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"Ils ne nous feront pas taire" : Matthieu Pigasse réagit après l'intervention de l'Arcom auprès de France 2 suite à son intervention dans "L'événement"

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Mis en cause après un rappel à l'ordre de l'Arcom visant l'émission "L'Événement" sur France 2, Matthieu Pigasse a vivement réagi sur X. Le banquier d'affaires dénonce une décision qu'il juge politiquement motivée et affirme ne pas vouloir se laisser intimider.

Caroline Roux présente "C dans l'air" sur France 5, ce lundi 6 octobre 2025. - © vidéo : France 5 / photo : CEDRIC PERRIN / BESTIMAGE

C'était le 5 janvier 2026. L'Arcom, autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, effectuait un rappel auprès de France Télévisions après un manquement dans un numéro de l'émission politique "L'évènement" sur France 2 diffusé le 11 septembre 2025. L'organisme a ainsi reproché à la chaîne de n'avoir pas su " pleinement aux exigences d'honnêteté et de rigueur de l'information". En cause, la présentation d'un invité, Matthieu Pigasse, lors d'un débat présenté par Caroline Roux et intitulé "Instabilité politique, crise budgétaire : Ma République va craquer ?" alors que François Bayrou venait de démissionner de son poste de Premier ministre. Ce dernier avait été annoncé à l'antenne "en sa seule qualité de chef d'entreprise", note le gendarme de l'audiovisuel "alors qu'il avait déjà fait publiquement état de prises de position politiques et qu'il est cofondateur de la société Mediawan qui produit certains des programmes emblématiques de France Télévisions". L'homme d'affaires, actionnaire du journal "Le Monde", finance via Mediawan notamment "C dans l'air" sur France 5, animé par celle qui l'interviewait ce soir-là.

Après cet avertissement sur "la nécessité de donner aux téléspectateurs toute précision utile à la parfaite compréhension de la qualité des intervenants à l'antenne et de la portée de leurs propos", celui qui est à la tête du groupe de presse Combat (Radio Nova, "Les Inrockuptibles") a réagi à ce recadrage : "L'Arcom se soumet à l'extrême droite et sermonne France Télévisions sans raison", a-t-il écrit le 7 janvier sur son compte X, anciennement Twitter. Proche politiquement de la gauche, le banquier d'affaires a, à plusieurs reprises, regretté "une complaisance, voire dans certains cas une connivence, entre les dirigeants de grandes entreprises et l'extrême droite", comme il le confiait à "Libération", le 13 janvier 2025. Le quotidien titrait même sur cette phrase choc en Une : "Je veux mettre les médias que je contrôle dans le combat contre la droite radicale."

"Faire peur à l'audiovisuel public"Un an plus tard, Matthieu Pigasse voit dans cette mise au point de l'Arcom la confirmation de cette "bataille culturelle", reprochant à l'autorité de "faire peur à l'audiovisuel public pour le faire taire, et laisser CNews déverser sa propagande raciste" sans lui faire de remontrance. Il s'en est ensuite pris au député Ciottiste Charles Alloncle, rapporteur de la commission d'enquête sur "la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public", qui "mène au Parlement [cette bataille culturelle]". Et de conclure : " me met publiquement en cause de manière diffamatoire. Ils ne nous feront pas taire".

L'ancien haut-fonctionnaire fait référence à des propos tenus par l'homme politique sur la matinale de "Radio Courtoisie" il y a trois semaines : "Un milliard d'euros par an d'argent du contribuable est attribué pour financer des entreprises de production. La première à bénéficier de l'argent public, c'est Mediawan, détenu par Monsieur Niel, Monsieur Pigasse et Monsieur Capton. Ces personnes ont un agenda politique, ils ne le cachent pas. Si bien que Monsieur Pigasse, dans 'L'événement', à une heure de grande écoute [...] nous explique que le RN était un parti qui pourchassait les homosexuels et les étrangers sans aucune forme de contradictoire", avait-il notamment critiqué. Des accusations qui avaient vivement fait réagir à l'époque.

publié le 9 janvier, Nastassia Dobremez , Puremédias

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