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"C'est extrêmement jouissif" : Nina Hazotte (Romane) revient sur son rôle de corbeau dans Nouveau Jour

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Le suspense touche à sa fin. Trois semaines après son lancement, "Nouveau Jour" a levé ce vendredi 18 juillet le voile sur l'identité du corbeau. AlloCiné s'est entretenu avec l'interprète du personnage de Romane, Nina Hazotte.

© Capture d'écran

Après de multiples fausses pistes, on sait désormais qui est le corbeau dans Nouveau Jour qui a pris pour cible le domaine Bartoli : il s'agit de Romane, l'une des femmes de chambre de l'hôtel, avec laquelle Théa s'est liée d'amitié. Romane est en réalité la fille d'Estelle Martinez et de Jonas Vasseur.

Celui-ci est aussi le père biologique de Gabriel, qu'il n'a jamais pu rencontrer. Jonas ne s'est jamais remis de cela et a mis fin à ses jours. Romane tient Louise pour responsable de la mort de son père, car c'est elle qui l'a empêché de renouer le contact avec Gabriel.

À l'occasion de la révélation de l'identité du corbeau, AlloCiné a pu rencontrer la comédienne qui incarne Romane, Nina Hazotte.

AlloCiné : À quel moment avez-vous appris que votre personnage était le corbeau ? Le saviez-vous dès le début, ou cela s'est fait progressivement, au fil des scénarios que vous receviez ?

Nina Hazotte : On m'a dit dès le deuxième casting que mon personnage avait un rôle de corbeau. Je savais que Romane jouait à un double jeu. Mais c'est à la réception des scénarios des premiers épisodes que je me suis finalement rendue compte que l'arche principale du feuilleton portait sur cette intrigue du corbeau.

Les autres comédiens étaient-ils eux aussi au courant ?

Pas du tout, j'étais la seule à le savoir au début. Peut-être deux semaines avant le début du tournage, on a eu une journée où on a été plusieurs à se rencontrer, notamment pour des répétitions. Et en discutant avec les autres comédiens de mon personnage, je me suis rendue compte que personne ne savait que c'était Romane le corbeau. On ne l'avait dit qu'à moi. Je l'ai appris à quelques personnes, mais je me suis aussi dit que c'était rigolo de laisser un peu le doute planer. Les uns et les autres l'ont appris au fur et à mesure sur le tournage.

Comment vous êtes-vous préparée pour jouer ce rôle ?

Ce qui est intéressant avec Romane, c'est qu'elle joue vraiment un double jeu. J'ai décidé de puiser dans ma vie antérieure, avant d'être comédienne professionnelle. J'ai fait des petits boulots, comme serveuse, où il faut toujours être très souriant et poli. Je me suis dit que pour la version de Romane au boulot, j'allais vraiment m'inspirer de ce trait de caractère là et jouer à fond l'employée modèle. Sans forcément penser, au moment de tourner, à toute l'histoire qu'il y avait derrière, et de pourquoi elle faisait ça. Je n'allais pas plus loin dans la réflexion parce qu'il ne fallait surtout pas laisser paraître quoi que ce soit.

Quant à la vraie histoire familiale de Romane, j'avais beaucoup d'informations, plus que d'autres comédiens avec leur personnage. J'ai donc eu de quoi m'inspirer, et j'ai vraiment beaucoup travaillé pour les scènes où Romane fait tomber le masque. J'ai fait un grand travail d'imagination par rapport à son passé et sa relation avec son père, mais aussi sur ses liens avec Louise et la famille Bartoli.

J'imagine qu'il y a un plaisir jubilatoire à jouer un personnage comme celui-ci, qui est plus complexe qu'il n'y paraît. Romane apparaît d'abord comme un personnage secondaire mais se révèle être centrale dans l'intrigue.

Complètement. Je me suis sentie extrêmement redevable à la production. Je les ai vraiment beaucoup remerciés, parce que je trouve que c'est un cadeau de fou, quand on est comédienne et qu'on nous confie un tel rôle. C'est comme si on avait deux fois plus de choses à jouer par rapport à un personnage qui ne montre qu'une facette. C'est extrêmement jouissif, d'autant plus que j'adore travailler en amont mes scènes. Là, j'avais vraiment de quoi faire, avec beaucoup de background sur le personnage. J'ai pu le nourrir, j'ai regardé plein de films... J'ai pris un énorme plaisir à travailler ces premiers épisodes avec le rôle de Romane.

Comment se sont déroulées les scènes où vous êtes face à Héléna Noguerra et Jean-Baptiste Maunier, et que vous les menacez d'une arme dans le cimetière ?

Dans le scénario, il s'agissait de deux séquences, entrecoupées d'une autre séquence, mais on a les tournées d'un coup. Ça nous a permis de prendre plus de temps sur ces scènes-là, que si on avait tourné une séquence puis une autre. Ce n'était clairement pas de trop parce qu'il y avait énormément de choses à jouer, et une intensité émotionnelle assez importante à avoir. Il y a eu aussi un soutien à la cascade pour Jean-Baptiste et moi.

En fait ce qui avait été super, c'est que j'avais déjà tourné beaucoup de scènes des précédents épisodes avec Héléna et Jean-Baptiste. Même si j'étais en mode "Romane employée modèle", je me nourrissais, je les observais et je me demandais comment le personnage de Romane allait vraiment les considérer. Ce n'était pas du tout flou comme préparation, ce qui m'a permis le jour J d'être vraiment là avec eux, et d'être à fond avec leurs personnages.

C'est un cadeau de fou, quand on est comédienne et qu'on nous confie un tel rôle. Il y a aussi un autre élément qui m'a beaucoup aidée, c'est la tombe de Jonas, le père de Romane, que je n'avais pas du tout anticipée. Je ne sais pas, je n'y avais simplement pas pensé. J'étais beaucoup concentrée sur le rapport entre Romane, Louise, Gabriel... mais je n'avais pas pensé aux éléments du décor. Le jour J, quand je suis arrivée au cimetière et que j'ai vu ce que l'équipe avait fait en décoration et en accessoires, et donc la tombe, ça m'a beaucoup touchée. C'est un élément sur lequel je me suis énormément appuyée pour jouer.

Comment se déroule le tournage d'une quotidienne ? Cela doit être assez intense, même s'il semble y avoir une très bonne ambiance entre les comédiens.

Effectivement, l'ambiance générale est super bonne. Je pense qu'on est toutes et tous vraiment très content de faire partie d'un tel projet. Je me souviens du premier jour du tournage, c'était le 14 avril et on était tous là pour le premier clap. On était très nombreux. Je trouve ça formidable d'avoir un casting aussi important, avec à la fois des personnes connues, des personnes moins connues, des personnes qui sont de Montpellier [où Nouveau Jour est tourné, ndlr], à qui la production a décidé de donner cette chance de faire partie d'un tel projet. On pense vraiment qu'on est en train de vivre un truc assez exceptionnel et on est très content de ça.

Après, en terme de rythme, ça va très très vite. C'est vraiment un rythme particulièrement effréné. Je viens plutôt du théâtre et j'ai l'habitude des répétitions, de beaucoup bosser avant de jouer la pièce finale face à un public. Donc là, ça n'a rien à voir comme rythme. J'avais peu d'expérience en audiovisuel avant Nouveau Jour, et je découvre le rythme d'une quotidienne.

Pour ma part, c'est assez bénéfique parce qu'on est obligé d'arriver sur le plateau au taquet, en ayant vraiment bossé. J'avais conscience que j'avais intérêt à arriver vraiment bien préparée parce qu'on n'a pas le temps de répéter et de se mettre tranquillement dans le rythme. C'est assez formateur, même si au début, je ne vais pas vous mentir, c'est assez stressant aussi. On sait bien qu'au bout d'un moment, même si on n'a pas réussi à avoir la bonne prise, il faudra passer à autre chose parce qu'on ne peut pas perdre trop de temps.

Étiez-vous familière en tant que spectatrice de l'univers des feuilletons avant Nouveau Jour ?

Pas du tout, je viens du théâtre et j'ai été beaucoup plus habituée à lire et à jouer des pièces de théâtre. Et je suis une grande spectatrice de cinéma. Mais ce qui est amusant, c'est que plus jeune je regardais tout le temps M6. Quand j'allumais la télé, c'était la chaîne M6 que je mettais systématiquement. En grandissant et notamment en commençant mes études de théâtre, j'ai un peu perdu l'habitude de regarder la télé et j'allais plutôt au cinéma.

Quand j'ai commencé le projet, c'était à la fois nouveau et familier. Depuis un an et demi, je mettais les pieds sur les plateaux de tournage de feuilletons comme Ici tout commence et Un si grand soleil, au sein des équipes techniques. C'était important pour moi d'avoir un autre point de vue que celui de comédienne, de voir l'autre côté de la caméra, et de voir les enjeux des différents métiers de la technique. Donc je me suis débrouillée pour faire une formation d'assistante caméra et pour faire des stages sur les autres séries quotidiennes de la région.

C'est très intéressant, et finalement assez rare comme parcours pour une comédienne.

Quand j'ai fait cette formation, j'étais déjà comédienne professionnelle, j'en vivais déjà. Mais ma première expérience en audiovisuel, ça a été sur la série Face à face il y a 3 ans. Je me souviens vraiment m'être dit "je ne comprends rien, je ne comprends pas le vocabulaire, ni qui sont ces personnes et les différents métiers". En tant que comédienne, j'étais entourée de gens dont je ne connaissais pas les enjeux et ça m'a vraiment dérangée.

Par la suite, j'ai décidé de me former à l'assistanat caméra, aussi parce que je suis une amoureuse de l'image, c'est un des trucs qui me touche le plus dans le cinéma et en audiovisuel. Je me suis dit que c'était l'occasion de découvrir autre chose aussi, qu'on n'apprend pas au conservatoire ou dans les écoles de jeu.

J'ai l'impression, notamment sur Nouveau Jour, de comprendre ce qu'il se passe quand j'observe l'équipe technique travailler. Je n'ai pas besoin qu'on me dise où me placer, ou qu'on me dise où est la lumière pour le savoir. Grâce à cette expérience là, j'ai quand même l'impression d'avoir une longueur d'avance par rapport à d'autres comédiens. Je ne sais pas si je suis claire.

Si, c'est très clair. Ça paraît même évident en fait, tous les acteurs devraient passer par là pour mieux saisir leur métier.

Ce qui est génial avec la quotidienne, c'est que l'équipe technique change toutes les deux semaines. Donc on croise beaucoup de réalisateurs, de techniciens et techniciennes différents et évidemment beaucoup de comédiens et comédiennes. J'ai pu en discuter et j'ai l'impression que ce sont des connaissances que l'on acquiert avec l'expérience quand on est acteur. Il faut se faire la main, essayer de comprendre, poser des questions, mais ça prend du temps. Je suis loin de dire que je suis une experte de la technique, et je n'en ai pas fait assez pour me dire assistante caméra, mais c'est vrai que c'est un apprentissage qui m'a beaucoup servie et qui me sert encore beaucoup aujourd'hui.

C'est aussi génial parce que ça nous sort de notre bulle en tant que comédien. Une fois qu'on dit "action !", tout le monde sur le plateau a les yeux rivés sur les écrans. On peut penser que c'est sur nous, mais en fait on se rend vite compte que pas du tout, on n'est pas du tout au centre de l'attention. Les chefs opérateurs regardent la lumière, les cadreurs regardent le cadre, les ingénieurs du son veillent sur le son... Ça permet d'élargir le point de vue et de se décentrer du projet en tant que comédien.

publié le 18 juillet, Emilie Schneider, Allociné

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