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"Tout le monde savait que Rodolphe Saadé avait surpayé" : après son pari à 1,57 milliard d'euros sur BFMTV et RMC, le milliardaire a gagné bien plus qu'un groupe média

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Racheté par Rodolphe Saadé en 2024 pour 1,57 milliard d'euros, le groupe RMC BFM a déjà perdu près de 40 % de sa valeur, selon "L'Informé". Si l'opération apparaît aujourd'hui comme un lourd revers financier, elle aurait toutefois permis au patron de CMA CGM de renforcer considérablement son influence dans le paysage médiatique français.

Moins de deux ans après le rachat de RMC BFM par Rodolphe Saadé, le groupe audiovisuel a perdu près de 40 % de sa valeur, selon L'Informé. Rodolphe Saadé, propriétaire du journal "La Provence" - Le président de la République française E.Macron lors des "Discussions sur les enjeux démocratiques à l'épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes" avec les lecteurs du journal "La Provence" à Marseille. © ©hristian Liewig / Bestimage - © BestImage, Christian Liewig / Bestimage

Le pari est, pour l'heure, loin d'être rentable financièrement. Moins de deux ans après le rachat de RMC et BFMTV pour 1,57 milliard d'euros, le groupe audiovisuel de Rodolphe Saadé a vu sa valeur fondre. Selon L'Informé, les actifs ont été dépréciés de 464 millions d'euros, ramenant leur valorisation à 730,4 millions d'euros fin 2025, soit une baisse de près de 40 % en seulement 18 mois.

Cette dépréciation s'explique notamment par la concurrence accrue de CNews, la crise du marché publicitaire et les nombreux départs de journalistes après le changement d'actionnaire. Toujours selon L'Informé, BFMTV, bénéficiaire pendant douze ans, est même passée dans le rouge en 2024.

Rachat de BFMTV : une perte financière, mais un gain d'influence stratégiquePour autant, certains estiment que cette opération ne se résume pas à une perte financière. Une journaliste citée par L'Informé résume ainsi l'enjeu : "Tout le monde savait que Rodolphe Saadé, le dirigeant de CMA CGM, avait surpayé. Mais cela lui a permis d'énormément gagner en influence."

En mettant la main sur RMC et BFMTV, après le rachat de La Tribune puis de Brut, le patron de CMA CGM s'est constitué un puissant portefeuille de médias. Si l'investissement pèse aujourd'hui sur les comptes, il lui offre en contrepartie un levier d'influence difficile à chiffrer, mais stratégique dans le paysage économique, médiatique et politique français.

Reste désormais à savoir si cette influence suffira, à terme, à justifier un investissement dont le coût financier apparaît aujourd'hui particulièrement élevé.

publié le 16 juillet, Adrian Gauteye , Purepeople

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