"Des gens qui mettent en avant des valeurs chrétiennes et qui en font totalement abstraction" : Roselyne Bachelot charge les médias du groupe Bolloré
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Au micro de Marc-Olivier Fogiel sur RTL, l'ancienne ministre de la Culture s'est montrée très critique envers les médias détenus par Vincent Bolloré.
Interrogée par Marc-Olivier Fogiel sur RTL, Roselyne Bachelot critique les médias du groupe Bolloré - © RTL
Dans "Une omerta française. Secrets d'enfance", livre à paraître le 16 octobre 2025, Roselyne Bachelot dénonce les violences sexuelles cachées dans certaines institutions religieuses et couvertes par l'Église catholique. Un ouvrage "douloureux" à écrire pour l'ancienne ministre, comme elle l'a confié ce mardi 14 octobre au micro de RTL. Invitée à répondre à Marc-Olivier Fogiel, la sociétaire des "Grosses têtes" sur la même radio l'a affirmé : "L'Église a protégé des prédateurs, elle a couvert des crimes, et ce n'est pas des choses isolées". Des raisons qui l'ont poussée à prendre ses distances et du recul envers l'institution catholique.
La sphère Bolloré est "le reflet de ce que j'appelle un pagano-christianisme"Dans son livre, elle évoque également le lien entre l'Église et les pouvoirs politiques et médiatiques. "Elle a gardé une capacité d'influence qui s'amenuise, mais surtout, comme disait Gramsci (un philosophe italien, ndlr), il n'y a pas de pouvoir politique sans pouvoir intellectuel. Elle a des journaux, des cercles de réflexion, radios, télévisions...", a expliqué l'ancienne ministre de la Culture entre 2020 et 2022 avant de revenir sur les médias détenus par le groupe Bolloré, qu'elle cite nommément dans son livre, et notamment le magazine hebdomadaire "JDNews".
Elle s'est dite inquiète de l'influence des médias du groupe Bolloré (CNews, Europe 1, "Le JDD"...), "parce que c'est le reflet de ce que j'appelle un pagano-christianisme (qui signifie ne croire en aucun dieu, ndlr)", a-t-elle expliqué avant de développer son raisonnement : "C'est-à-dire que ce sont des gens qui mettent en avant des valeurs chrétiennes et qui pourtant en font totalement abstraction. Ne pas porter secours à des personnes en situation difficile, c'est ne pas respecter les lois de l'Église, c'est les utiliser, les instrumentaliser", a-t-elle dénoncé.
En janvier 2021, alors ministre de la Culture, Roselyne Bachelot s'était exprimée sur la chaîne d'information en continu du groupe Canal+, groupe détenu par le milliardaire. "CNews a choisi une ligne éditoriale franchement acceptée. Ils gèrent cela de cette façon. Il faut tout écouter, même les gens avec lesquels on n'est pas d'accord, sinon on n'est pas dans la liberté d'expression", avait-elle déclaré au micro de Franceinfo. À la question de savoir si elle acceptait les invitations de la chaîne, elle avait alors répondu après un silence gêné : "Pour l'instant, je ne les ai pas acceptées. J'ai toujours une réticence à aller chez des gens qui m'attaquent de cette façon". Elle s'était finalement rendue sur le plateau de la matinale du canal 14 en septembre de la même année, où elle avait répondu aux questions de Laurence Ferrari.
Rappelons que Roselyne Bachelot a elle-même travaillé entre 2012 et 2016 sur une chaîne du groupe Canal+, C8 (qui s'appelait à l'époque D8), où elle était chroniqueuse dans l'émission "Le Grand 8" présentée par... Laurence Ferrari.
publié le 14 octobre, Léa Stassinet , Puremédias