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EXCLU Deux ans après sa victoire dans Koh-Lanta, Frédéric Khouvilay a changé de vie professionnelle : "C'est une première et un gros pari"

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Vainqueur de "Koh-Lanta" en 2023, Frédéric Khouvilay a ouvert son propre bar à cocktails à Paris. Cinq mois après l'inauguration du "Quinagua", et alors qu'une nouvelle saison du jeu de TF1 débute ce 3 mars 2026, il raconte les détails de ce pari entrepreneurial qui occupe toutes ses soirées et revient bien sûr pour "Purepeople" sur l'aventure de survie qui a changé le cours de son existence.

Frédéric Khouvilay a ouvert il y a quelques mois un bar à cocktail dans Paris. Exclusif - Frédéric Khouvilay (Koh-Lanta) pose dans son restaurant Kinagua à Paris, France. Photo de Jerome Domine/ABACAPRESS.COM - © Abaca Press, Domine Jerome/ABACA

En cette mi-février, la pluie tombe à verse sur Paris. On est loin, très loin des plages paradisiaques des Philippines où Frédéric Khouvilay a signé sa victoire dans Koh-Lanta en 2023. C'est pourtant ici, loin du sable blanc et des épreuves sous le soleil, qu'il nous reçoit. Alors qu'il s'apprête à accueillir ses premiers clients du jour, il ouvre à Purepeople un peu en avance les portes du Kinágua, le bar à cocktails niché dans une petite rue du 2e arrondissement à Paris, qu'il a inauguré il y a quelques mois. Un projet qu'il a pu concrétiser, en partie, grâce à son succès dans Koh-Lanta qui fait son grand retour à l'antenne ce mardi 3 mars sur TF1.

Purepeople : On vous quitte sur une plage, on vous retrouve derrière un bar, racontez-nous ?Frédéric Khouvilay : Je suis un pur produit de la restauration. J'ai fait l'école hôtelière, découvert le métier à 16 ans et le bar à 18 ans. J'ai toujours eu ce rêve d'ouvrir un bar à cocktails. Entre-temps, je me suis formé, j'ai passé un BTS hôtellerie-restauration, une licence en management hôtelier et j'ai beaucoup voyagé. J'ai acquis une expérience autodidacte en mixologie et découvert des saveurs que j'ai aujourd'hui retranscrites dans mon établissement : le Kinágua. C'est mon retour de Koh-Lanta qui a tout déclenché. Cette aventure m'a ouvert les yeux et m'a donné l'impulsion nécessaire pour réaliser ce projet de longue date.

C'est le premier établissement qui vous appartient ?Oui. J'ai dirigé de nombreux restaurants et bars par le passé, mais c'est la première fois que je suis en gérance et que j'ouvre un lieu à mon nom. C'est une première et un gros pari.

Quand avez-vous ouvert ?Cela fait cinq mois. On est très contents, ça marche plutôt pas mal. Le lieu était déjà un bar à cocktails, mais nous l'avons totalement transformé pour créer une ambiance chaleureuse, un peu lounge, proche de celle des grands hôtels. L'idée est d'avoir un environnement cosy et classieux à Paris.

Frédéric de Koh-Lanta : " Au retour de l'île, je n'arrivais plus à exercer un métier qui ne me passionnait pas." Quelle est la particularité du Kinágua ?On fonctionne en service à table. Les clients viennent, s'assoient et on vient prendre leur commande. Personne ne consomme debout. Le bar est comme une œuvre d'art. Côté carte, tout est de moi. Elle est inspirée de mes rencontres et de mes voyages. Que ce soit avec ou sans alcool, l'idée est de proposer des saveurs uniques.

Quel a été votre principal défi lors de la reprise de ce lieu ?La difficulté majeure était de se faire connaître. On a racheté le fonds de commerce d'un bar qui fonctionnait, mais le concept, le cadre et la carte sont radicalement différents. Il a fallu faire adhérer les anciens clients à ce nouvel univers. Le Kinágua, c'est la fusion entre l'Asie et le Portugal. Mon associé, Damien, est Portugais ; je suis Asiatique. On adore ces deux cultures qui partagent des valeurs communes comme la famille et la passion du produit. Le nom lui-même est un mélange. Au Laos, d'où je suis originaire, pour dire "boire", on dit Kinam (littéralement "manger l'eau"). On a remplacé l'eau (naam) par l'eau portugaise (agua). C'est devenu Kinágua.

Les gains de votre victoire en 2023 dans Koh-Lanta vous ont-ils aidé à lancer ce projet ?Les gains ont donné un coup de boost financier, c'est certain, mais le projet existait bien avant. À l'époque, j'étais directeur commercial dans le conseil, mais mon esprit était déjà dans la restauration. Au retour de l'île, je n'arrivais plus à exercer un métier qui ne me passionnait pas. J'ai arrêté mon travail pour me consacrer à 100 % au projet. Si je n'avais pas gagné, le bar se serait fait quand même. Ce n'est pas "le gagnant de Koh-Lanta qui a monté son bar", c'est un passionné avec 12 ans d'expérience qui réalise son rêve.

On imagine que des clients viennent aussi voir Frédéric, le candidat de Koh-Lanta...C'est vrai, et c'est touchant. Le bar est devenu un point d'ancrage où les fans sont sûrs de me trouver. Certains viennent de Strasbourg, de Bretagne ou du sud de la France et prévoient une visite au Kinágua dans leur planning parisien.

"Ce qui m'énerve le plus, c'est quand on m'aborde alors que je suis avec ma femme, sans même lui adresser un bonjour."Comment gérez-vous votre notoriété ?C'est particulier. Je n'ai pas fait l'émission pour être reconnu ; je suis plutôt du genre "vivons cachés, vivons heureux". Parfois, c'est intrusif. Les gens vous voient dans leur salon à la télé pendant des semaines et croient que vous êtes leur pote. Se faire accoster dans la rue avec un tutoiement immédiat, ou voir des gens prendre une photo sans demander ni dire bonjour, c'est parfois pesant. Ce qui m'énerve le plus, c'est quand on m'aborde alors que je suis avec ma femme, sans même lui adresser un bonjour. Mais globalement, les gens restent bienveillants.

Vous êtes présent au bar tous les jours ?Absolument, de 18 h à 2 h. Je suis le seul des trois associés à avoir l'expérience du métier, donc il me tient à cœur d'être là, surtout pour cette première année charnière. C'est un rythme intense, mais passionnant. On est une équipe de six pour faire tourner l'établissement du mardi au samedi.

On peut aussi manger chez vous ?On propose une cuisine fusion raffinée en effet, mélangeant l'Asie du Sud-Est et l'Europe du Sud-Ouest. Ce sont des assiettes de partage uniques à Paris. Les retours sont excellents.

Vous étiez récemment avec Clémence Castel et Denis Brogniart sur la Beachcomber Aventure, racontez-nous ?C'était pour les dix ans de l'événement à l'île Maurice. C'est un Koh-Lanta miniature organisé pour les meilleurs agents de voyage. C'est intense : trois à quatre épreuves par jour, avec Denis aux commandes. La différence, c'est qu'on dort dans un cinq étoiles et qu'on mange à notre faim ! J'ai pu y découvrir Clémence, c'est une femme géniale, droite et très naturelle.

"Denis Brogniart a un peu mal au dos avec les années, mais il envoie encore pas mal!"Et Denis ?Il est toujours en forme, le père Denis ! On a fait des tours de VTT ensemble à l'île Maurice, on a joué au padel... Il m'a même surpris sur le vélo, j'avais du mal à le suivre. Il a un peu mal au dos avec les années, mais il envoie encore pas mal. C'était un plaisir de passer du temps avec lui et Clémence.

On dit souvent que les candidats forment une "grande famille"...Je confirme. Nous sommes moins de 500 candidats dans l'histoire du jeu. Une telle expérience rapproche forcément. On a tous ce côté compétiteur, alors quand on se voit, on finit souvent par organiser des olympiades ! Bien sûr, on a nos affinités. Je suis proche de Quentin, Jacques ou encore Teheiura, avec qui je suis très lié. Je vois aussi régulièrement Laurent Maistret ou Kunlé pour le sport.

Une fois la diffusion terminée, les tensions s'apaisent-elles ?Globalement, oui. Il peut y avoir de petites querelles au moment de la diffusion, car on découvre ce qui a été dit ou fait dans notre dos, mais on finit par passer outre. C'est un jeu dans un cadre particulier. Me concernant, la diffusion était fidèle à ce que je suis : stratège et joueur. Certains téléspectateurs diabolisent la stratégie ; pour moi, c'est une partie de poker.

"À Koh-Lanta, je n'aurais pas pu transgresser les règles..." Que pensez-vous des tricheries de 2021 qui avaient entraîné l'exclusion de Teheiura et le fait qu'aucun gagnant ne soit désigné cette année-là ?Je n'ai jamais vraiment abordé le sujet, mais en tant que compétiteur, je n'aurais pas pu transgresser les règles ainsi. C'est dommage pour l'image du programme. Souvent, on me demande : "Est-ce qu'on vous donne vraiment à manger ?" Je rassure les gens : quand on perd 7 kilos en 27 jours, on voit bien qu'on ne mange pas.

Allez-vous suivre la nouvelle saison ?Je regarderai en replay, car je travaille le mardi soir, mais les nouvelles règles m'intriguent. Avec mon regard d'ancien candidat, je ne vois plus le jeu de la même façon. Mais le secret est toujours bien gardé par la production sur l'issue des tournages.

Côté vie privée, tout va toujours pour le mieux avec votre épouse Marine ?Oui, nous avons fêté nos dix ans de couple et nous sommes mariés depuis deux ans. Elle est directrice artistique indépendante. Elle a mieux vécu mon second départ que le premier, où la coupure totale de communication était très difficile. Pour ma part, c'était l'inverse : la deuxième fois, j'étais plus inquiet pour elle.

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Des projets d'agrandir la famille ?C'est dans les cartons ! Pour l'instant, mon "bébé", c'est le Kinágua. Il m'occupe beaucoup la nuit ! Mais on y songe sérieusement, ça viendra.

Quels sont vos rêves pour demain ?Faire perdurer ce bar et peut-être en ouvrir un deuxième ou un troisième. Ce serait un bel accomplissement professionnel.

Et repartir pour un troisième Koh-Lanta ?C'est presque impossible de dire non. En sortant, on se dit "plus jamais", et un an après, on signe à nouveau. On devient accro à ces émotions fortes qu'on ne retrouve nulle part ailleurs dans le quotidien.Le Kinágua, 52 Rue Greneta, 75002 Paris

Propos exclusifs ne pouvant être repris sans la mention Purepeople

publié le 3 mars, Lucie Gosselin , Purepeople

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