Dites-lui que je l'aime : cette pépite de Romane Bohringer à voir au cinéma va vous toucher en plein coeur
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Romane Bohringer revient derrière la caméra pour "Dites-lui que je l'aime", un film hybride entre le documentaire et la fiction, avec une résonnance universelle très forte. Au cinéma ce mercredi 3 décembre 2025.
© Escazal Films
De quoi ça parle ?
Romane décide d'adapter pour le cinéma le livre de Clémentine Autain consacré à sa mère. Ce projet va l'obliger à se confronter à son passé et à sa propre mère qui l'a abandonnée quand elle avait neuf mois.
7 ans après L'Amour flou, l'actrice et réalisatrice Romane Bohringer revient avec un nouveau film : Dites lui que je l'aime. Elle adapte ici le livre autobiographique que Clémentine Autain avait consacré à sa mère, la comédienne Dominique Laffin, décédée en 1985 à l'âge de 32 ans. Et c'est à la lecture du livre que Romane Bohringer a compris qu'elle tenait là la matière d'un film tant cette histoire intime rejoignait la sienne.
Dites-lui que je l'aime est raconté comme une enquête, avec une approche très personnelle, tout en y joignant une réflexion universelle sur le lien mère-fille. Un film à la croisée du documentaire et de la fiction, où Romane Bohringer livre un portrait lucide et sans filtre de sa propre mère.
" Quand j'ai lu le livre de Clémentine Autain, j'ai été vraiment percutée, de manière puissante, sans retour en arrière possible, par l'intime conviction que c'était le film que je devais faire. En raison de la gémellité de nos histoires, confie Romane Bohringer à notre micro.
Je me suis dit immédiatement : c'est mon sujet Clémentine est la fille de Dominique Laffin qui était une comédienne exceptionnelle, un jaillissement, une grâce et qui est morte très jeune alors que Clémentine n'avait que 12 ans. Le livre de Clémentine raconte le long chemin qui a été le sien pour comprendre cette mère, pardonner son absence, réparer l'enfant forcément meurtri qu'elle a été, devenir la femme qu'elle est devenue.
Dans les pages de son livre, il y avait à chaque mot, à chaque scène, le miroir absolument à l'identique de ce que j'ai pu éprouver enfant puisque moi-même j'ai perdu ma mère au même âge qu'elle. J'ai trouvé que ces femmes auraient pu être la même femme alors que ma mère n'était pas du tout comédienne mais dans leur liberté, dans leur fragilité, dans leur audace, dans l'époque qu'elles ont traversée, dans leur quête d'être quelqu'un... Enfin, tout se confondait. Je me suis dit immédiatement : c'est mon sujet."
Ecoutez notre entretien complet avec Romane Bohringer :
Au sujet de l'universalité de l'histoire qu'elle raconte, Romane Bohringer confirme que c'était son "espoir". "Je rêvais qu'il ait un côté universel, je rêvais qu'il raconte quelque part toutes les enfances qui ont manqué de quelque chose et qui cherchent finalement toute une vie à combler, comprendre, donner un sens à ce manque. Sinon c'est trop triste de faire un film que pour soi. J'avais envie, besoin, l'espoir qu'il puisse résonner en d'autres et c'est ce que j'espère maintenant qu'il sort."
Propos recueillis par Brigitte Baronnet au Festival du film francophone d'Angoulême 2025
publié le 3 décembre, Brigitte Baronnet, Allociné