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"Je deviens mes personnages" : quand cet acteur très colérique incarnait l'un des plus grands monstres de l'histoire du cinéma

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Après la sortie du remake de "Nosferatu" par Robert Eggers, en décembre 2024, la version de Werner Herzog, "Nosferatu, fantôme de la nuit", ressort sur quelques copies en France. L'acteur Klaus Kinski y incarne le célèbre conte Dracula.

© Potemkine Films

Parmi les plus grandes rencontres de cinéma, celle entre le réalisateur Werner Herzog et l'acteur Klaus Kinski fait date. Leur relation complexe, entre amour et haine, a même inspiré un documentaire, Ennemis Intimes, sorti en 1999 et réalisé par Werner Herzog lui-même. Il raconte ses expériences difficiles avec le comédien connu pour ses états de furie - qui avait même poussé le cinéaste à le menacer de mort sur le tournage d'Aguirre.

Aujourd'hui, l'un de leurs cinq films tournés ensemble ressort en salle : Nosferatu, fantôme de la nuit, avec Isabelle Adjani et Bruno Ganz. Cette adaptation sort en 1979, 57 ans après la version de Friedrich Wilhelm Murnau, un des plus grands films muets du cinéma allemand. Dans cette relecture, Klaus Kinski incarne le célèbre vampire, Dracula.

Dans une interview accordée au New York Times lors de la sortie du film, l'acteur explique son intensité par ces mots : "Quand j'interprète un personnage, même s'il s'agit de la personne la plus méprisable au monde, je deviens ce personnage pendant toute la durée du tournage."

Pour une fois, de bonne humeur

Pourtant, par miracle, le tournage de Nosferatu, fantôme de la nuit s'est déroulé sans crise de colère. Il est même raconté, à travers de nombreuses sources, que Klaus Kinski faisait preuve d'une grande patience durant ses quatre heures de maquillage nécessaires pour se transformer en monstre.

Le projet signe les retrouvailles entre le réalisateur et son acteur fétiche après une violente dispute. "Après Aguirre, nous ne nous sommes pas parlés pendant quatre ans, et durant cette période, une chose très étrange s'est produite, explique Klaus Kinski. Nous avons développé une sympathie tacite. Alors, lorsqu'il m'a appelé et réveillé un jour, à une heure du matin en me disant : "Tu dois faire deux films avec moi - Woyzeck et Nosferatu, j'ai dit oui sans réfléchir."

"Hamlet a été joué environ 100 000 fois"

Cette version de Nosferatu reste très proche de la précédente de 1922. Même l'allure du monstre reste fidèle à celle de l'acteur Max Schreck dans le film original. Pourtant, la comparaison entre les deux œuvres agaçait Klaus Kinski :

"Hamlet a été joué environ 100 000 fois, et on parle toujours d'un remake. Qu'est-ce que ça veut dire ? Le vieux film était magnifique, et Herzog y est manifestement très attaché, mais Murnau n'avait pas la même sensibilité, notamment envers le rôle du vampire, que celle dont fait preuve Herzog."

Nosferatu, fantôme de la nuit, actuellement au cinéma

publié le 26 février, Thomas Desroches, Allociné

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