait la presse française à sa sortie ?

Que pensait la presse française en 2000 ?

Pour Bernard Génin de Télérama, le film (noté 4 étoiles) marquait le renouveau du cinéma d'animation : "En mêlant, dans une fresque de plus de deux heures, l'histoire du Japon médiéval à la féerie des légendes ancestrales, l'auteur de Porco rosso et de Mon voisin Totoro s'est lancé un nouveau défi. Gagné ! Plus de quinze millions de Japonais sont déjà venus se ressourcer à cette foisonnante épopée. (...)

Il y a du Shakespeare dans ce récit où le réalisme le plus cru côtoie l'irrationnel. Celui du Songe d'une nuit d'été, bien sûr. Celui de Macbeth aussi, pour la violence des sentiments. (...) La mise en scène est éblouissante. Sur une superbe musique de Joe Hisaishi, musicien attitré de Kitano, Miyazaki orchestre d'étranges moments où l'invention graphique fait naître une poésie sauvage. (...) Malgré sa durée (2h15) et un trait moins heureux dans les gros plans, Princesse Mononoke passionne et envoûte. Le renouveau mondial du cinéma d'animation se confirme."

Gérard Delorme du magazine Première note le film 4 étoiles également et commente : "Les images de Miyazaki sont si fortes qu'elles donnent tout leur sens à l'idée d'animation. (...) C'est beau et magique. C'est aussi une leçon d'humilité."

Erwan Higuinen des Cahiers du Cinéma écrivait en 2000: "Par son ampleur et la complexité de son récit aux multiples bifurcations, le film évoque La Forteresse cachée (...) Dans Princesse Mononoké, film-somme qui rêve d'une réconciliation comparable (entre les protagonistes, entre la fantaisie sans limites et la fidélité au réel), on veut aussi tout voir et, surtout, ne pas avoir à choisir son camp.

La grandeur est dans le refus de se laisser happer par un principe unique à l'exclusion de tout autre. Là réside l'admirable singularité du cinéma de Hayao Miyazaki : le maître de l'animation nippone filme avec persévérance et sans tricher la longue route vers l'utopie."

Pour Marius Méou de Chronic'art.com "Princesse Mononoke est un film sublime. Peut-être même le plus bel enfant qu'ait jamais engendré l'animation japonaise depuis Akira, exception faite que, contrairement à ce dernier, le nouveau chef-d'œuvre de Hayao Miyazaki n'est pas une adaptation.

La beauté de Princesse Mononoke repose sur le monde inventé de toutes pièces par le maître et ses talentueux disciples du studio Ghibli, un monde si riche et si cohérent qu'il n'a rien à envier à celui que l'imaginaire fertile de Tolkien nous a légué. (...) Outre l'intelligence de son propos, Princesse Mononoke est aussi la plus belle réussite formelle de Miyazaki. Les dessins sont d'une grande qualité : ils allient une certaine simplicité (...) à un mouvement impeccable et gracile."

Enfin, Vincent Ostria de L'Humanité écrivait : "Non content d'être une formidable fable écologique, cette œuvre d'une richesse visuelle permanente témoigne d'un imaginaire complexe et foisonnant, tout en décrivant avec un luxe de détails la vie dans un village fortifié."

Une œuvre majeure

La réception critique de Princesse Mononoké à sa sortie dans les salles françaises en 2000 fut à la hauteur de son ambition artistique. Salué par une presse unanime, le film de Hayao Miyazaki a été reconnu non seulement pour la richesse de son imaginaire et la beauté de son animation, mais aussi pour la profondeur de ses thématiques, abordant avec nuance les conflits moraux, écologiques et sociaux.

Des publications aussi variées que Télérama, Première, Les Cahiers du Cinéma ou encore L'Humanité ont vu dans cette fresque animée un véritable tournant dans l'Histoire du cinéma d'animation, dépassant les frontières du divertissement pour s'imposer comme une œuvre cinématographique majeure. Princesse Mononoké a largement contribué à faire évoluer le regard du public et de la critique française sur l'animation japonaise, tout en confirmant Miyazaki comme un auteur visionnaire, maître d'un art à la fois poétique, engagé et universel.

Le long métrage est à redécouvrir en salles.

publié le 20 août, Laëtitia Forhan, Allociné

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