The Plague au cinéma : ne ratez pas l'un des meilleurs films de l'année 2026
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Grand Prix au Festival du Cinéma Américain de Deauville, "The Plague" est le premier film de Charlie Polinger. Il s'intéresse au dynamique de pouvoirs et au harcèlement dans une équipe de water-polo dans un camp d'été pour des jeunes garçons.
© Originals Factory
"La Peste" du titre n'évoque en rien le chef d'oeuvre d'Albert Camus, mais une maladie imaginaire contagieuse (de simples problèmes de peau adolescente) qui sert de prétexte à un groupe de jeunes hommes dans le cadre d'un camp de water-polo pour marginaliser l'un des leurs.
Pestiféré, lépreux, intouchable : il se retrouve isolé au sein de l'équipe, que ce soit dans l'eau, dans les vestiaires, dans les dortoirs, dans le réfectoire ou lors de sorties nocturnes. Un indésirable qu'on découvre à travers les yeux de Ben (formidable Everett Blunck), un petit nouveau qui va d'abord jouer le jeu de la meute avant de retrouver un peu d'humanité... et de devenir à son tour "La Peste".
Il y a du Full Metal Jacket (comment ne pas voir en Eli un jeune "Baleine") dans l'ADN de The Plague. Du It Follows, aussi, alors que la frontière entre "jeu" et réalité se floute et que la peste, illustrée à l'écran par les éruptions cutanées évoquant une dermatite, n'est peut-être qu'une métaphore de ce que provoque la toxicité de groupe. Derrière leurs gueules d'ange, le harceleur en chef Kayo Martin et sa bande se transforment en tortionnaires de plus en plus cruels. Alors que le monde des adultes incarné par Joel Edgerton (également producteur), malgré sa bienveillance, semble dépassé, impuissant voire aveugle.
Au-delà de sa forme, avec des séquences sous-marines fascinantes et un intéressant travail sur le son et la bande originale, le film a aussi l'intelligence de situer son intrigue en 2003. Il est d'ailleurs tiré des propres journaux personnels tenus par le réalisateur pendant un camp d'été à cette époque.
Ici, pas de smartphones ni de réseaux sociaux, terreaux fertiles pour le harcèlement ces dernières années : dans The Plague, les dynamiques se jouent directement entre ados par des regards, des silences, des moqueries, des chaises qui s'éloignent, des dos qui se tournent, des humiliations... Et elles interrogent ce que chacun.e pourrait être prêt à faire pour être intégré.e au groupe et à sa dynamique de pouvoir, quitte à rabaisser, moquer ou ignorer l'autre. Ou à se renier soi-même. C'est finalement celle-là, la vraie peste qui contamine.
The Plague, actuellement au cinéma
publié le 3 juin, Yoann Sardet, Allociné