"Pourquoi associer vos idées à une immigrée ?" : Theodora recadre Jordan Bardella et le Rassemblement national
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Theodora sort de ses gonds. Dans une publication sur Instagram, la chanteuse s'emporte contre l'utilisation de son tube "Melodrama" dans une vidéo du Rassemblement national. "Je ne partagerai jamais vos idées" tacle-t-elle, en colère.
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BestimageC'est un sujet qui secoue le monde de la musique, aux États-Unis comme en France. Depuis la signature d'accords de licence entre Universal et Warner Music Group, deux des majors de l'industrie musicale, et le groupe Meta, qui détient Facebook, Instagram ou WhatsApp, les partis politiques n'hésitent plus à piocher dans les catalogues disponibles pour utiliser des chansons très populaires afin d'accroître la viralité de leurs contenus, et donc de diffuser leurs messages à plus grande échelle. De l'autre côté de l'Atlantique, l'affaire Sabrina Carpenter vient de faire grand bruit. La popstar américaine s'est révoltée contre l'utilisation de son tube "Juno" par le gouvernement de Donald Trump dans une compilation montrant l'arrestation d'immigrés clandestins. « Cette vidéo est diabolique et répugnante. Ne m'impliquez jamais, ni ma musique, pour servir vos desseins inhumains » s'est insurgée la star aux 50 millions d'abonnés, rejoignant une vague de mécontentement impliquant d'autres artistes comme Olivia Rodrigo ou SZA.
En France, un cas similaire vient d'entrainer une réaction ferme de Theodora. Véritable révélation de 2025 grâce à son tube "Kongolese sous BBL" et le succès de la mixtape "Mega BBL" (217.000 ventes), l'artiste de 22 ans, qui sera la tête d'affiche du festival We Love Green 2026, a pris la plume durant le week-end pour protester contre l'utilisation du plus gros succès du moment, son duo "Melodrama" avec Disiz, dans une vidéo du Rassemblement national datant du 29 novembre. Le président du parti d'extrême droite, Jordan Bardella, s'y met en scène dans divers déplacements alors que résonnent un extrait du titre numéro un en France depuis neuf semaines consécutives. "Je ne partagerai jamais vos valeurs"Outrée, Theodora hausse le ton. « À l'attention de toutes les personnalités qui utilisent ma musique ou mon image pour promouvoir une politique d'extrême droite : Je ne peux pas comprendre que vous, qui ne me considérerez jamais comme pleinement française, tiriez profit de mon travail pour défendre des positions que je combats et auxquelles je n'ai jamais voulu être associée » indique-t-elle dans une story Instagram. L'interprète de "Fashion Designa" est d'autant plus déconcertée que ses parents sont originaires du Congo, un pays qu'ils ont quitté pour fuir le régime. Theodora, née en Suisse, a successivement vécu en Grèce et à la Réunion avant d'atterrir en France métropolitaine. Tout ce que l'extrême droite, qui a fait de la lutte contre l'immigration son cheval de bataille, cherche donc à combattre. « Expliquez-moi : pourquoi associer vos idées à une œuvre créée par une immigrée congolaise ? » se questionne Theodora, qui le clame sans ambiguïté : « Je ne partagerai jamais vos idées, vos valeurs ni vos projets politiques néfastes, dangereux et profondément méprisants envers des personnes comme moi ».
La chanteuse termine sa missive en « les mots de Zaho de Sagazan », « avec la même gravité » dit-elle : « N'utilisez pas les mots des artistes si vous n'agissez pas pour les vies qu'ils défendent ». « Et cela vaut pour toutes les personnalités politiques » conclut l'artiste. À l'été 2024, Zaho de Sagazan avait pris part à un rassemblement appelant à un Front démocratique contre l'extrême droite sur la Place de la République, à Paris, en changeant les paroles de sa chanson "Tristesse" pour scander « RN dégage de là ». Début décembre, Theodora avait suscité beaucoup de réactions en affirmant que « la France est un pays raciste » dans un magazine américain.
publié le 15 décembre, Yohann RUELLE, Purecharts