X-Files : il y a 26 ans, cet épisode de science-fiction entre Titanic et Retour vers le Futur nous a fait voyager dans le temps et c'est l'un des meilleurs de la série
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Diffusé en 1999, cet épisode de "X-Files" nous entraîne dans un étonnant voyage temporel en compagnie de Mulder, dans une enquête où la vérité semble plus insaisissable que jamais ! Retour sur un des épisodes les plus marquants de la série.
© Fox
Durant les années 90, la série X-Files a régalé les fans de science-fiction teinté de polar et d'intrigues surnaturelles. De nombreuses épisodes ont marqué les esprits, comme celui dont nous allons parler aujourd'hui, après avoir décortiqué l'un des plus drôles du show en mai dernier.
Cette fois, nous vous proposons de faire un petit saut de le temps. Nous sommes le 23 septembre 1999 et M6 diffuse le 3ème épisode de la saison 6 de X-Files. Baptisé Triangle, il bénéficie d'une intrigue originale, tissée par le créateur Chris Carter. Il demeure encore aujourd'hui comme un des meilleurs épisodes de la série.
Le grand manitou du show a donné une saveur particulière à sa mise en scène, mettant en place 4 grands actes, le tout filmé de manière à donner l'illusion de longs plans-séquences. De mémoire de fan de X-Files, on n'avait encore jamais vu ça dans la série. Le budget de l'épisode a été très conséquent par rapport à la normale et cela se voit à l'écran.
Mulder sur le Titanic nazi
L'épisode débute avec notre agent préféré, Fox Mulder, à la dérive en pleine mer après le naufrage de son canot. Ce dernier est repêché in extremis par des marins britanniques à bord du paquebot Queen Anne, un monstre des mers disparu en 1939 dans le Triangle des Bermudes et revenu jouer les revenants, entouré d'une brume épaisse.
À peine Mulder a-t-il séché ses vêtements qu'il balance au capitaine une histoire de faille temporelle et de mission interdimensionnelle. Résultat : tout le monde le prend pour un espion nazi. Le ton est donné ! On est un peu dans une ambiance entre Das Boot et Les Visiteurs.
Sauf que... les vrais nazis ne sont pas loin ! Le Queen Anne est pris d'assaut par une escouade de SS menés par un officier qui nous rappelle étrangement quelqu'un... Ce n'est autre que le sosie de l'Homme à la cigarette, infâme bad guy emblématique de la série.
Coincé dans les quartiers du capitaine, Mulder entend à la radio une nouvelle glaçante : la Seconde Guerre mondiale vient d'éclater.
Faille spatio-temporelle
Mais rien n'arrête l'agent du FBI, bloqué dans une faille temporelle à bord d'une sorte de Titanic rempli de nazis. Il met KO un soldat SS ressemblant à Jeffrey Spender, son collègue imbuvable du Bureau, et lui vole son uniforme. Après l'avoir enfilé pour se fondre dans la masse, il atterrit dans une salle de bal où il croise une jeune femme ayant le visage de sa chère Dana Scully.
Le récit fait ensuite un petit tour dans le présent. Les Lone Gunmen débarquent paniqués face à Scully, et lui font une annonce inquiétante : ils n'ont plus aucun signe de vie de Mulder, parti jouer les Indiana Jones des océans sur les traces du Queen Anne.
Ni une ni deux, Scully va tout tenter pour retrouver son partenaire disparu. Sauf que Spender et Kersh, duo de boulets administratifs du FBI, lui mettent des bâtons dans les roues avec un parcours du combattant bureaucratique. Heureusement, le génial et flegmatique agent Skinner dégaine une info classée top secret, directement estampillée Pentagone : le Queen Anne a refait surface, et les choses vont sérieusement se compliquer.
Changement d'atmosphère avec un retour sur le paquebot en compagnie de Mulder, toujours coincé dans sa faille temporelle. Nom de Zeus ! Les vilains nazis finissent par lui mettre la main dessus. Il termine enfermé avec l'équipage dans la salle des machines ; là, l'agent apprend qu'ils cherchent une arme mystérieuse appelée "Artémis".
Sauf qu'Artémis n'est pas un canon à plasma mais un scientifique. Mulder le sait et craque, donne l'information aux nazis, et tente de convaincre les marins de faire demi-tour pour repasser par la faille temporelle, façon Retour vers le Futur 4 : Panzer Edition.
Piège en haute mer
Trahi par un traître planqué parmi les marins, Mulder est amené par les nazis dans la salle de balle. L'Homme à la cigarette de 1939 menace d'exécuter les passagers un par un s'il ne balance pas le scientifique. Mulder résiste et les méchants abattent deux personnes.
Soudain, le sosie de Scully tente d'arrêter le massacre en se déclarant comme étant Artémis. En réalité, c'est un agent de l'OSS (Office of Strategic Services, le service de renseignement américain pendant la guerre) en charge de protéger le scientifique. Mais le vrai Artémis se dénonce.
Juste au moment où les nazis s'apprêtent à abattre Mulder et sa Scully du passé, les marins britanniques débarquent pour le combat final. Une bagarre éclate et nos deux héros parviennent à s'échapper dans le tumulte.
Après cette séquence d'action haletante, l'histoire nous offre une respiration avec un retour dans le présent. Scully fait toujours chauffer les lignes secrètes du Pentagone pour retrouver Mulder. Spender fait son Spender, Kersh joue les bureaucrates patibulaires, mais Skinner finit par lâcher les infos top secret. Les Lone Gunmen mettent aussi la main à la pâte (et aux claviers), et le Queen Anne est retrouvé... vide. On est alors dans une ambiance Shining des océans.
Un dénouement captivant et décalé
On repart une dernière fois en 1939 : Mulder et sa fausse Scully sont sur le point de se faire tuer quand surgit le sosie de Skinner ! C'est un agent américain infiltré et sauveur de dernière minute. Mulder embrasse alors le sosie de sa partenaire au FBI, qui ne se fait pas prier pour lui asséner un coup de poing dans la mâchoir.
Mulder plonge ensuite dans l'océan pour regagner le présent. Il est retrouvé flottant sur les eaux et se réveille à l'hôpital, entouré de Scully, Skinner et des Lone Gunmen. Il tente de leur raconter son odyssée à la sauce nazi et voyage temporel, mais tout le monde le regarde comme s'il avait sniffé un dossier classé X.
Avant de partir, Scully, entre exaspération et tendresse, roule des yeux. Mulder lui balance un "Je t'aime"... Elle y répond par un regard incrédule. Mulder se rend compte que sa mâchoire le fait souffrir. Et c'est la fin de l'épisode.
Chris Carter inspiré
S'inspirant du court-métrage français de Robert Enrico, La Rivière du hibou, Chris Carter développe cette histoire de faille temporelle avec passion. Egalement influencé par La Corde d'Alfred Hitchcock, il parvient à convaincre le studio Fox de lui octroyer un budget de 4 millions de dollars pour réaliser cet épisode, au lieu des 2,5 millions habituels.
L'ambiance était très détendue sur le plateau, bien que le défi technique et artistique était de taille. Gillian Anderson et David Duchovny se sont visiblement bien amusés à donner vie à cet épisode un peu fou, considéré encore aujourd'hui comme un des plus aboutis du show.
Classé 10ème meilleur épisode de la série par le magazine Empire, ce bijou est qualifié de véritable "lettre d'amour aux fans. Visuellement magnifique, il jongle avec un tel aplomb entre le passé et le présent et les écrans divisés qu'on est parfois tenté de revenir en arrière et de le regarder à nouveau juste pour l'apprécier à sa juste valeur."
publié le 8 août, Vincent Formica, Allociné