"Il prend le relais" : pour John Wayne, ce jeune acteur de 27 ans était l'avenir du cinéma
temps de lecture 2 minutes
Quelques mois avant sa mort, John Wayne avait rencontré un acteur qui pour lui, incarnait le renouveau et "la relève" : Christopher Reeve, acteur de "Superman".
© Warner Bros.
Nous sommes le soir du 9 avril 1979. Comme de tradition, la 51ème cérémonie des Oscars va récompenser les films sortis durant l'année 1978. Parmi les nommés, citons Le Ciel peut attendre, Voyage au bout de l'enfer, Retour, Midnight Express, Même heure, l'année prochaine, Sonate d'automne ou encore Une femme libre.
John Wayne sur scène mais très amaigri
Ce soir-là, une apparition est très attendue, celle de John Wayne, 72 ans, que l'on sait très affaibli par un cancer de l'estomac - il avait quelques années plus tôt vaincu un cancer du poumon.
Invité à remettre le Prix du Meilleur film, l'acteur apparaît très amaigri et obtient une standing ovation. Il annonce le vainqueur (sans doute à contrecœur vu le peu de considération de l'acteur pour la nouvelle génération de cinéaste des années 70) : Voyage au bout de l'enfer, puis se retire en coulisses. Mais durant cette soirée, une rencontre va lui redonner du baume au cœur.
"Ce type, c'est la relève !"
John Wayne rencontre Christopher Reeve, acteur inconnu il y a quelques mois, mais désormais sous le feu des projecteurs pour avoir incarné Superman. Le film est d'ailleurs nommé à 3 Oscars cette année-là (son, montage et musique) et obtiendra un "prix spécial pour les Meilleurs effets visuels".
Selon un article d'Ability Magazine (redécouvert par Collider), après avoir discuté avec Reeve, John Wayne se tourne vers son aîné Cary Grant, lui aussi présent et âgé de 75 ans, et lui glisse : "Ce type, c'est la relève. Il prend le relais". Wayne décèdera deux mois après, le 11 juin 1979.
On devine que Wayne avait revu en cet interprète de Superman le symbole de la continuation du cinéma des héros qui a fait sa gloire, à l'opposé de celui des antihéros de ce qu'on a plus tard appelé le "Nouvel Hollywood". Superman, c'est l'Amérique, comme à une époque, John Wayne représentait l'Amérique. Une Amérique de cinéma, fabriquée de toute pièce, mais intrépide et droite dans ses bottes, et dont il avait été le roi. Et comme tout bon monarque, il avait choisi son héritier.
publié le 19 août, Corentin Palanchini, Allociné