"Je ne crois pas du tout qu'elle va baisser les bras" : Le patron de l'information de France 2 revient sur les débuts mouvementés de Léa Salamé au "20 Heures"
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Malgré les critiques et les polémiques, Léa Salamé sera bien de retour aux commandes du "20 Heures" de France 2 en janvier.
Léa Salamé a présenté ses excuses en direct de son JT - © France 2
Léa Salamé avait certainement imaginé un tout autre scénario pour ses débuts au "20 Heures" de France 2. Elle, qui n'avait pas pour rêve d'incarner le prestigieux rendez-vous, a finalement décidé de relever le défi cet été, "très heureuse d'écrire cette nouvelle page avec vous (les téléspectateurs, ndlr) et avec la formidable rédaction de France Télévisions". Mais une fois cette introduction faite, le remplaçante d'Anne-Sophie Lapix s'est vite retrouvée embourbée dans plusieurs polémiques, dont certaines relevaient d'erreurs collectives. À chaque fois, la journaliste a dû présenter ses excuses à l'antenne, après avoir accusé le coup en coulisses. "C'est dur. Je paye pour plein de choses qui me dépassent. Faut juste que je tienne", confiait-elle pendant les vacances de la Toussaint à un proche, cité dans "Le Parisien". Elle fait donc profil bas et continue de tracer son chemin, rassurée par le soutien de sa hiérarchie.
Le JT se stabilise avec Léa SalaméDans le quotidien, Alexandre Kara, patron de l'information du groupe public, a confirmé que l'avenir de sa nouvelle recrue n'était pas menacé. "Léa est arrivée extrêmement humble. Elle a dit que ses débuts seraient un stage d'observation. Elle a pu tomber dans des pièges à sa prise de fonction. Elle a pu exprimer une lassitude vis-à-vis des attaques, oui !", a reconnu le dirigeant, avant de saluer sa résilience. "Mais je ne crois pas du tout qu'elle va baisser les bras. Les attaques la blessent quarante-huit heures puis elle repart au combat avec une puissante force intérieure. Elle ne lâche rien car elle veut réussir", assure-t-il.
Outre la force de caractère de la présentatrice, Alexandre Kara souligne également les bonnes audiences réalisées par l'édition du soir, qui grignote son retard par rapport à sa concurrente de TF1. Du lundi 1er septembre au jeudi 27 novembre (hors vendredi puisqu'il est présenté par Laurent Delahousse et en enlevant la période du 22 au 30 octobre, où elle était en congés), la première partie du journal de "20 Heures" de France a rassemblé en moyenne 3,76 millions de téléspectateurs. Cela correspond à une part d'audience moyenne de 19,8%. La deuxième partie du rendez-vous d'information a elle fédéré 3,67 millions de téléspectateurs, soit 18,7% de l'ensemble du public. C'est 2 points de part d'audience de plus, si l'on compare ces chiffres avec les scores réalisés par sa prédécesseure.
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Une rédaction sous pressionPour autant, les couacs internes observés pendant les JT ont laissé des traces et ont poussé la direction de France Télévisions à réagir. Dans chacune de leur édition le même jour, Julian Bugier et Léa Salamé avaient confondu à l'antenne les circonstances de l'attentat d'Arras qui a visé l'enseignant de français Dominique Bernard le 13 octobre 2023 avec celles de l'attaque contre Samuel Paty, professeur d'histoire géographie décapité le 16 octobre 2020 par un terroriste islamiste. Une "erreur d'importance" corrigée par l'institution publique via un message posté sur X par le compte de Franceinfo.
Dans la foulée, Delphine Ernotte a lancé un audit interne, chargé "d'analyser la chaîne des événements qui a conduit à ce ratage", et a réorganisé son état-major. La présidente du groupe a également décidé de rattacher la direction de l'information incarnée par Alexandre Kara à celle des antennes et des programmes dirigée par le bras droit de la présidente, Stéphane Sitbon-Gomez. De son côté, Léa Salamé souhaite remobiliser la rédaction pour éviter ce genre de dysfonctionnement, d'autant qu'elle se sait attendue avant le début de la campagne présidentielle. Une échéance au cours de laquelle la compagne de Raphaël Glucksmann pourrait quitter l'antenne si le député européen et leader de Place Publique décidait de se présenter.
publié le 8 décembre, Olivier Cortinovis , Puremédias