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Des Vivants sur France 2 : "C'était un vrai défi d'écriture"... Le réalisateur Jean-Xavier de Lestrade se confie sur sa nouvelle mini-série adaptée d'une histoire vraie

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Ce lundi soir, France 2 lance la diffusion de "Des Vivants", sa nouvelle fiction événement écrite et réalisée par Jean-Xavier de Lestrade. A l'occasion d'une interview avec AlloCiné, il nous a parlé de ce projet ambitieux.

© What' s Up Films

Après le succès critique de Laetitia et Sambre, Jean-Xavier de Lestrade revient ce lundi 3 novembre sur France 2 avec Des Vivants, une mini-série qui suit le destin de sept rescapés du Bataclan.

A cette occasion, AlloCiné s'est entretenu avec l'auteur et réalisateur pour qu'il nous en dise un peu plus sur cette fiction ambitieuse.

AlloCiné : Après avoir travaillé sur Laetitia et ensuite Sambre, pourquoi avez-vous accepté de travailler sur Des vivants, qui n'est encore pas un sujet facile à traiter ?

Jean-Xavier de Lestrade : Non, c'est sûr que ce n'est encore une fois pas un sujet facile. Et je ne peux pas dire que je me suis plongé dans le projet avec un appétit immense.

Mais j'ai voulu faire la série parce que cela m'a semblé nécessaire. Je trouvais que c'était le bon moment pour que la fiction s'empare de cette histoire et commence à la raconter.

Je pense que si la série s'était faite plus tôt, cela n'aurait pas été bien vécu par les victimes. Mais aujourd'hui, le temps du deuil, du recueillement et de la justice est passé.

Il est désormais temps de se souvenir. Et je crois que la fiction a un rôle très important à jouer dans le fait de raconter ce récit collectif autour d'un drame qui a touché tout le monde.

La série est adaptée du vrai groupe d'otages. J'imagine que vous les avez rencontrés. Comment s'est passé le processus de recherche et l'écriture de la série ?

Nous avons fait un travail totalement inédit avec mon coauteur Antoine Lacomblez. Nous nous sommes donné la contrainte d'écrire les scénarios de la série exclusivement avec les témoignages des potages.

Nous les avons donc tous rencontrés un par an pendant plusieurs heures. Nous avons aussi rencontré les hommes de la BRI ainsi que la psychologue qui a suivi certains des otages et qui était aussi présente lors du Bataclan.

Nous voulions avoir exclusivement ces sources-là. Donc forcément, il n'y a rien de spectaculaire dans ces témoignages. En dehors de ce qu'ils ont subi pendant cette soirée, rien n'obéit aux ressorts classiques de la dramaturgie.

Donc c'était très complexe à construire pour que le spectateur s'attache à eux, et ait envie de les suivre dans la reconstruction. C'était un vrai défi d'écriture.

L'une des qualités de la série, c'est qu'elle ne tombe jamais dans le pathos. Comment est-ce qu'on réussit à trouver ce juste milieu de raconter une histoire aussi forte sans être trop larmoyant ?

C'était le but de la série. Nous voulions montrer que la vie est telle qu'elle est, avec tous ses paradoxes et ses contraires. On peut se retrouver pour parler de manière grave de ce qui s'est passé au Bataclan, et puis trois répliques plus tard, on peut lancer une blague qui va faire rire tout le monde.

Nous voulions trouver le bon équilibre entre tout ce que peut nous offrir la vie. Ils sont victimes. Ils doivent vivre avec ce drame et ce n'est pas facile. Mais ça n'exclut pas l'humour et la joie.

Et c'est l'exploration de cette richesse qui était passionnante dans la série. Finalement, on croit tout savoir sur les victimes, mais quand on s'y attarde, on s'aperçoit que ces parcours sont toujours inattendus.

Il n'arrive jamais ce à quoi on croit s'attendre. Les réactions de l'entourage par exemple sont très différentes d'un rescapé à l'autre. C'est ça qui était passionnant à construire.

Vous aviez déjà travaillé avec Alix Poisson sur Sambre. Est-ce que c'était une évidence pour vous de faire encore une fois appel à elle ?

Dès le départ, j'avais quelques idées pour le casting. Pour le personnage d'Arnaud, j'ai très vite pensé à Benjamin Lavernhe. Pour Grégory, j'avais Antoine Reinartz. Et pour Sébastien j'avais Félix Moati parce que je savais que ça allait bien marcher en termes d'énergie.

Et une fois que j'avais Benjamin Lavernhe, il fallait que je trouve celle qui allait jouer sa femme. Et je savais qu'Alix était très proche du personnage de Marie en termes d'énergie.

Mais il fallait aussi que ça colle avec Benjamin, puisque leur histoire est vraiment une histoire de couple. On a fait des essais et ça a tout de suite bien marché.

La force de la série, c'est aussi la complicité entre les personnages. Est-ce que vous avez fait des essais avec tous les comédiens pour être sûr d'avoir cette cohésion ?

Oui, on a fait des lectures de groupe. On lisait les textes mais on se racontait aussi des histoires. On voulait créer une forme de complicité mais il fallait garder en tête qu'en dehors du couple de Marie et Arnaud, ils ne se connaissaient pas avant le drame.

Ils ont appris à se connaître au fur et à mesure. Donc il ne fallait pas non plus qu'il y ait une trop grande complicité au départ. Mais comme ce sont de très bons acteurs, ils ont réussi à construire les relations au fur et à mesure.

Retrouvez les deux premiers épisodes de Des Vivants ce lundi 3 novembre à partir de 21h10 sur France 2. La série est d'ores et déjà disponible en intégralité sur la plateforme france.tv.

publié le 3 novembre, Lucie Reeb, Allociné

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