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Sauvage : ce drame avec Céline Sallette est-il inspiré d'une histoire vraie ?

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Premier long métrage de fiction réalisé par Camille Ponsin, auteur de documentaires et reportages avant, "Sauvage" reste néamoins ancré dans le réel puisque ce drame s'inspire d'une histoire vraie.

© Memento

Ça parle de quoi ?

Au cœur des Cévennes, Anja décide de vivre à l'écart des autres, au milieu des bois. Insaisissable et sauvage, elle bouleverse peu à peu l'équilibre de la vallée et de ses habitants. Sa mère reste son seul lien avec le monde extérieur... D'après une histoire vraie.

Six Cévennes

Pour Camille Ponsin, il s'agit là d'un baptême du feu... et en même temps pas totalement. Car Sauvage n'est pas sa première réalisation, qui lui a notamment signé quelques documentaires (dont La Combattante, sur l'ethnologue Marie-José Tubiana, en 2022) ou des reportages pour des émissions telles que "Le Monde en face", diffusée depuis 1987. Mais il s'agit de son premier long métrage de fiction, porté par Céline Sallette, Lou Lampros et Bertrand Belin.

Ce n'est pas pour autant que le metteur en scène ne reste pas ancré dans le réel avec ce drame tourné dans les Cévennes, dont il est originaire, et inspiré d'une histoire vraie à laquelle il a lui-même été confronté : celle de Nana, membre de la communauté de néo-ruraux qui sont partis vivre en marge de la ville pendant les années 70, et dont la fille décide de s'écarter en partant vivre dans les bois, passant alors d'"enfant" à "problème" de la vallée dans lesquels se sont déroulés les faits.

"Pendant quinze ans, Nana a pris soin de sa fille perdue dans les bois, comme elle le pouvait et sans jamais renoncer", peut-on lire au début du générique de fin de ce film qui "lui est dédié" et se focalise justement sur cet amour maternel, le point de vue étant tantôt focalisé sur Sam (Celine Sallette), tantôt sur Anja (Lou Lampros, la fugitive). D'où le choix de la fiction, qui parle aussi bien de famille que de différence, avec quelques libertés et des prénoms qui ont été changés, avec un récit conçu à partir de témoignages des acteurs et spectateurs de l'histoire vraie, des élus aux habitants.

Ce qui ne s'est pas fait sans mal, car certains de ses interlocuteurs avaient été pleinement impliqués dans ladite histoire, source de tensions et d'amitiés brisées, et de blessures assez vives pour que plusieurs personnes refusent que leur nom soit associé au film. Sans le vouloir, Sauvage a ainsi fait renaître, au moment de sa conception, la scission qu'il a pu y avoir au sein de la communauté qu'il dépeint quelques décennies plus tôt.

"Pendant quinze ans, Nana a pris soin de sa fille perdue dans les bois, comme elle le pouvait et sans jamais renoncer"

Cela renforce, rétrospectivement, la force et la justesse de ce Sauvage, qui doit beaucoup à ses acteurs et à la manière qu'a Camille Ponsin de filmer cette nature qu'il connaît (sans tomber dans le cliché qui voudrait que ce soit un personnage à part entière), tout en montrant ce dont il s'agit lorsque l'on parle de néo-ruraux, ces citadins qui ont quitté la ville. Entre cet aspect quasi-documentaire, et la relation mère-fille au coeur de ce drame, il y en a pour tous les goûts.

publié le 8 avril, Maximilien Pierrette, Allociné

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