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"Commencez à écrire la suite immédiatement" : il y a 41 ans, le studio n'était pas préparé à l'énorme succès de ce film qui donnera naissance à l'une des sagas les plus longues de l'Histoire du cinéma

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Freddy Krueger a propulsé New Line Cinema au sommet... et pourtant, le studio n'était pas du tout préparé à son succès phénoménal. Découvrez comment la saga a failli s'arrêter avant même de devenir légendaire.

© New Line Cinema

Il est impossible d'évoquer New Line Cinema sans mentionner "La maison que Freddy a bâtie". Attribuer le succès du studio uniquement à la saga consacrée à Freddy Krueger serait une simplification, mais elle est celle qui a sauvé New Line et l'a propulsé sur le devant de la scène, contribuant à d'autres succès comme Le Seigneur des Anneaux et Conjuring.

Le succès des films Freddy Krueger illustre une fois de plus la puissance et la popularité du genre horrifique dans son ensemble. C'est une leçon que le Hollywood traditionnel semble sans cesse oublier et réapprendre - après tout, le box-office de 2025 n'aurait pas atteint un tel niveau sans les immenses succès horrifiques tels que Sinners et Weapons. Pourtant, l'omniprésence de Freddy Krueger dans les années 1980 et au début des années 1990 a même dépassé le succès moyen des films d'horreur. Freddy est devenu un véritable successeur d'autres icônes du genre, comme Dracula, la créature de Frankenstein et bien d'autres, apparaissant non seulement dans la saga cinématographique, mais aussi dans des séries télévisées dérivées, des bandes-dessinées, des jouets et autres produits dérivés.

Une popularité inattendue

Comme l'a rappelé SlashFilm, la popularité de Freddy a même déconcerté son créateur, Wes Craven, dont la suite méta de 1994, Wes Craven's New Nightmare, tentait de percer les mystères de ce phénomène. Vu la rapidité avec laquelle New Line a mis en production une suite aux Griffes de la nuit après le triomphe du premier film au box-office fin 1984, on pourrait supposer que le studio avait au moins pressenti le potentiel commercial de Freddy. Cependant, d'après une récente interview exclusive de Jack Sholder, réalisateur de Freddy 2 : La Revanche de Freddy, la réalité était tout autre. Comme l'explique Sholder, New Line Cinema n'était pas préparé à ce que Freddy devienne une franchise, et ce manque de vision à long terme a engendré des problèmes avec Freddy 2 - des problèmes qui ont failli empêcher Freddy de poursuivre son règne de terreur.

New Line espérait en effet ne produire qu'une ou deux suites de Freddy. Sholder raconte : "Je me souviens du jour où Bob a acquis les droits d'adaptation du scénario de Wes, car il me consultait souvent... J'étais l'une des personnes qu'il écoutait. [...] Il était très enthousiaste à propos du scénario. Il ne disait pas : 'Oh, ce scénario va rapporter des millions.' Il disait : 'Ça va donner un film formidable.' C'était son état d'esprit. Il adorait le concept et la façon dont Wes l'avait développé. Et puis, à la sortie du film, qui a réalisé le meilleur score au box-office du week-end, je crois, le lundi, le directeur de la distribution a dit : 'Commencez à écrire la suite immédiatement.'"

Les suites étaient "plutôt mal vues" à l'époque, et une suite rapportant 70 % des recettes du premier film était considérée comme un succès.

"On espérait que [Nightmare 2] marche suffisamment bien pour qu'il y ait un Nightmare 3. L'idée d'un Nightmare 4, personne n'y pensait. Peut-être en rêvaient-ils. Ils espéraient pouvoir en tirer un dernier profit... et je n'ai jamais subi de pression pour faire un film à succès."

Freddy sans Englund ?

Bien que le concept de franchise était encore relativement nouveau au milieu des années 80, certains clichés commençaient déjà à émerger, notamment celui de la présence, si possible, d'un ou plusieurs personnages récurrents dans une suite. Cependant, si New Line Cinema souhaitait ardemment que Freddy Krueger demeure le méchant surnaturel d'Elm Street, le studio a failli ne pas faire revenir Robert Englund pour reprendre le rôle. Comme le raconte Sholder, le studio considérait le titre et le personnage comme plus importants que l'acteur à ce stade, à l'instar d'autres tueurs en série tels que Michael Myers et Jason Voorhees, dont les acteurs avaient alterné dans leurs suites.

"Ils voulaient simplement sortir un scénario intitulé 'Les Griffes de la nuit 2' avec un personnage nommé Freddy, pas forcément interprété par Robert Englund", a ajouté Jack Sholder. Heureusement, Englund est revenu. La Revanche de Freddy change cependant le personnage et le scénario : Freddy tente d'envahir le monde réel. Ce changement de cap confère au film une originalité fascinante, mais a nui à sa réputation initiale auprès des fans. Cela montre aussi que personne chez New Line ne se souciait de la longévité de la franchise, comme l'explique Sholder.

"Les règles étaient simples : il y avait ce type, Freddy, qui tuait des adolescents pendant leur sommeil. C'était la règle, point final. [...] Ce film ne colle pas vraiment, car ils ont enfreint la règle : Freddy apparaît dans le monde réel. Freddy ne fait pas ça. Si c'était le cas, il n'y aurait pas Les Griffes de la nuit, car on n'aurait pas besoin de dormir pour se faire tuer par Freddy. Cette idée est donc une impasse."

Malgré cela, la liberté créative accordée à Jack Sholder et le fait que New Line se concentrait sur un film à la fois ont été des atouts que les studios actuels pourraient réutiliser : il est important de penser à l'avenir, mais sans brûler les étapes.

Freddy - Chapitre 1 : Les Griffes de la Nuit et ses suites sont à retrouver en VOD.

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publié le 27 décembre, Aude Mackau, Allociné

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