"J'ai eu bien les boules" : Jean-Paul Rouve révèle avoir mis un mois à se remettre de ne pas avoir été nommé aux Cesar pour "Le consentement"
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Le comédien et réalisateur des "Tuche" avait incarné l'atroce Gabriel Matzneff dans cette oeuvre troublante, un rôle aux antipodes de ce qu'il avait l'habitude de camper.
Jean-Paul Rouve incarnera Gabriel Matzneff au cinéma. - © Abaca
Jean-Paul Rouve trouve que son investissement pour "Le consentement" aurait dû mériter meilleur sort. Le comédien, habitué aux rôles plus "légers", avait été choisi par la réalisatrice Vanessa Filho pour se glisser dans la peau de l'écrivain Gabriel Matzneff, visé par une enquête pour viols sur mineurs. Une performance habitée, saluée par la critique, et qui avait valu à son auteur de s'impliquer pleinement pour incarner cet homme controversé, voire insoutenable. "Quand on joue un rôle, ce n'est pas la valeur morale du personnage, mais celle du film qui compte" expliquait-il à nos confrères du "Huffington Post". Si Vanessa Filho avait fait un film à la gloire de Matzneff, je n'aurais pas accepté", précisait-il. À 56 ans, l'ex-membre des Robins des Bois s'était rasé le crâne et préparé pendant des mois pour camper l'homme de lettres, qui ne s'est jamais caché de ses pratiques pédocriminelles dans ses livres.
Pas fier de sa réactionInterrogé par "Konbini" sur son rapport aux récompenses cinématographiques, le réalisateur des "Tuche" a dit regretter ne pas avoir été nommé aux César pour l'ensemble de sa prestation. "J'ai eu bien les boules. Ce n'est pas de la jalousie, ce n'est pas pareil", a-t-il confié, avec une lucidité désarmante. Jean-Paul Rouve a alors expliqué pourquoi cette anomalie à ses yeux lui a miné le moral. "Je me dis que c'est un travail d'acteur, le film est bien, tout est réuni pour", a développé le comédien, avant d'assumer que sa réaction était malvenue et qu'il a mis "un mois" à se remettre de cette déception. "Je le reconnais, c'est nul." Face à cet aveu, son interlocuteur de "Small Talk", David Castello-Lopes, a tenu à relativiser : "C'est pas du tout nul, c'est normal, c'est humain."
Toutefois, si l'Académie du cinéma français a boudé l'acteur, le public, lui, s'est rué dans les salles obscures. Après une première semaine d'exploitation moribonde, avec 60.000 entrées enregistrées, "Le Consentement" a bénéficié d'un phénomène né sur TikTok pour décoller au box-office. Sur le réseau social, les jeunes Français avaient lancé une tendance massive : filmer leur ressenti avant et après avoir visionné cette oeuvre dérangeante. Une tendance qui montrait à quel point le film était choquant et éprouvant, mais qui, paradoxalement, a poussé toute une génération à se ruer dans les cinémas pour comprendre. Jean-Paul Rouve, lui-même, n'en revenait pas. "C'est un cas d'école, depuis que je fais ce métier, je n'ai jamais vécu ça" confiait-il à l'époque sur RTL.
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Les Robins des Bois jaloux de sa réussite ?Jean-Paul Rouve a néanmoins obtenu les honneurs de la grande messe du cinéma, raflant le César du meilleur jeune espoir masculin pour sa performance remarquée dans "Monsieur Batignole" en 2003. Un trophée conquis peu de temps après le démantèlement de la troupe des Robins des Bois, et qui aurait suscité la jalousie de ses anciens partenaires de sketches. "Je pense qu'il y a eu ça, oui. Je ne dirai pas de qui, mais je pense", a-t-il indiqué à "Konbini", sans en prêter une grande importance. "Mais pourquoi pas ? On a le droit de dire pourquoi pas moi. Tout va bien."
publié le 9 novembre, Olivier Cortinovis , Puremédias