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Noah Kahan : on a écouté le nouvel album du chanteur américain phénomène, notre avis

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Phénomène aux États-Unis, Noah Kahan revient dans les bacs ce vendredi avec son quatrième album "The Great Divide". Un disque rêveur, nostalgique et intime qui a tout pour séduire la France, alors que l'artiste folk vient de remplir un Bercy en quelques heures. Notre critique !

© Patrick McCormack

Patrick McCormackLa pochette en sépia montre deux enfants jouer dans l'herbe devant une fenêtre. Un instantané de l'enfance mais aussi une note d'intention claire. Si le qualificatif d'album le plus personnel est utilisé ad nauseam, il convient parfaitement à "The Great Divide", quatrième livraison ultra attendue de Noah Kahan. Depuis l'énorme succès viral de son titre "Stick Season" il y a trois ans, le chanteur originaire du Vermont est devenu le nouveau phénomène de la folk américaine, capable de remplir les plus grands stades de son pays. En France, où il reste encore relativement inconnu, il s'apprête à faire salle comble à l'Accor Arena, lieu mythique qu'il a rempli en quelques heures malgré des prix élevés.

Un disque intime tel un appel à l'évasionSur "The Great Divide", Noah Kahan se fait le chantre de l'Amérique des laissés pour compte. Celle qu'ont magnifié Chloe Zhao, Kelly Reichardt ou Sean Baker à l'écran. Là réside probablement la "grande fracture" qui donne son nom au projet. Tel un poète des temps modernes, Kahan conte sa propre histoire pour raconter celle de l'Amérique, jamais noire ni blanche, mais toujours avec ses zones de gris. Ses souvenirs d'enfance, l'isolement, les relations complexes, l'évasion, la célébrité et le regard des autres sont autant de thématiques qui traversent le disque, comme un livre autobiographique en 17 chapitres, conçus avec l'aide d'Aaron Dessner, guitariste du groupe The National et désormais producteur de renom pour Taylor Swift et Ed Sheeran.

Ces 77 minutes de musique, on les passe comme devant un écran projetant des films Super 8 d'une enfance révolue où les rêves d'ailleurs ne se sont jamais concrétisés. « Tout ce que tu vois ici va mourir » chante-t-il dès la sublime ouverture "End of August", à l'image de ces nombreuses petites villes américaines autrefois flamboyantes et aujourd'hui fantomatiques. On se croirait aussi assis à l'arrière d'un pick up, à voir les forêts de sapins défiler comme les plaines désertiques. Deux faces d'une même pièce, d'une même Amérique. Et d'un même disque où se côtoient titres rock springsteeniens taillés pour les stades ("American Cars", "The Great Divide") et ballades country douces-amères plus introspectives ("Downfall", "Paid Time Off", "Porch Light").

Disque de l'introspection, "The Great Divide" vient prouver l'immense talent de Noah Kahan, désormais figure phare de la scène country-folk américaine, qui connaît un nouvel essor ces derniers temps. Si Morgan Wallen et Zach Bryan s'imposent en stars mainstream et qu'Orville Peck s'impose en icône queer, Kahan prendrait plutôt le rôle du poète mélancolique. Doux paradoxe : cette intimité sincère résonnera dans les immenses stades qu'il remplira dès cet été.

publié le 23 avril, Théau BERTHELOT, Purecharts

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