Divertissements

Un an après le grand succès de La Petite dernière, Hafsia Herzi revient à Cannes avec deux films en tant qu'actrice

temps de lecture  4 minutes

Elle a marqué l'édition cannoise 2025 avec "La Petite dernière" (récompensée d'un Prix d'interprétation et de la Queer Palm). Hafsia Herzi est de retour au Festival de Cannes avec deux films, en tant qu'actrice. Nous l'avons rencontrée.

© Bestimage

Après avoir accompagné La Petite dernière pendant près d'un an, du Festival de Cannes aux César, Hafsia Herzi revient sur la Croisette en tant qu'actrice, avec non pas, mais deux films. Tout d'abord, Quelques mots d'amour de Rudi Rosenberg, présenté il y a quelques jours à Un Certain Regard, et aujourd'hui, en compétition, avec Histoires de la nuit, nouveau long métrage de Léa Mysius, adapté du roman du même nom de Laurent Mauvignier. Nous avons rencontré Hafsia Herzi.

AlloCiné : Quelles ont été tes premières pensées en posant le pied ici ? Est-ce que tu t'es un peu refait le film de l'année qui venait de s'écouler ?

Hafsia Herzi : Oui. C'est à chaque fois une grande fierté de venir présenter un projet à Cannes. Cette année, j'en ai deux : Quelques mots d'amour et Histoire de la nuit. C'est beaucoup de fierté et d'émotions, mais avec moins de stress que l'année dernière.

J'ai d'ailleurs croisé des personnes qui m'ont dit : « Ah, tu as l'air moins stressée. » Et c'est vrai, c'est moins lourd à porter pour moi. Je suis très contente de revenir en tant qu'actrice, cela m'avait un peu manqué !

Qu'est-ce qui t'a rendue la plus fière dans le parcours de La Petite Dernière ? Qu'est-ce que tu te dis avec le recul ?

Déjà, la sélection en compétition officielle à Cannes. Ça a été un immense moment d'émotion. Ensuite, la projection, et bien sûr le prix d'interprétation reçu par Nadia Melliti. C'est inoubliable.

Et le film a fait 400 000 entrées...

Oui, il y a eu le succès public par la suite. Franchement, ça a été une année incroyable, et c'est grâce à Cannes. La sélection et tout le bruit autour du film là-bas ont permis de le propulser et de le faire rencontrer son public.

"La sélection à Cannes et tout le bruit autour du film là-bas ont permis de le propulser et de le faire rencontrer son public"

De tous tes souvenirs cannois, celui de La Petite Dernière est-il le plus fort ?

Il y en a plein... Oui, c'est peut-être celui-ci. Mais Bonne Mère a aussi été une source de grande émotion. C'était l'année du Covid ; j'ai retrouvé des photos de nous, on portait tous des masques. C'était fort.

Tu mérites un amour également, et même tous les films que j'ai présentés en tant qu'actrice. Mais en tant que réalisatrice, c'est très émouvant, c'est une autre dimension. Car ce sont des mois de travail et de solitude. Quand on écrit, on est très seule et habitée par plein de doutes, même si on est très entourée pour la réalisation ensuite.

Tu as déjà repris le travail d'écriture, ou tu t'accordes une pause pour te consacrer à ton métier d'actrice en ce moment ?

Oui, j'ai repris l'écriture depuis. Après, j'aime prendre mon temps. J'avais surtout besoin de savourer tout ce qui s'est passé avec La Petite Dernière et d'accompagner le film. Mais j'écris toujours et j'ai hâte de repasser derrière la caméra.

Tu sais quand ce sera, ou c'est trop tôt pour le dire ?

Non, je ne sais pas encore parce que j'ai pas mal de projets d'actrice. Juste après Cannes, je commence le tournage du prochain film des Frères Larrieu. Cela me permet aussi de laisser reposer mon scénario pour y revenir plus tard.

Mais c'est vrai que le jeu m'avait manqué. Parfois, des gens me disent : « Vous devriez jouer plus souvent, vous êtes bien aussi en tant qu'actrice ! » (rires) C'est un autre exercice, ça prend moins de temps, c'est différent, mais j'en ai besoin.

"La comédie est un registre que j'aime énormément"

J'ajouterais à cela : « vous êtes bien dans des comédies ». Dans Quelques mots d'amour, tu as de superbes scènes de comédie et je me disais qu'on devrait t'en proposer davantage, car cela te va très bien.

Ah, merci ! C'est vrai qu'on m'offre plus souvent des drames. Pourtant, j'adore rigoler. Après, je suis difficile à faire rire. Sur le tournage, je disais parfois à Rudy [Rosenberg, le réalisateur] : « Non, franchement, là ça ne me fait pas rire... » (rires)

Il me répondait : « Mais il faut rigoler ! » et je répliquais : « Là, je n'y arrive pas, c'est impossible de me forcer. » Mais c'est un registre que j'aime énormément. Ça change, et je trouve ça très bien.

Est-ce que tu trouves que c'est plus difficile à jouer ? Est-ce que cela demande un plus grand lâcher-prise ?

Oui, ce n'est vraiment pas évident. On a tendance à croire que la comédie est un genre facile, mais pas du tout. Il faut un sens du rythme.

Comme je le disais, certaines choses ne me faisaient pas rire au départ, mais je me suis dit que j'allais quand même tenter le coup. (rires) C'est un exercice particulier, il faut savoir doser et, surtout, être bien accompagnée. Ce n'est pas donné à tout le monde.

Propos recueillis à Cannes par Brigitte Baronnet, le 14 mai 2026

Hafsia Herzi sera à l'affiche de Quelques mots d'amour le 28 octobre au cinéma. Précédemment, on pourra la voir dans Histoires de la nuit, en compétition aujourd'hui à Cannes, et à l'affiche le 16 septembre prochain (et en avant-première dès ce week-end dans plusieurs cinémas).

publié le 22 mai, Brigitte Baronnet, Allociné

Liens commerciaux