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Loin de la France et face à un père de famille qui va trop loin, Sidonie Bonnec a fait preuve d'intelligence pour partir, elle raconte son expérience

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Invitée d'Un dimanche à la campagne ce 30 novembre, Sidonie Bonnec s'est confiée sur une expérience traumatisante qu'elle a subi lorsqu'elle était jeune fille au pair en Angleterre à l'âge de 22 ans. Seule et loin de la France, elle a réussi à échapper à l'emprise d'un père de famille devenu inquiétant.

Capture vidéo Un dimanche à la campagne - France 2 - © France 2, Un dimanche à la campagne France 2

Installée dans la maison isolée où Frédéric Lopez reçoit ses invités, Sidonie Bonnec a accepté de replonger dans un souvenir qui ne l'a jamais quittée. Si le public la connaît pour Tout le monde a son mot à dire, ses documentaires et désormais son roman La fille au pair, elle reconnaît que ce livre n'est pas né de nulle part. Il est le fruit d'un épisode qui l'a durablement marquée. L'année où, en Angleterre, sa vie de jeune fille au pair a basculé. L'ambition de Sidonie Bonnec était simple : perfectionner son anglais avant de débuter ses études de journalisme.

Elle tombe alors sur une famille qui "a l'air importante" explique-t-elle face à Bernard Werber, Pierre Lapointe et Frédéric Lopez. Cultivée, chaleureuse, presque parfaite, "Je pars pour vivre une histoire extraordinaire", confie-t-elle. Mais très vite, les premières fissures apparaissent. Tout se déforme autour d'elle. "Je découvre qu'ils n'ont pas du tout dans l'intérêt que j'ai des heures pour réviser et m'épanouir, eux ce qu'ils veulent c'est une jeune fille servile, mais ça je mets du temps à le comprendre. Parce que chaque jour j'ai un peu plus de tâches ménagères et donc j'entre dans cette servilité, mais je ne m'en rends pas compte c'est ça qui est pervers" confie-t-elle.

La flatterie devient également une méthode d'emprise. Au dîner, le père la valorise en permanence : "Vous voyez cette jeune femme, elle va devenir une grande journaliste." Un discours flatteur, destiné à la rassurer... et à la fragiliser. "C'est des techniques de base pour avoir une emprise sur quelqu'un, c'est envoyer des messages contraires constamment" commente Pierre Lapointe. Le récit devient plus sombre lorsque la journaliste raconte l'instant où tout bascule.

"Je sens sa main sur mon pied" : ce moment où son monde "s'écroule"Un soir, le père de famille lui propose de regarder un film ensemble, "Mary à tout prix", elle n'y voit rien d'inquiétant. Elle s'assoit puis "Au bout d'une demi-heure de film à peu près, je sens sa main sur mon pied" raconte-t-elle sous le choc. Elle ne lève même pas les yeux : "Tout mon monde s'écroule." Elle comprend immédiatement qu'elle doit partir pour éviter que la situation dégénère. Puis l'homme va plus loin : il lui suggère de dormir dans son bureau, "que sa femme ne dira rien". La journaliste, terrifiée et isolée, comprend que personne ne viendra l'aider.

Sans téléphone, sans famille sur place, sans argent et sans autre appui, elle improvise une solution pour fuir. Elle invente avoir été "prise dans une école de journalisme publique" et devoir rentrer en urgence en France. Le père la dépose lui-même à la gare. Elle sait alors que c'est terminé : "Dès qu'il me dépose, je sais que c'est bon, que c'est fini." Elle décrit aujourd'hui cette situation comme une agression inachevée, une emprise "perverse" et dangereuse. Un traumatisme qui nourrira son roman, mais aussi sa force de femme.

De retour en France, elle reprend ses études au CELSA. L'anglais est difficile. "Mais je suis vivante, ce n'est pas grave", plaisante-t-elle et elle enchaîne les piges. Puis, peu à peu, la vie change. NT1, puis W9, puis M6 l'accueillent. Dominique Farrugia la pousse à l'antenne avec une phrase devenue culte : "Tu ferais une bonne pétasse de la télé, toi." Sidonie en rit encore, consciente du chemin parcouru. Elle prend ensuite la tête d'Enquêtes criminelles, plonge dans le documentaire, puis rencontre l'amour sur un chalutier lors d'un tournage. Enfin, Tout le monde a son mot à dire lui offre une place quotidienne dans le cœur du public.

publié le 30 novembre, Lucie Gosselin , Purepeople

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