"Dis-donc, ce film-là..." : voilà l'avis laconique de Jean Gabin sur l'un des meilleurs films de tous les temps
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Jean Gabin était un homme de peu de mots, même pour parler de l'un des chefs d'œuvre de l'histoire du cinéma : "Citizen Kane" d'Orson Welles.
© Gaumont
Que pensait Jean Gabin de l'un des plus grands films de tous les temps ? Considéré comme un classique intemporel de l'histoire du cinéma et noté 4,3 sur 5 par les spectateurs AlloCiné, Citizen Kane est sorti au cinéma en mai 1941 aux Etats-Unis et, Seconde guerre mondiale oblige, seulement le 3 juillet 1946 en France.
Gabin a découvert Citizen Kane bien plus tard, et le peu qu'il en dit est éloquent.
"Dis-donc, ce film-là..."
On trouve trace de sa critique, ou plutôt de son avis laconique, dans l'ouvrage Audiard par Audiard publié par René Château. Scénariste et dialoguiste sur 20 films avec Gabin, Michel Audiard y écrit :
"Gabin n'allait jamais au cinéma, ni au théâtre. Il découvrait les choses, les films, à la télé. Un jour, il a vu Citizen Kane et il m'a dit : 'Dis-donc, ce film-là, vous avez dû le sentir passer quand il est sorti...''
Même si Audiard ne donne pas de contexte supplémentaire, on peut en déduire qu'il n'avait pas spécialement apprécié le long métrage d'Orson Welles, pourtant considéré comme l'un des chefs d'œuvre les plus absolus du cinéma, notamment dans la façon dont il est un film somme réunissant toutes les nouveautés stylistiques de son temps.
Mais si Gabin s'est visiblement ennuyé devant Citizen Kane, c'est peut-être parce que le film, centré sur un homme d'affaires ambitieux devenu un milliardaire autoritaire et mégalomane est aux antipodes des rôles joués par l'acteur, que l'on retrouve au début de sa carrière interprétant des personnages ouvriers, puis bourgeois dans sa carrière après-guerre, mais toujours avec une droiture et des principes. On était peut-être trop éloigné de Charles Foster Kane et de ses rêves de toute-puissance.
Fort de son court avis sur le film, on peut prédire sans risque de se tromper que Jean Gabin n'aurait pas pu faire carrière comme critique de cinéma !
publié le 19 octobre, Corentin Palanchini, Allociné