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Depuis ses 7 ans, ce réalisateur culte rêve de faire ce film de science-fiction gothique... 54 ans plus tard, c'est enfin une réalité !

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Il est des histoires qui nous fascinent et nous habitent toute notre vie. C'est le cas pour Guillermo del Toro qui nourrit une passion singulière pour Frankenstein depuis sa tendre enfance.

© Capture d'écran Netflix

Il fait partie de ces réalisateurs qui nous ont offert certains des monstres les plus mémorables de l'histoire du cinéma. Guillermo del Toro est fasciné par le macabre depuis son plus jeune âge. Dès ses deux ans, il est hypnotisé par un épisode de la série Au-delà du réel.

"J'avais tellement peur que j'ai commencé à rêver de monstres de manière lucide", raconte le réalisateur mexicain à Radio Times. "Je me réveillais dans ma chambre et il y avait des créatures qui n'étaient pas réelles... Je leur proposais de devenir leur ami s'ils me laissaient sortir du lit pour aller aux toilettes."

Au cours de son enfance au Mexique et de sa carrière de trois décennies à Hollywood, Del Toro a finalement fait la paix avec ces monstres. Aujourd'hui, le réalisateur s'attaque au plus grand monstre de tous les temps : la Créature au cœur du roman Frankenstein de Mary Shelley, publié en 1818, dans une adaptation fascinante pour Netflix, et portée par Oscar Isaac et Jacob Elordi.

Une madeleine de Proust

Le petit Guillermo del Toro a 11 ans quant il lit pour la première fois une version traduite en espagnol du roman de Shelley. Un livre qu'il a déniché dans un supermarché et qu'il possède encore aujourd'hui. Mais sa passion commence quatre ans plus tôt lorsqu'il voit le monstre inquiétant incarné par Boris Karloff dans le Frankenstein de James Whale, le film culte de 1931. "J'ai été pris d'une sorte de frénésie de joie", raconte-t-il à Radio Times au moment où il présente son Frankenstein au Festival du film de Venise.

Aujourd'hui âgé de 61 ans, il rêve de réaliser ce film depuis le début de sa carrière, voire depuis plus longtemps encore. "Je voulais faire ce film avant même d'avoir une caméra, avant même de savoir ce qu'était une caméra", explique-t-il.

"Il y a quelques figures marquantes de mon enfance qui occupent une place importante. L'Étrange créature du lac noir, le Fantôme de l'Opéra, le Dr Frankenstein, le Bossu, Pinocchio. Ce sont en quelque sorte mes références sacrées. Parce que je m'identifie à eux. Je m'identifie au Bossu. Je m'identifie au Fantôme. Je m'identifie à la Créature de Frankenstein. On prend des morceaux de soi dans le monde et on crée un composite."

Le plus grand collectionneur de Frankenstein ?

Toute sa vie, il a collectionné des souvenirs liés à Frankenstein, notamment une sculpture grandeur nature de Karloff réalisée par Mike Hill, le créateur de la créature qui a travaillé sur Frankenstein.

Del Toro, marié depuis 2021 à la critique et scénariste américaine Kim Morgan, les expose tous chez lui. "J'appelle cet espace le salon", dit-il en riant. "Quand vous allez dans une maison catholique, vous voyez des Vierges Marie. Vous voyez des crucifixions sur les murs. C'est la même chose chez moi, mais avec des monstres." Une réaction à son éducation catholique stricte, peut-être.

Vous pouvez avoir un aperçu de son domicile, pas tout à fait comme les autres, dans cette vidéo publiée en 2016 :

Élevé à Guadalajara, il a eu une enfance privilégiée, notamment parce que son père Federico a gagné à la loterie quand Del Toro était petit. Concessionnaire automobile, Del Toro Senior avait toujours été strict avec l'argent. Mais après cette manne providentielle, deux choses ont eu un impact incroyable sur son fils.

"Tout d'abord, nous pouvions aller à Disneyland chaque année. Cela a beaucoup contribué à ma formation. Ensuite, quelqu'un lui a dit : 'Maintenant que tu es riche, tu devrais avoir une bibliothèque.' Et mon père a acheté une multitude de livres qu'il n'a jamais lus. Mais moi, je les ai lus. Cela a changé ma vie."

Un avant et un après Frankenstein

Avec Frankenstein, Guillermo del Toro change de point de vue sur son personnage principal. Le protagoniste peut-il être l'antagoniste ? Le monstre peut-il aussi tuer des gens au lieu d'être seulement une victime ? Un changement de point de vue qu'il a entamé avec le personnage de Bradley Cooper dans Nightmare Alley.

Et maintenant que Frankenstein est enfin sur nos écrans, Del Toro est en deuil. "C'est à la fois un deuil et un accomplissement", dit-il. Et maintenant ? Il se souvient que Cronenberg, le réalisateur de A History of Violence, "un ami depuis près de 30 ans", lui a dit un jour : "La seule façon de rester en vie en tant que réalisateur est d'essayer quelque chose de différent qui te fait peur et te pousse à devenir quelqu'un d'autre."

À cette fin, il prépare un thriller violent, Fury, avec Oscar Isaac de nouveau dans le rôle principal. Peut-être trouvera-t-il cette fois-ci le monstre qui sommeille en lui.

publié le 13 novembre, Emilie Semiramoth, Allociné

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