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Ni un western, ni John Wayne... Il y a 72 ans sortait ce film méconnu mais passionnant que le légendaire John Ford ​ne se lassait pas de voir et revoir

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Découvrez le film préféré de John Ford parmi toute sa filmographie.

© Republic Pictures

Lorsqu'on demandait à John Ford de se présenter devant la commission anti-communistes, le réalisateur s'était présenté de façon laconique : "Je m'appelle John Ford et je fais des westerns". De la même façon, lorsqu'on l'interrogeait sur le film de lui qu'il préférait, il n'y allait pas par quatre chemins.

Par contre, son choix avait de quoi surprendre.

Un film méconnu mais passionnant

Pour John Ford, ce film était "vraiment mon préféré, celui que j'aime revoir et revoir"*, mais ce n'est pas un western et il n'a pas John Wayne au casting, c'est même l'un des moins connus de sa filmographie : Le Soleil brille pour tout le monde.

Cette comédie dramatique met en scène le juge Priest (Charles Winninger) en pleine période de réélection alors qu'il gère plusieurs affaires délicates de sa petite ville du Kentucky : redorer l'honneur d'une femme, réconcilier les vétérans de la Guerre de sécession et défendre un jeune Noir accusé de la pendaison sans autre forme de procès.

On comprend alors pourquoi Ford a choisi ce film plutôt que d'autres, car on y retrouve ses thèmes de prédilection comme celui de la communauté. Ici, la communauté a des travers et se divise, confirmant le pessimisme de Ford à cet égard. En ce début des années 50, n'en était qu'à ses prémices, mais allait le poursuivre jusqu'à la fin de sa carrière.

Cependant, les travers des habitants sont corrigés grâce à la personnalité du juge, qui tient l'unité de sa petite ville à bouts de bras. Il sera d'ailleurs réélu grâce à cela.

L'union sauvée, mais combien de temps ?

On peut d'ailleurs mettre en parallèle Le Soleil brille pour tout le monde avec La Dernière fanfare, tourné cinq ans plus tard par Ford et où l'on retrouve une figure politique d'une petite ville cherchant à se faire réélire et qui, cette fois, le pessimisme fordien ayant progressé, perd les élections. Il n'a pas réussi à maintenir la communauté unie.

Pour la petite histoire, Le Soleil brille pour tout le monde est aussi une revisite par Ford de l'un de ses précédents films, Judge Priest, sorti en 1934, et dans lequel le héros était incarné par l'acteur Will Rogers. Les deux films se terminent de la même manière, par la fanfare sonnante et joyeuse de la communauté réunie. L'époque où John Ford y croyait encore...

* Cité dans l'ouvrage "John Ford" par Patrick Brion.

publié le 19 octobre, Corentin Palanchini, Allociné

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