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La Bonne étoile : Benoît Poelvoorde et Pascal Elbé sont dans une comédie historique inspirée de La Vie est belle

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Pascal Elbé revient à la mise en scène avec "La Bonne étoile", une comédie historique où humour et Histoire se mêlent pour déconstruire les préjugés. A voir au cinéma dès 10 ans.

© Yann Zenou

Quatre ans après la comédie romantique On est fait pour s'entendre, Pascal Elbé revient à la mise en scène avec La Bonne étoile dans lequel il partage l'affiche avec Benoît Poelvoorde, Audrey Lamy et Zabou Breitman.

Le long métrage se déroule en France durant la Seconde Guerre mondiale, Jean Chevalin (Poelvoorde) et sa famille vivent dans la misère après que ce dernier a jugé bon de déserter ! La situation n'est plus tenable. Convaincu que « certains » s'en sortent mieux, Chevalin a une brillante idée : se faire passer pour juifs afin de bénéficier de l'aide des passeurs pour accéder à la zone libre. De malentendus en révélations, il va entrainer sa famille dans ce grand périple qui déconstruira ses préjugés un à un...

Déconstruire les idées reçues

Pascal Elbé choisit d'aborder son sujet sous l'angle de la comédie. Il explique sa démarche dans le dossier de presse : "Je voulais aborder un sujet grave avec une approche décalée, sans être moralisateur. Un jour, j'ai entendu une conversation dans un café où l'on évoquait une famille juive avec des propos teintés de stéréotypes. Cela m'a interpellé. J'ai eu envie de prendre ces idées reçues au pied de la lettre et de les déconstruire à travers une comédie."

La découverte du roman "Le Nazi et le Barbier" d'Edgar Hilsenrath a renforcé cette idée. L'auteur y raconte l'histoire d'un opportuniste qui devient nazi avant de se faire passer pour un juif survivant des camps. Ce récit, à la fois absurde et terrible, a donné à Elbé la confiance nécessaire pour se lancer dans son propre projet cinématographique.

Tout comme dans La Vie est Belle de Roberto Begnini et Train de vie de Radu Mihaileanu, le cinéaste aborde également son film comme un conte. Il en explique la raison : " Je souhaitais prendre des libertés absolues avec la chronologie de la guerre, comme pour le port de l'étoile jaune, qui est devenu obligatoire en 1942. Je joue sur l'émotion et le ressenti du spectateur, et grâce au conte, je ne suis pas contraint de respecter une vérité historique littérale (...)

Au début du film, Chevalin a faim et froid et il agit comme il le fait pour s'en sortir. C'est le destin qui fera de lui un mensch. (...) En revanche, même si on est dans le conte, il fallait qu'on s'inscrive dans un contexte où les salauds sont de vrais salauds, et quand les juifs sont raflés, ils sont vraiment raflés..."

Raconter l'Histoire avec humour

Malgré son ton de comédie, La Bonne étoile n'élude jamais la gravité de l'Histoire. À l'instar de La Vie est belle de Roberto Benigni ou de Train de vie de Radu Mihaileanu, Pascal Elbé choisit le registre du conte pour rendre son récit plus libre et plus émotionnel, tout en conservant un ancrage réaliste dans le drame de la déportation et de la collaboration.

Cette approche mêle humour et émotion pour aborder l'Histoire de manière plus légère, tout en rappelant les épisodes tragiques de la Seconde Guerre mondiale.

Le final du film en est d'ailleurs le parfait exemple avec la vision qu'a Jean Chevalin de son ami Sam Goldstein. Mais la réalité vient finalement le rattraper et nous bouleverser.

Filmer avec simplicité

Elbé s'est également inspiré du film culte de Roberto Begnini pour la narration simple et centrée sur l'histoire et les personnages. "Comme dans La Vie est belle, qui est filmé avec simplicité, je voulais surtout privilégier l'histoire pour qu'on ne soit pas tenté de "regarder" la mise en scène. Il fallait que celle-ci ne se remarque presque pas - ce qui implique de sacrifier des idées virtuoses qui, de toute façon, n'auraient rien apporté."

La lumière du film, plus moderne et colorée que les tons gris-bleus habituels des films de guerre, soutient cette approche simple et centrée sur le récit et les personnages.

En plaçant l'humour au service d'un sujet délicat, La Bonne étoile propose une réflexion sur les préjugés, les stéréotypes et l'opportunisme. Pascal Elbé signe ici un film qui, tout en divertissant, incite à penser, à rire et à s'émouvoir face à l'Histoire et aux choix humains.

Le film est à voir au cinéma dès 10 ans.

publié le 12 novembre, Laëtitia Forhan, Allociné

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