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L'Affaire Bojarski : est-ce que tout est vrai dans le film de Jean-Paul Salomé ?

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"L'affaire Bojarski" s'inspire de l'itinéraire fascinant d'un faux-monnayeur, devenu célèbre au point d'être surnommé le "Cézanne des faussaires". Mais est-ce que tout est vrai dans le long métrage réalisé par Jean-Paul Salomé ? Eléments de réponse.

© Le pacte

De quoi ça parle ?

Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l'occupation allemande. Après la guerre, son absence d'état civil l'empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés... jusqu'au jour où un gangster lui propose d'utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l'insu de sa famille. Très vite, il se retrouve dans le viseur de l'inspecteur Mattei, meilleur flic de France.

Inspirée d'une incroyable histoire vraie, L'affaire Bojarski reconstitue l'itinéraire d'un célèbre faux monnayeur qui est parvenu à échapper à la police pendant des années. L'affaire Bojarski prend des allures de fresque par son ampleur et son ambition, en se déroulant sur près de 50 ans.

En voyant tous les rebondissements de ce film qui donne une impression très romanesque, une question pourrait vous venir à l'esprit : est-ce que tout ce qui est montré dans le long métrage de Jean-Paul Salomé est réel ?

Quel est le vrai du faux dans le film ?

"Tous les détails qui sont dans le film sont vrais", indique le réalisateur Jean-Paul Salomé. Et d'ajouter : "On a brodé bien sûr, on a aussi synthétisé certaines choses". Le cinéaste indique par exemple avoir brodé autour du fait que Jan Bojarski ait travaillé, au début, pour le gang des tractions avant, constitué de voyous et d'anciens collabos. "Il a imprimé des faux billets pour eux et, à un moment, il a compris qu'il n'était pas fait pour travailler avec ces gens-là. Il a sauté sur la première occasion pour partir et débuter une carrière en solo".

Une séquence purement fictive a également été imaginée afin de créer une scène de cinéma marquante, celle de la confrontation entre Bojarski et Mattéi. Même si Jean-Paul Salomé pense qu'il n'est pas impossible qu'une rencontre comme celle-là ait pu se produire, il explique l'avoir pensée dans l'idée d'avoir une scène de jeu pur entre deux de ses comédiens, Reda Kateb et Bastien Bouillon. "On ne pouvait pas écarter une rencontre, on avait surtout très envie d'une scène où ils se font face, alors on a imaginé cette séquence au bar de l'hôtel de Vichy."

Une scène hommage à De Niro - Pacino dans Heat !

A notre micro, Jean-Paul Salomé en dit davantage sur cette scène fictive, qui crée une magnifique tension entre les deux protagonistes. Cette séquence est un pur hommage au cinéma de Michael Mann, en l'occurrence Heat, entre Robert De Niro et Al Pacino.

"Évidemment, c'est impossible de ne pas penser à Heat. Même si dans la réalité, cette scène n'a pas existé, j'étais sûr que le spectateur, dans le cadre d'un polar voulait cette scène. Et les comédiens aussi la voulaient d'ailleurs ! On a donc écrit cette scène avec le scénariste Bastien Daret. Avec l'idée de ne pas avoir peur, dans un polar, avec un certain rythme, de s'arrêter, de casser ce rythme. De faire une scène de 5 minutes avec deux hommes à l'arrêt qui se parlent. Avec du dialogue. On s'est dit qu'il faut prendre le temps, et qu'au contraire, ça peut être bénéfique au rythme général du film."

Au-delà de Heat, et la scène clé évoquée ci-dessus, Jean-Paul Salomé, son réalisateur, s'est également appuyé sur un cinéma très référencé, qui va Jean-Pierre Melville (Le Cercle rouge, Le deuxième souffle) à Joseph Losey (Monsieur Klein).

Un cinéma inspiré par de nombreuses références cinéphiles

"Dans ma tête de cinéphile, il y a beaucoup d'images qui se sont télescopées sur certains grands films de cette époque, entre les années 50 et 60 ou même 70. C'est quand même une cinéphilie qui m'a beaucoup nourri en tant que spectateur et même cinéaste. Indubitablement, je savais que les choses allaient revenir et qu'il fallait s'en servir. Donc, oui c'était assumé d'avoir de nombreuses références. Et d'ailleurs, j'avais fait une liste de certains de ces films pour que l'équipe technique et même les comédiens les voient ou les revoient, parce que je trouve que c'était important", développe Jean-Paul Salomé à notre micro.

L'affaire Bojarski regorge d'idées de cinéma, avec une mise en scène inspirée, et des costumes et des décors choisis avec minutie afin de nous immerger dans cette passionnante reconstitution historique. Il sort au cinéma ce mercredi 14 janvier 2026.

publié le 14 janvier, Brigitte Baronnet, Allociné

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