Stranger Things saison 5 : on a vu tous les épisodes du Volume 1 et on ne va pas vous mentir
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Après trois ans d'attente, "Stranger Things" saison 5 débarque enfin. On a vu les quatre premiers épisodes et on vous livre notre verdict.
© Netflix
Attention, spoilers ! Cet article révèle certains éléments-clés de l'intrigue de Stranger Things 5, volume 1. Si vous ne l'avez pas encore vu et ne souhaitez pas en connaître la teneur, ne poursuivez pas votre lecture.
Soyons honnêtes : quand on a compris que la saison 5 de Stranger Things sortirait trois ans et demi après la saison 4, on avait nos petites appréhensions. Le casting a vieilli. Millie Bobby Brown, Finn Wolfhard et leurs camarades sont désormais dans leur vingtaine.
Comment croire encore à ces gamins sur leurs BMX qui sauvent le monde avec leurs talkie-walkies et leurs figurines Donjons & Dragons ? Eh bien, les frères Duffer ont trouvé la parade. Et elle fonctionne à merveille. On vous dit ce qu'on pense de cette saison 5... pour l'instant !
Hawkins n'a jamais été aussi sombre
Le Volume 1, composé de quatre épisodes totalisant 4h31, nous replonge dans un Hawkins sous quarantaine militaire. La ville est coupée du reste du monde depuis que les failles vers le Monde à l'Envers se sont ouvertes à la fin de la saison 4.
Fini les parents inquiets, les profs dépassés ou la vie quotidienne d'une petite ville de l'Indiana : ici, il ne reste plus que l'essentiel. Le groupe d'amis, le sinistre labo secret gardé par des soldats, et Vecna... quelque part. Cette épure narrative, loin d'appauvrir la série, la concentre sur ce qui a toujours fait sa force : l'amitié indéfectible d'une bande de gamins face à l'horreur venue d'une autre dimension.
Les quatre épisodes s'enchaînent comme les actes d'un film-fleuve. Le premier, "L'incursion" (1h08), pose les bases : Eleven est en cavale, traquée par la redoutable Docteur Kay (Linda Hamilton, impériale), tandis que le reste de la bande élabore un plan démentiel pour infiltrer le Monde à l'Envers.
Le deuxième, "La disparition de Holly Wheeler" (54 min, avec une scène d'ouverture exceptionnelle), introduit une menace nouvelle : Vecna cible désormais la petite sœur de Mike et Nancy, Holly (adorable Nell Fisher), sous les traits d'un ami imaginaire particulièrement flippant.
L'épisode 4, un sommet d'action et d'émotion
Mais c'est l'épisode 4, "Sorcellerie" (1h23) en français - mais on préfère le titre original, "Sorcerer" (sorcier ou magicien) beaucoup plus juste - qui décoiffe vraiment. Quatre-vingt-une minutes de pur spectacle où grenades, lance-flammes et tirs de mitrailleuses explosent dans tous les sens dans une bataille épique opposant les Demogorgons, l'armée et les jeunes héros d'Hawkins.
Le budget - estimé entre 50 et 60 millions de dollars par épisode - se voit à l'écran. On devine bien l'ambition des Duffer dans chaque plan : celui de livrer un véritable blockbuster, du grand spectacle pop corn fait pour vous en mettre plein la vue. (Et tant pis si certains effets spéciaux piquent un peu les yeux.)
On retient surtout les deux twists finaux qui vous scotcheront au canapé. Si le reste de la saison maintient ce niveau d'intensité, on tient là une conclusion qui ne figurera pas sur la liste des plus ratées de l'histoire des séries.
Des personnages enfin libérés
Au-delà du spectacle pyrotechnique, cette saison 5 réussit aussi là où on ne l'attendait pas : l'émotion. Will (Noah Schnapp), longtemps relégué au second plan depuis son kidnapping dans l'épisode 1 de la saison 1, devient enfin un personnage central. Les frères Duffer revisitent ce moment fondateur et transforment le jeune homme traumatisé en clé de voûte du récit. Son arc narratif, qui explore subtilement son homosexualité et sa quête d'identité, offre certains des moments les plus touchants du Volume 1.
Nancy (Natalia Dyer), elle, s'affirme en journaliste d'investigation déterminée. Elle s'impose de plus en plus comme une héroïne badass à la Sarah Connor ou Ellen Ripley. On a adoré sa réaction après qu'un médecin un rien machiste lui tapote l'épaule en l'appelant "ma chérie". On la sent sur le point de déclencher une rage salvatrice. Et ce n'est pas pour nous déplaire.
C'est plus compliqué du duo Dustin-Steve qui passe des vannes potaches à des disputes de vieux couple. Mais c'est peut-être le prix de l'émancipation pour Dustin (Gaten Matarazzo), en plein deuil et salement amoché émotionnellement depuis la mort d'Eddie.
Quant à Robin (Maya Hawke, lumineuse), elle délivre à Will un speech de motivation, certes digne d'un bouquin de développement personnel pour les nuls, mais pas moins bouleversant pour autant. Et il résume l'ADN de la série : "Connais-toi toi-même. Tu es plus fort que tu ne le penses." On ne peut pas trouver plus bateau, mais c'est tellement juste...
Quelques redites, mais qu'importe
Alors oui, certains éléments deviennent répétitifs. La nuque de Will qui picote quand Vecna approche, "Running Up That Hill" de Kate Bush qui résonne encore (même Kate Bush doit être fatiguée), et une quête qui ressemble beaucoup à celle de la saison 4. Parfois, à force de naviguer entre le monde réel et le Monde à l'Envers, ça brouille légèrement nos repères. Mais ce sont là des détails face à l'ampleur du dispositif.
Frank Darabont (Les Évadés, La Ligne verte), sorti de sa retraite pour réaliser l'épisode 3, a décrit sa contribution comme "l'épisode le plus classiquement Stranger Things". Et il a raison : cette saison 5 renoue avec l'essence de la série tout en la faisant grandir. Les frères Duffer ont compris que pour réussir une fin, il faut revenir au début. Et ils le font avec panache.
Rendez-vous le 26 décembre pour le Volume 2 (épisodes 5 à 7) et le 1er janvier pour le grand final. Si les quatre premiers épisodes annoncent la couleur, Stranger Things pourrait bien signer l'une des conclusions les plus réussies de l'histoire des séries. On ne va pas vous mentir : on a déjà hâte.
publié le 27 novembre, Emilie Semiramoth, Allociné