"Le public a aidé ma guérison" : quand Fernandel évoquait avec émotion sa maladie lors de sa dernière interview à la télévision
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En octobre 1970, Fernandel donnait sa dernière interview, annonçant un retour au cinéma qui ne se fera hélas jamais.
© StudioCanal
Le 15 octobre 1970, Fernandel est interviewé chez lui, où il se repose suite à un incident survenu sur le tournage du film Don Camillo et ses contestataires.
Alors qu'il se trouvait à Parme en plein été pour mettre en boîte l'ultime aventure du curé qui dialogue directement avec Dieu, l'acteur a dû interrompre le tournage pour raisons de santé, et s'en explique quelques semaines plus tard à la télévision dans une émouvante interview :
"Il y a maladie, mais enfin, on a un peu tout exagéré"
"[Je voulais] remercier par l'intermédiaire du petit écran tous les téléspectateurs, les spectateurs de cinéma et les gens que je ne connais pas qui m'ont écrit pour ma maladie, n'est-ce pas, puisqu'il y a maladie. Mais enfin, on a un peu tout exagéré. Le docteur m'a dit : 'Vous savez ce que vous avez ? Vous avez une pleurésie, il faut arrêter tout de suite'. C'est donc moi qui ai averti le producteur et le metteur en scène (...)."
Une pleurésie est l'inflammation de la membrane située entre les poumons et la cage thoracique. Au lieu d'être humide et flexible, elle devient sèche et raide, menant à des respirations douloureuses et à des quintes de toux.
En réalité, à cette époque, les médecins diagnostiquent non pas une pleurésie, mais un cancer généralisé et décident de cacher cette information à l'acteur et chanteur. Inconscient de la gravité de son état en ce jour d'octobre 1970, il déclare au micro de l'ORTF :
"Le public m'aura donné quelque chose de plus pour ma guérison"
"Malgré ma maladie, je garde une certaine reconnaissance à la pleurésie. Car la pleurésie m'a permis de connaître un peu plus ce public que je ne vois jamais à part lorsque je passe rarement sur la scène. Et je crois que le public m'aura donné quelque chose de plus pour ma guérison. J'ai senti que j'étais tellement aimé que je me languis de reprendre mon activité comme avant, pour leur dire merci."
Une interview touchante, qui aborde également l'hypothèse d'un déclin de sa carrière, qu'il appelle "un décrochage" :
"On décroche sans le vouloir, c'est le public qui vous oblige à décrocher. Or, ce public me réclame, je l'ai vu par tout ce que j'ai reçu, et vous oblige à tourner, même si vous n'en avez pas envie. Je dois dire que maintenant, après ma pleurésie, ça m'a servi de leçon, et sans décrocher, je vais quand même prendre un peu plus de loisirs."
La maladie s'intensifiera dans les mois suivants, conduisant au décès de l'artiste marseillais le 26 février 1971. Il est inhumé au cimetière de Passy le 1er mars.
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publié le 1 janvier, Corentin Palanchini, Allociné