X-Files : il y a 27 ans, cet épisode mémorable a fait trembler des millions de fans, et Stephen King y est pour quelque chose
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Si vous êtes fan de la série culte "X-Files", vous vous souvenez sûrement de cet épisode mythique écrit par le maître de l'horreur en personne, Stephen King ! Retour sur un des moments les plus marquants de la saga.
© Fox
Le 8 octobre 1998, les fans de X-Files s'installent confortablement pour découvrir le 10ème épisode de la saison 5 de la série culte : La Poupée. Il s'agit d'une histoire très spéciale, concoctée par le maître de l'horreur en personne, Stephen King !
Le maestro de l'angoisse aux frontières du réel
Fan absolu du show paranormal, l'auteur de Carrie et Shining a écrit le scénario de l'épisode, en collaboration avec le créateur de la série, Chris Carter. C'est en rencontrant David Duchovny en 1995, lors d'une émission télévisée, que Stephen King a émis le souhait d'écrire un script pour la célèbre série.
L'écrivain prend alors sa plume, et nous rédige un scénario mettant en scène une poupée maléfique à la Chucky ou Annabelle. Il nous emmène à Amma Beach, paisible station balnéaire du Maine... enfin, paisible jusqu'à ce qu'une fillette prénommée Polly et sa poupée flippante fassent un détour par le supermarché local.
En quelques secondes, c'est la boucherie au sens littéral : les clients se griffent les yeux, le boucher se plante un couteau dans l'oeil, et l'ambiance devient tout sauf familiale. Heureusement, une certaine Dana Scully, en vacances dans le coin (même en repos, les ennuis la suivent comme une malédiction), tombe pile sur la scène de carnage.
Sorcellerie et poupée maudite
De son côté, Mulder est coincé au bureau, en manque de phénomènes inexpliqués. Il saute sur l'occasion pour parler de sorcellerie, mais Scully tente de garder son calme scientifique... et son déjeuner. Rapidement, elle découvre que Melissa Turner, la mère de Polly, et sa fille sont les seules à ne pas avoir été touchées par la folie collective. Coïncidence ? Mulder ne le croit pas.
Le shérif local, Jack Bonsaint, ajoute une couche de soap opera en révélant que le boucher décédé était fou amoureux de Melissa, veuve d'un marin disparu dans des circonstances aussi brumeuses que les criques du Maine.
Scully interroge alors un pêcheur qui collaborait avec le mari de Melissa. Ce dernier lui confie qu'il est mort peu de temps après avoir repêché une vieille caisse, renfermant une poupée qu'il a offert à sa fille. On comprend alors la probable origine du Mal.
Pendant ce temps, les morts s'enchaînent façon Destination Finale, comme cette vendeuse dont les cheveux se prennent dans un mixeur, ou cette vieille dame qui se tranche la gorge toute seule. Et tout cela se déroule toujours autour de la petite Polly et de sa poupée au regard de plastique meurtrier.
Melissa, désespérée, tente de fuir, de brûler la maison, voire de se sacrifier pour briser la malédiction. Mais la poupée a d'autres projets ! Heureusement, Scully intervient au bon moment, récupère la poupée et... l'enfourne dans le micro-ondes ! Polly et sa mère peuvent enfin souffler, délivrées de la malédiction.
Mais comme on est dans X-Files, le mal ne meurt jamais vraiment. La dernière scène nous montre la poupée carbonisée, retrouvée dans un casier à homards, toujours animée. Elle est prête pour un nouveau carnage !
Un épisode qui a fait couler beaucoup d'encre
Cet épisode mémorable a beaucoup divisé les fans lors de sa diffusion, mais reste tout de même un des plus marquants de la série. Les critiques les plus récurrentes évoquaient le ton du récit, qui aurait sûrement gagné à jouer à fond la carte de la dérision. Selon la presse de l'époque et certains fans, l'épisode a mal géré l'humour, ne sachant pas trop sur quel pied danser.
Cela pourrait s'expliquer par la production un peu chaotique de La Poupée, avec notamment des désaccords entre la vision de Stephen King et celle de Chris Carter. Ce dernier a d'ailleurs dû réécrire de nombreux passages, notamment les dialogues entre Mulder et Scully, qui ne fonctionnaient pas. Du reste, le réalisateur Kim Manners dira que le script final possèdait plus la patte de Chris Carter que celle de Stephen King.
Stephen n'était pas habitué à écrire pour Mulder et Scully, et l'histoire qu'il avait imaginé pour eux ne marchait pas vraiment. "Stephen n'était pas habitué à écrire pour Mulder et Scully, et l'histoire qu'il avait imaginé pour eux ne marchait pas vraiment. Nos histoires doivent se dérouler d'une certaine façon. On ne peut pas aller de l'avant sans les personnages principaux. Les téléspectateurs ne peuvent pas voir ce que Mulder et Scully ne voient pas", a confié Chris Carter dans le livre Resist Or Serve : The Official Guide to the X-Files, Volume 4 d'Andy Meisler.
Chris Carter a tellement remanié et condensé le scénario de King qu'il a finalement été crédité comme co-scénariste. C'est d'ailleurs lui qui a eu l'idée de séparer Mulder et Scully, en recentrant l'intrigue sur cette dernière, en vacances, mais entraînée malgré elle dans une étrange affaire locale.
Malgré cette réécriture, l'épisode conserve plusieurs éléments typiques de Stephen King. L'action se déroule dans le Maine, décor récurrent de ses romans, et met en scène un enfant capricieux à l'origine de phénomènes catastrophiques, une poupée maléfique et des thèmes liés à la sorcellerie.
Si vous voulez (re)voir cet épisode culte, X-Files est disponible en intégralité sur Disney+.
publié le 31 octobre, Vincent Formica, Allociné