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Il y a 70 ans, voilà comment Jean Gabin a vraiment rencontré cette légende du cinéma français, qui a relancé sa carrière

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La rencontre Jean Gabin - Michel Audiard a mené à l'une des collaborations les plus foisonnantes du cinéma français, et voilà comment tout a débuté.

© Gaumont

Jean Gabin et Michel Audiard, c'est une collaboration qui s'étend sur 20 films tournés en 1955 et 1971. Le premier d'entre eux, intitulé Gas-oil, marque leur rencontre professionnelle et à l'époque, Audiard était très impressionné par l'interprète du Quai des brumes, comme il l'avait confié à la télévision en 1970 :

"Jean a toujours réussi à ses dialoguistes"

"Jean avait déjà fait tous ses films importants, moi j'étais vraiment débutant", mais il se fait vite interrompre par "le Vieux" (comme le surnommait Alain Delon) : "T'avais fait des films avec Hunebelle !"

Et en effet, avant de rencontrer Gabin, Michel Audiard avait écrit plusieurs films mis en scène par André Hunebelle : Mission à Tanger (1949), Méfiez-vous des blondes (1950), Massacre en dentelles (1952) et Les Trois mousquetaires (1953), mais aussi Guy Lefranc (L'Homme de ma vie, Elle et moi, Une histoire d'amour) ou Henri Verneuil (L'Ennemi public n°1). Fin de la digression, Audiard reprend :

"C'est Grangier qui nous a mis en contact, parce que Grangier était pote avec Jean, il le connaissait bien, ils avaient déjà fait un film ensemble [La Vierge du Rhin, ndlr] et moi j'avais travaillé sur d'autres films avec Grangier [Poisson d'avril avec Bourvil, ndlr]. Il voulait que je fasse un film avec Gabin. (...) L'idée m'était vaguement venue toute seule depuis un certain temps, mais les vedettes il faut les aborder, il faut une occasion de les rencontrer (...). Jean a toujours réussi à ses dialoguistes, et moi, ça m'a vraiment fait démarrer."

"Gabin parle bien"

Avec Gas-oil Audiard relancera la carrière de Gabin, largement freinée depuis la Seconde guerre mondiale, et se fera un nom comme dialoguiste, officiant ensuite sur le cinéma de Lautner (Les Tontons flingueurs, notamment) ou celui de Belmondo (L'Incorrigible, entre autres).

Malgré une brouille qui surviendra en cours de route, la collaboration Gabin / Audiard sera si vertueuse que leur duo sera parfois mis davantage en avant dans les bandes-annonces et sur les affiches des films que le nom du réalisateur, promettant ainsi au public sa dose de gouaille de répliques culte.

En 1976, année du décès de Gabin, son dialoguiste favori déclarera au média RTS :

"Gabin a un langage qui lui est propre dans la vie. Il parle bien, il a des mots riches. (...) Et malgré moi, j'ai piqué des mots à Gabin (...)." C'était de bonne guerre.

publié le 16 juin 2025 à 19h30, Corentin Palanchini, Allociné

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