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"On était très proches" : ému, Bernard Lavilliers rend hommage à Jimmy Cliff

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Le monde de la musique est en deuil après la mort de Jimmy Cliff. Bernard Lavilliers lui rend hommage et se remémore de la naissance de "Melody Tempo Harmony", leur duo à succès dans les années 90 : "Ça fait un choc".

© Bestimage

BestimageJimmy Cliff n'est plus. Le chanteur jamaïcain est mort à 81 ans des suites d'« une crise d'épilepsie suivie d'une pneumonie ». Si le public retient surtout de lui les tubes "Reggae Night" ou "I Can See Clearly Now", l'artiste phare du reggae a connu un joli succès en France, où il a vendu plus de trois millions de disques. Sa chanson "Many Rivers to Cross", datant de 1969, cartonne dans les années 80 suite à son utilisation dans une pub pour le parfum "Eau jeune", avant qu'il ne partage un duo avec Bernard Lavilliers sur "Melody Tempo Harmony" en 1995. Aujourd'hui, le chanteur stéphanois de 79 ans est sous le « choc ». « On avait presque le même âge. On était très proches depuis l'époque où l'on avait fait "Melody Tempo Harmony" ensemble. Ça me fait un drôle d'effet parce que c'était quelqu'un d'extrêmement positif » se remémore Bernard Lavilliers dans les colonnes du Parisien, rappelant que Jimmy Cliff a commencé sa carrière bien avant Bob Marley.

"NRJ a diffusé la chanson 8 fois par jour"Fan inconditionnel de reggae, Bernard Lavilliers a rencontré Jimmy Cliff au début des années 90 par l'intermédiaire de Pascal Nègre : « On a longuement parlé. Il savait que je connaissais bien la Jamaïque. Il connaissait mes chansons reggae "Kingston" et "Stand the Ghetto". Et surtout, il se demandait comment je m'étais débrouillé en tant que blanc dans cette ville, surtout à l'époque, en 1979, comment j'avais rencontré Bob Marley... ». De cette rencontre naît la chanson "Melody Tempo Harmony". La chanson, publiée en 1995 sur la réédition de l'album "Champs du possible", est une relecture du titre "Grosse galette" parue sur la version originale du disque. Ce futur hit reggae « de gangster » mais « plein d'humour », Jimmy Cliff accepte de l'enregistrer puisque le texte n'est pas politique. Et c'est en Jamaïque, forcément, que le duo voit le jour. « Je suis allé directement dans sa maison, répéter avec son groupe. Il y avait une partie des musiciens dans le jardin parce que les cuivres ne rentraient pas dans la petite salle d'enregistrement » se remémore-t-il.

« Content » du résultat, Bernard Lavilliers ne se doutait absolument pas que "Melody Tempo Harmony" allait devenir un des classiques de son répertoire : « Quand je suis rentré (...) ma soeur m'a dit : "Tu te rends compte que tu passes sans arrêt à la radio ?" Je n'étais absolument pas au courant. Ce qui m'a étonné, c'est que des radios qui ne me passaient jamais, comme NRJ, se sont mises à diffuser la chanson huit fois par jour. Ces mecs qui te disent que tu es mort et qui te passent en boucle comme une bête après... ». Pourtant, malgré cette belle alchimie, il n'a jamais retravaillé avec la star reggae : « voulait que je lui écrive des chansons. Il fallait que je le voie pour ça. Ce que je n'ai jamais eu le temps de faire ou l'inspiration. Je l'ai recroisé. La dernière fois, c'était il y a cinq ou six ans ».

Et Bernard Lavilliers de conclure qu'il n'a jamais vraiment apprécié "Reggae Night", qui reste pourtant le plus gros tube de Jimmy Cliff : « Ce n'est pas ce que je préfère, mais ça a marché très fort. C'était très joyeux encore. (...) "Reggae Night", ça a un côté Club Med quand même. Je lui avais dit. Il m'avait répondu : "Il faut bien que je gagne ma vie !" ».

publié le 24 novembre, Théau BERTHELOT, Purecharts

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