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Inspiré d'une histoire vraie, Joachim Lafosse revient sur des souvenirs de jeunesse dans Six jours, ce printemps-là

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Avec "Six jours, ce printemps-là", Joachim Lafosse plonge dans ses souvenirs de jeunesse. Le cinéaste belge raconte une semaine hors du temps, vécue avec son frère jumeau et sa mère, dans le Sud de la France. Le film sort ce mercredi au cinéma.

© Les Films du Losange

De quoi ça parle ?

Malgré les difficultés, Sana tente d'offrir à ses jumeaux des vacances de printemps. Comme son projet tombe à l'eau, elle décide avec eux de séjourner sur la côte d'Azur dans la villa luxueuse de son ex belle-famille. En cachette. Six jours de soleil qui marqueront la fin de l'insouciance.

Après Un Silence, Joachim Lafosse revient avec Six jours, ce printemps-là. Après un film inspiré d'un fait divers très connu en Belgique, le cinéaste revient à un cinéma plus intime, en plongeant dans ses souvenirs de jeunesse, et précisément une semaine passée en cachette dans le huis-clos d'une maison du Sud de la France.

Le film s'inspire donc d'une histoire vraie, même si des éléments ont été fictionnés, modifiés : "L'exercice de mémoire que j'ai fait, et que j'avais envie de faire, m'a permis de me rendre compte que j'avais été traversé par des sensations très paradoxales et contradictoires durant ces vacances : je ressentais à la fois une grande joie de pouvoir profiter d'un cadre idyllique auprès de cette mère aimante qui prenait soin de nous, et une angoisse terrible à l'idée qu'on vienne nous arrêter ou qu'on soit découverts par nos grands- parents. J'étais bouffé par la peur et l'anxiété."

Pour créer une tension, Joachim Lafosse a voulu "une forme de suspense narratif très sec, fait de plans-séquence fixes grâce auxquels le hors-champ est toujours un peu menaçant".`

Un film intime et politique pour Joachim Lafosse

Ce film centré sur une famille qui cache des secrets est une réflexion sur les différences de classe. Un film que Joachim Lafosse a donc voulu intime et politique à la fois.

"Il s'agit de riches et de pauvres, et être pauvre, dans ce cas, c'est avoir une mère qui travaille tard, qui doit cumuler deux emplois pour aller au bout des fifins de mois diffificiles, c'est avoir des diffificultés à payer des vacances, c'est être inquiet, angoissé, anxieux en permanence. Ces choses-là, je les ai vécues auprès de ma mère toute mon enfance et adolescence, malgré le fait que du côté paternel, il y avait cette richesse.

Cette expérience de vie avec une mère obligée de travailler jour et nuit et une famille paternelle dont les soucis étaient l'entretien du terrain de tennis et de la villa a fait de moi le cinéaste que je suis."

De la gravité et une grande douceur Six jours, ce printemps-là est le plus solaire des films de Joachim Lafosse, notamment grâce aux paysages de Méditerranée. "J'avais envie de m'éloigner du tragique et de filmer la tendresse. Bien sûr, il y a de la gravité dans cette histoire mais elle porte aussi une grande douceur. J'avais déjà pressenti ce désir quand j'ai écrit Les Intranquilles", conclut-il.

Six jours, ce printemps là a reçu deux prix au Festival de San Sebastian en septembre dernier.

Rappelons qu'une enquête dénonçant des faits de harcèlement et de comportement toxique a été publiée par Libération en juin 2024.

publié le 12 novembre, Brigitte Baronnet, Allociné

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