Après la prise de parole de Jean Dujardin sur son omniprésence au cinéma, le magazine Télérama lui répond sans détour
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Le cinéma français est-il confisqué par une poignée de têtes d'affiche ? Après la Une du magazine "Télérama" dénonçant le manque de renouvellement des castings, Jean Dujardin avait riposté. De quoi faire sortir "Télérama" du silence.
Fin février, le magazine Télérama jette un pavé dans la mare avec une Une cinglante. Leur constat : le cinéma français serait monopolisé par une poignée d'acteurs et d'actrices. Jean Dujardin, parrain d'honneur à la treizième édition des Gants d'Or, qui célèbre les figures marquantes de la boxe belge, toutes générations confondues, à Bruxelles, Belgique. © Alain Rolland/ImageBuzz/Bestimage - © BestImage, ALAIN ROLLAND/ IMAGEBUZZ/ BESTIMAGE
Fin février, le magazine Télérama a jeté un véritable pavé dans la mare de l'industrie cinématographique française avec une couverture choc remettant en cause l'omniprésence de certains acteurs et actrices sur nos grands écrans. Et pour appuyer leur propos, nos confrères ne se sont pas contentés de suppositions, mais bien de données chiffrées implacables. Le constat est effectivement saisissant quand on épluche les statistiques de ces cinq dernières années. Du côté des comédiennes, Marina Foïs explose les compteurs avec pas moins de 19 projets à son actif, talonnée de très près par Adèle Exarchopoulos (18) et Camille Cottin (16). Chez les hommes, la tendance est tout aussi flagrante avec un Pio Marmaï hyperactif affichant 17 apparitions, suivi de Pierre Niney (14 projets), ou encore Gilles Lellouche et Romain Duris (12 chacun). Ces chiffres donnent inévitablement du grain à moudre à la publication, qui déplore un système fonctionnant en vase clos, où les mêmes visages semblent accaparer l'écrasante majorité des productions importantes.
Piquée au vif, une partie de la profession s'était rapidement soulevée pour contester cette vision des choses. Et parmi les personnalités visées par cette enquête, c'est un visage bien connu du grand public qui avait décidé de monter au créneau pour se défendre : Jean Dujardin. À 53 ans, l'acteur fait indiscutablement partie des monstres sacrés de notre cinéma. Et celui qui a partagé la vie d'Alexandra Lamy du temps d'Un gars, une fille, n'est pas du genre à garder la langue dans sa poche. Oscarisé pour The Artist et inoubliable dans OSS 117 ou Brice de Nice, il avait donc tenu à répondre à la polémique. Sa réaction ? Un mélange de lassitude et d'incompréhension face à ce qu'il considère comme une attaque gratuite. "Non elle [la Une, ndlr] est pas légitime. Ça c'est un coup de pub, ils ont besoin d'exister", avait-il d'abord lâché, lors d'une interview pour TF1. L'acteur était ensuite entré dans le détail de son propre emploi du temps pour prouver sa prétendue rareté : "Moi, allez chercher, je fais un film par an. Vous ne m'avez pas vu depuis 2 ans." Mais, Jean Dujardin est-il vraiment si absent des radars ?
Télérama revient sur les propos de Jean Dujardin et met à mal l'argumentaire de l'acteurFace à la justification de l'acteur, Télérama est sorti du silence. Selon eux, si l'on se penche sur le tableau précis de ses activités sur la fameuse période, le comédien n'a pas tout à fait tort sur le volume, mais la réalité est un brin plus nuancée. Avec un total de 8 productions en cinq ans (5 films, 2 séries et 1 voix), il est effectivement très loin de l'hyperactivité d'un Pio Marmaï ou d'une Virginie Efira. Mais là où le bât blesse, et c'est très exactement ce que souligne le fond du dossier du magazine, c'est sur la nature de ses apparitions. Sur ses 8 productions récentes, Jean Dujardin a raflé la mise à chaque fois. En tout, il affiche 8 rôles principaux au compteur. Aucune apparition secondaire, aucun rôle de soutien. Quand l'acteur s'engage, il occupe donc systématiquement la première place sur l'affiche, invisibilisant, malgré lui, d'autres acteurs et actrices. Une logique injuste, selon le magazine.
publié le 17 avril, Maurine Blum , Purepeople