Un Simple accident : que signifie la fin du film ? Explications
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Palme d'or au dernier Festival de Cannes, "Un Simple accident" marque la nouvelle réalisation de l'Iranien Jafar Panahi. Pour AlloCiné, le cinéaste revient sur les dernières secondes de son film.
© Memento Distribution
Dans Un Simple accident, onzième long métrage de l'Iranien Jafar Panahi, une poignée d'anciens prisonniers pensent reconnaître leur ancien tortionnaire et le kidnappent et ce, malgré leurs doutes. Teintée de drame et d'absurde, cette histoire a été inspirée par la détention du réalisateur - sept mois de prison pour "propagande contre le régime" et une libération survenue après une grève de la faim.
Présenté au Festival de Cannes en mai 2025, le film a reçu la Palme d'or et représente la France pour la prochaine cérémonie des Oscars. Ici, Jafar Panahi s'intéresse au traumatisme des opposants au régime et questionne la frontière entre le statut de victime et celui de bourreau.
Les dernières secondes du film ouvrent deux possibilités. Pour AlloCiné, le réalisateur explique comment il a confectionné cette fin.
Attention, spoilers !
Dans le dernier acte d'Un Simple accident, Vahid (Vahid Mobasseri), le garagiste, laisse son tortionnaire vivant près d'un arbre après l'avoir confronté avec une autre ancienne détenue, Shiva (Maryam Afshari). La scène finale retrouve Vahid chez lui. Entouré de plusieurs membres de sa famille, il range des affaires dans une voiture. Seulement, un son l'arrête dans son élan.
Il reconnaît le crissement de la prothèse de jambe de son ancien tortionnaire (Ebrahim Azizi), un bruit synonyme de traumatise. Vahid reste de dos, immobile. Le bruit se rapproche de lui puis s'éloigne, signalant le départ de son ancien bourreau. Aucun mot n'est échangé.
Hallucination ou réalité ?
Interrogé par AlloCiné sur cette scène clé, Jafar Panahi explique : "J'ai longtemps hésité à rajouter du dialogue lors de cette scène, puis finalement j'ai préféré qu'elle reste totalement muette. Il est possible d'imaginer que ce son hante l'esprit de Vahid, qu'il n'est pas réel. C'est aux spectateurs d'en décider."
Quant à l'idée de cette séquence, le cinéaste révèle qu'elle est arrivée dès le début de la fabrication du film : "Lorsque j'écris un film, je fonctionne toujours de la même manière : j'écris le début et la fin. Celle d'Un Simple accident était l'une de mes toutes premières idées. Ce n'est que lors de l'étape suivante que je remplis le milieu du film."
Propos recueillis par Thomas Desroches, à Paris, le 23 septembre 2025
Un Simple accident, actuellement au cinéma
publié le 5 octobre, Thomas Desroches, Allociné