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Clara Luciani, drag queens... La Femme a foutu le bordel pour son dernier concert à Bercy

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Hier soir, La Femme a donné son premier et dernier concert à l'Accor Arena de Paris. Entre music-hall et drag show, le groupe français a livré un show énergique et délicieusement barré, le dernier avant une grande pause. Nous y étions.

© Laurent Chouard

Laurent Chouard« La Femme est l'avenir du rock » titraient Les Inrockuptibles en 2016. Une prophétie qui, une décennie plus tard, s'est réalisée. Car la joyeuse bande française a promené son univers décalé aux quatre coins de la planète, multipliant les albums (dont quatre sont sortis depuis 2021) et surtout les concerts, pour se tailler une solide réputation. La consécration ? Elle a lieu ce mercredi 26 novembre 2025. La Femme remplit enfin l'Accor Arena de Paris, en climax d'une carrière débutée il y a 15 ans. Une première aux allures de dernière pour le groupe qui, suite à cette date, va prendre une longue pause pour se concentrer sur des projets solos. Dont celle de son chanteur principal Marlon Magnée, lancée il y a quelques jours avec un premier single. Une ultime fête à l'image de La Femme, aussi barrée qu'électrique. La fin n'est pas définitivement actée mais le mystère reste entier, d'autant plus quand ils le répètent : « Rien ne sera jamais plus comme avant ».

Clara Luciani en invitée surpriseC'est une immense tête de femme gonflable qui accueille les 15.000 spectateurs pour un dernier tour sous les airs psychédéliques de "My Generation". « Bercy, on y est, on l'a fait ! » clament d'emblée les deux chanteurs Sacha Got et Marlon Magnée. Avec leurs acolytes, ils ont conçu cet « ultime concert » comme une véritable célébration de leurs 15 ans de carrière. Et un retour immédiat vers le passé avec l'inévitable "Où va le monde ?", balancé en deuxième piste. Premier classique et première surprise : le DJ Pone, pour qui ils avaient ouvert à l'époque, débarque pour scratcher sur "Nouvelle-Orléans". Sur l'avancée, un danseur multiplie les contorsions looké en cowboy. Yee-haw !

Et soudain Clara Luciani débarque ! Celle qui a fait ses premières armes au sein de La Femme retrouve la formation le temps d'un superbe "It's Time To Wake Up", dans une version trippante qui s'étale sur près de 10 minutes. Clara vient puis repart en coulisses, telle une apparition céleste ovationnée par le public qui espérait secrètement ce moment. L'autre grand retour, c'est celui de Clémence Quélennec. Chanteuse phare du groupe jusqu'en 2019, celle qui évolue désormais sous le nom de scène Aja a scellé ses retrouvailles avec la bande pour le plus grand plaisir de tous. Comme une réunion des anciens. Et elle a largement volé la vedette à tout le monde en changeant de costume et de coiffure à chaque titre. « Ça rappelle le bon vieux temps » lui lance Marlon Magnée, avant d'entonner "Nous étions deux", morceau phare de leur premier album "Psycho Tropical Berlin" (2013) qui a marqué une génération.

Entre le music hall et le ballroomLe reste ? C'est 2h20 d'un concert absolument dingue et hypnotique, multipliant les moments de grâce, de délire et de puissance. Armée d'un superbe jeu de lumières, la bande accueille sur scène de nombreux danseurs et drag queens pour des chorégraphies virevoltantes dans des costumes excentriques, entre femme fatale, divinité dorée et danseuse de flamenco. À mi-chemin entre le music hall et une ballroom, justement. Il y a de ça chez La Femme : un joyeux bordel certes, mais aussi un joyeux mélange des genres savamment orchestré. Surf rock, variété, country, électro, rock, new-wave, disco, ambiances orientales et même shoegaze sur l'énorme "Love is Over". Sans jamais sembler hors propos.

À Bercy, La Femme réussit tout ce qu'il entreprend. Que ce soit d'instaurer une ambiance aérienne sur "Vagues", morceau fleuve de 13 minutes, de se la jouer karaoké sur "Elle ne t'aime pas", de créer un pogo sur "Paris 2012", "Antitaxi" et le bien-nommé "Foutre le bordel" ou de transformer l'Accor Arena en club géant sur l'hymne "Sur la planche 2013", voyant les deux compères Marlon et Sacha surfer littéralement dans la fosse pour un bain de foule. Avant de terminer son concert (et sa carrière ?) sur une note électrique : "I Believe in Rock and Roll". Mantra adopté par 15.000 fêtards, assurés d'avoir été témoins d'une date essentielle dans l'histoire du groupe. À moins que ce ne soit véritablement la dernière. Le passé, le présent, et toujours l'avenir du rock français.

Setlist du concert de La FemmeMy Generation

Où va le monde

Cool Colorado

Nouvelle-Orléans

It's Time to Wake Up (2023) (avec Clara Luciani)

La femme

Elle ne t'aime pas

Paris 2012

Packshot

Love Is Over

Clover Paradise

Mycose

Sweet Babe

Sacatela

Ciao Paris!

Pasadena

La femme ressort

Sphynx

Goodbye Tonight

Nous étions deux

Télégraphe

Foutre le bordel

Rappel :

Vagues

Sur la planche

Antitaxi

I Believe in Rock and Roll

publié le 27 novembre, Théau BERTHELOT, Purecharts

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