"On nous catalogue assez vite" : les voix françaises des Bad Guys 2, Pierre Niney, Jean-Pascal Zadi et Alice Belaïdi, ont-elles souffert des clichés ? On leur a posé la question !
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Les Bad Guys reprennent du service ! Le film interroge la manière dont la société colle des étiquettes aux gens. À l'occasion de la sortie du film, nous avons rencontré les voix françaises et leur avons demandons s'ils avaient soufferts des clichés.
© AlloCiné
Trois ans après le premier opus, Les Bad Guys sont de retour au cinéma. Dans cette nouvelle aventure, toujours mise en scène par Pierre Perifel, les anciens braqueurs s'efforcent de se faire à leur nouvelle vie de gentils. Mais difficile d'avoir une deuxième chance... D'autant plus qu'ils sont tirés de leur retraite et forcés de faire "un dernier travail" par une équipe entièrement féminine surnommée les Bad Girls.
Tout comme le premier volet, la suite aborde la question de l'étiquette qu'on colle aux autres et de la difficulté à s'en défaire. Les Bad Guys aspirent à devenir de "vrais" Good Guys, mais personne ne croit en leur sincérité. Le long métrage aborde également la question de la rédemption et de la seconde chance.
Lors de la promotion des Bad Guys 2 nous avons rencontrés l'équipe du film et leur avons demandé si ces thématiques résonnaient avec leur propre expérience.
Nouvelle venue dans l'univers, Reem Kherici, qui prête sa voix au Corbeau des Bad Girls, Suzanne alias Apocalypse nous avoue avoir eu des difficultés à se défaire de son image de bimbo après avoir tourné dans OSS 117.
"Cette thématique résonne clairement chez moi. Mon premier film était OSS 117, et ma plastique y était mise en valeur donc par la suite on m'a rapidement mise dans une case. Et peut-être même encore aujourd'hui, alors que ça fait 15 ans. C'est difficile d'en sortir et pourtant si on me voyait le matin, j'ai l'air d'une serpillère..."
Alice Belaïdi, qui prête de nouveau sa voix à Diane Foxington, a connu les mêmes travers que sa collègue. Elle nous explique, comme on vous le partageait ici : "Je pense qu'on projette toujours une image sur toi qui n'est pas forcément la bonne. Moi, j'ai essayé quand même de me dépatouiller pas mal de certaines images.
En France, quand tu es maghrébine, c'est un peu difficile parfois, On a vraiment tendance à projeter sur toi une image bien précise. Mais c'est la vie. Il y a toujours un truc qui ne va pas mais je crois qu'il faut vivre avec et il faut s'entourer de gens qui vont te prendre tel que tu es avec tes différences."
De son côté, Igor Gotesman - qui prête sa voix au Serpent - et en parallèle a mis en scène les comédies Five, Family Business et Fiasco a peut d'être jugé s'il change de registre.
"Jusqu'ici j'ai fait des comédies et je me demande comment ça serait perçu si demain je décidais de faire un drame ou un thriller ou un film plus sombre. Je me questionne là-dessus. On nous catalogue assez vite dans le milieu aussi."
Pour Jean-Pascal Zadi, qui prête à voix à M. Requin, la question ne se pose pas... "Moi, mon apparence va avec ce que je suis. Je n''ai aucun problème. Je suis vraiment un beau mec et du coup, quand on me voit, on dit : "Ah tiens, lui, c'est un beau mec, il doit être gentil". Donc je n'ai pas de problème.
Ça m'a même ouvert des portes. Vous savez, avoir un physique avantageux dans la vie, ça élève. C'est ceux qui ont eu des problèmes de physique dans leur vie qui peuvent vous expliquer ça. Comme moi je n'en ai pas eu, peut-être que Pierre, il va vous expliquer."
Après avoir encaissé la blague de son complice, Pierre Niney - qui prête sa voix à M. Loup - ajoute : "C'est la thématique très profonde du film effectivement, de se dire : "Qu'est-ce qu'on renvoie comme image ? Qu'est-ce que les gens se racontent de nous avant de nous connaître ? Est-ce que ça les empêche même d'avoir envie de nous connaître ?" C'est toujours passionnant, notamment quand on parle aux jeunes, aux enfants, d'aborder ça en disant : "Parfois ça vaut le coup de de creuser avant de faire un jugement trop hâtif sur les gens".
Le réalisateur Pierre Perifel précise pour sa part : "Le premier film parle vraiment de ça, des étiquettes qu'on peut mettre sans connaître les gens, et se raconter des histoires, fabuler sur des visions qu'on peut avoir de certaines personnes. On parle de racisme, d'inclusion ou de non-inclusion, d'étiquette...
Ce film parle de rédemption et ça parlera aux enfants. Ca ne concerne pas simplement les gens ayant fait quelque chose de grave, la seconde chance peut aussi concerner els plus jeunes, quand tu as eu une mauvaise note, que tu as été en colle... Ce n'est pas ça qui fait de vous quelqu'un de mauvais et c'est le vrai sujet du film."
Les Bad Guys 2 est à découvrir au cinéma.
publié le 5 août, Laëtitia Forhan, Allociné