Dune 2 : même en cherchant très loin, vous ne pourrez jamais deviner quelle oeuvre a servi d'inspiration à Denis Villeneuve pour son film de science-fiction
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Dans un entretien accordé à Esquire il y a un an, Denis Villeneuve évoquait les diverses influences cinématographiques qui ont irrigué son film "Dune : deuxième partie". Et, parmi elles, une influence totalement inattendue...
© Warner Bros.
Dès le départ, Denis Villeneuve a pensé son adaptation de l'oeuvre séminale de Frank Herbert comme un diptyque. Il souhaitait d'ailleurs tourner les deux parties successivement, mais y a renoncé. "Pour diverses raisons, cela n'a pas pu se faire, et j'ai accepté le défi de tourner la première partie puis d'attendre de voir si le film suscitait assez d'enthousiasme. Lorsque je l'ai fait, j'y ai vraiment mis toute ma passion, au cas où ce serait le seul. Mais je suis optimiste" avait-il dit.
Il a eu raison. Sorti en septembre 2021, le premier Dune a rapporté 391 millions de dollars dans le monde via sa sortie en salles, et ce pour un budget de 165 millions de dollars. Il s'agissait alors du plus gros succès de Denis Villeneuve, dépassant même Blade Runner 2049 (260 millions de recettes).
De quoi valider la mise en chantier de Dune 2, dont le tournage s'est fait de juillet à décembre 2022, pour une sortie effectuée en février 2024 chez nous. Les spectateurs ont été encore plus conquis par ce 2e volet : de 3,1 millions de spectateurs initiaux sur le premier film, Dune : deuxième partie a su séduire pas moins de 4,2 millions de spectateurs. De 410 millions de dollars récoltés par le premier film, le compteur a grimpé à 714 millions $, à la grande satisfaction évidemment de son réalisateur et du studio.
Pas forcément très disert sur les oeuvres qui l'ont influencé directement, contrairement à un confrère comme Quentin Tarantino, Denis Villeneuve a surpris pas mal de monde en évoquant les oeuvres qui l'ont influencé pour créer son Dune 2.
"C'était pour moi comme un petit électrochoc"
Le cinéaste s'en est expliqué dans une interview accordé au Esquire, il y a un an. Il explore cinq œuvres cinématographiques qui ont influencé sa vision, en commençant par Lawrence d'Arabie, une référence majeure pour le roman original de Frank Herbert et son exploration du colonialisme. Villeneuve aborde ensuite La Dernière Tentation du Christ de Scorsese, soulignant l'humanité du Christ et le parallélisme avec les doutes du protagoniste de Dune, Paul Atréides.
Il cite également Akira pour l'esthétique de la transformation de Paul en figure messianique sombre, Persona d'Ingmar Bergman pour sa maîtrise des gros plans et la relation entre les personnages et le paysage.
Et enfin, la référence la plus surprenante et totalement inattendue : un cartoon de Bip Bip et Coyote de Chuck Jones, pour son influence sur le rythme et l'efficacité cinématographique du film. Un cartoon dans lequel Coyote tente d'attraper Bip Bip alors qu'il est perché sur des patins à roulettes boostés sur des mini roquettes. Oui oui, vous avez bien lu !
La séquence en question, ci-dessous...
Il explique que, lors de la conception de ce second volet, il était obsédé par le rythme et le dynamisme des scènes, cherchant à s'améliorer en tant que réalisateur. ll a ressenti le besoin d'un "électrochoc" et s'est rappelé avoir dit à Joe Walker, le monteur, qu'ils devaient aborder le film non pas comme une suite de Lawrence d'Arabie, mais plutôt avec une approche dans la veine du cartoon Bip Bip et Coyote.
L'idée derrière n'était évidemment pas l'humour, mais les mécanismes à l'oeuvre dans le cartoon, d'une redoutable efficacité. "Je pense que ça a été réalisé en 1952 ou quelque chose comme ça, c'est l'un de mes dessins animés préférés de tous les temps, mais c'est vraiment l'idée d'efficacité, ce n'est pas une question d'humour. [...] c'était pour moi comme un petit électrochoc, comme une grenade que je mettais dans mon cerveau en sachant que c'était un choix conscient". Et de lâcher, in fine, qu'il n'a révélé cette influence à personne d'autre dans l'équipe à part Joe Walker.
publié le 17 septembre, Olivier Pallaruelo, Allociné