"Ce n'est pas un mauvais héritage pour un film !" : Indiana Jones a-t-il eu un impact sur l'archéologie ?
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Perché sur l'un des sommets du panthéon de la pop culture, le personnage d'Indiana Jones a très profondément irrigué la mémoire collective, au point de susciter de nombreuses vocations d'archéologues. Même si ses méthodes sont bien peu orthodoxes...
© Lucasfilm Ltd.
Il faut rendre grâce à Harrison Ford pour avoir fait passer à la postérité cette icône absolue du 7e Art qu'est Indiana Jones, un personnage plein de charme et d'humour, entré par la grande porte de la pop culture depuis Les Aventuriers de l'Arche perdue en 1981. Indiana Jones, ou la quintessence des films d'aventures comme on n'en fait plus. Et dire pourtant que Ford ne fut même pas le premier choix de Steven Spielberg et George Lucas, qui louchaient plutôt du côté de Tom Selleck en 1980...
Toujours est-il qu'avec son chapeau Fedora, sa veste en cuir élimé, son revolver Smith & Wesson qu'il n'hésite jamais à sortir de son étuis, et bien entendu son éternel fouet suspendu à sa ceinture, Indiana Jones a imposé un style inimitable, qui a très profondément infusé dans la mémoire collective.
Qui n'a pas rêvé, enfant, de devenir un jour un archéologue de sa trempe, passant finalement plus de temps aux quatre coin du globe à la recherche d'antiquités aux prix de mésaventures complètement folles et parfois surnaturelles, qu'à enseigner sa discipline ?
"Je suppose qu'on a donné l'impression que l'archéologie, c'était amusant"
La réalité, évidemment, est très éloignée de l'image qu'en a donné le tandem Spielberg et Lucas. Mais c'est un personnage vu aussi avec un oeil bienveillant par la profession. C'est ce qui ressort d'un passionnant article publié en 2023 dans National Geographic (et repéré par Slate).
"Je suppose qu'on a donné l'impression que l'archéologie, c'était amusant", confiait Harrison Ford, à National Geographic, lorsqu'on lui demandait ce qu'il pensait du fait que son personnage ait inspiré toute une génération d'archéologues.
"Ce sont de formidables escapades. De grandes aventures. Mais - et je le dis de la manière la plus gentille possible - je ne m'en attribue pas le mérite. Quand un archéologue vient me parler, je suis toujours intéressé d'entendre son expérience. Je suis heureux que des gens aient trouvé un travail qui les comble. Mais je trouve ça un peu bizarre".
Ford est peut être un peu trop modeste. L'article du National Geographic rappelle d'ailleurs qu'en 2008, l'acteur fut même récompensé par le prestigieux Institut archéologique américain, qui lui a décerné un prix. Brian Rose, alors président de l'institut et professeur d'archéologie à l'université de Pennsylvanie, avait salué "le rôle déterminant" joué par Ford "pour susciter l'intérêt du public pour l'exploration archéologique".
"Chaque archéologue que j'ai interrogé a évoqué Indiana Jones comme on mentionnerait un frère aîné casse-cou"
Comme l'écrit la journaliste Marilyn Johnson dans son livre Lives in Ruins, consacré à cette profession (et cité dans l'article) : "Chaque archéologue que j'ai interrogé a évoqué Indiana Jones au cours de la conversation, souvent avec affection, comme on mentionnerait un frère aîné casse-cou".
Elle ajoute : "Il existe toutefois une réelle distinction entre l'engouement des archéologues pour le style d'Indiana Jones - et toute la publicité inestimable que ce personnage a apportée à la profession - et leur adhésion à sa méthodologie. Il est étonnant qu'une profession qui se consacre principalement à un travail minutieux sur le terrain et en laboratoire ait une image aussi fanfaronne".
"J'ai dû rencontrer au moins 150 ou 160 professeurs titulaires, chargés de cours et archéologues en activité qui sont venus me dire que leur intérêt pour l'archéologie était né après avoir vu Les Aventuriers de l'Arche perdue". Ce n'est pas un mauvais héritage pour un film !" racontait en 2015 l'acteur John Rhys Davies, qui incarne dans la saga le formidable et truculent Sallah, vieil ami d'Indy. Et, en grands fans d'Indy, vous savez forcément que Sallah a toujours raison. Les mythes sont éternels, et Indy en est un.
publié le 19 avril, Olivier Pallaruelo, Allociné