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"Le pire drama de tous les temps" : La presse américaine dézingue la nouvelle série de Disney+ avec Glenn Close et Kim Kardashian

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Attendue comme l'un des événements de la saison, "All's Fair", la nouvelle série signée Ryan Murphy au casting cinq étoiles, vire au désastre, accablée par les critiques cinglantes de la presse anglo-saxonne.

La bande annonce de "All's Fair" avec Kim Kardashian, Naomi Watts, Niecy Nash-Betts, Teyana Taylor, Matthew Noszka ainsi que Sarah Paulson et Glenn Close - © Disney

C'était censé être l'événement glamour de l'automne sur Disney+. Après "Monster", série à succès centrée sur Ed Gein, le prolifique Ryan Murphy revient avec "All's Fair", une création inédite portée par un casting cinq étoiles : Kim Kardashian, Naomi Watts, Glenn Close, Sarah Paulson, Niecy Nash-Betts et Teyana Taylor.

"On dirait un scénario écrit par un enfant de trois ans"Un projet alléchant sur le papier, d'autant plus que la star de "L'incroyable famille Kardashian" tient pour la première fois le premier rôle dans une fiction. Mais depuis la mise en ligne des trois premiers épisodes sur Disney+, la série subit un lynchage critique d'une rare violence.

Sur le site "Rotten Tomatoes", "All's Fair" obtient l'humiliant score de 0 %. Du jamais vu pour un projet de cette ampleur. Pour le "Times", c'est tout simplement "le pire drame télévisé jamais produit" : "Bravo Kim. Il faut un ego solide pour jouer dans ce qui est sans doute le pire drame télévisé jamais tourné. Le show se prend pour une fable féministe sur des avocates affrontant des hommes riches et cruels, mais il n'est qu'un monument vulgaire et répugnant à la vanité et à la cupidité qu'il prétend dénoncer. On dirait un scénario écrit par un enfant de trois ans."

Même son de cloche du côté du "Guardian", où la journaliste Lucy Mangan lâche une critique assassine : "Je ne pensais pas qu'il était encore possible de faire une série aussi mauvaise. C'est fascinant, incompréhensible, existentiellement affreux." Le "Telegraph", lui, accorde une seule étoile sur cinq, estimant que "malgré son casting impressionnant, 'All's Fair' s'impose comme le pire navet jamais produit par Ryan Murphy".

Et pourtant, le point de départ semblait prometteur : une équipe d'avocates en droit du divorce quitte une entreprise très masculine pour ouvrir son propre cabinet. Brillantes et ambitieuses, elles affrontent trahisons, secrets et rivalités dans un Los Angeles ultra-luxueux. Une idée présentée comme féministe, un hommage à la puissance et à la solidarité féminine. Mais le résultat, selon la presse anglo-saxonne, tourne à la satire ratée.

L'écriture, le ton et le jeu d'acteurs sont tour à tour fustigés. "USA Today" parle d'une série "insultante pour une industrie où des artistes brillants peinent à faire exister leurs idées avec dix fois moins de budget". Quant au "Hollywood Reporter", il taille en pièce la prestation de Kim Kardashian : "Raide et sans émotion, dépourvue de la moindre note authentique, sa performance est à l'image de l'écriture : creuse et affectée. Sa seule présence semble n'avoir pour but que de générer du buzz."

Quelques jours avant la diffusion, les actrices de "All's Fair" avaient lancé une promotion XXL à Paris. Le 21 octobre dernier, Kim Kardashian, Naomi Watts et Sarah Paulson s'étaient réunies devant la presse internationale pour défendre le projet, une conférence à laquelle Puremédias a assisté. "Je lui ai dit oui sans avoir lu le moindre script, juste en connaissant l'idée globale de la série et les actrices rattachées au projet", confiait Naomi Watts. Même enthousiasme du côté de Kardashian : "Ryan Murphy a ce pouvoir de convaincre les gens d'embarquer dans un projet sans même évoquer la nature de celui-ci."

Glenn Close, nouvelle venue dans l'univers du créateur, avouait de son côté avoir été "intimidée sur le plateau". "Il y a des jours où j'étais très intimidée. Mais Ryan Murphy est un savant. Il savait qu'il y aurait une alchimie entre nous six. Sur ce projet, il n'a jamais été question d'ego."

"Un épisode des 'Kardashians' sous stéroïdes"Ironie cruelle, c'est justement cet ego collectif que la critique américaine pointe aujourd'hui du doigt, entre son ton clinquant, sa superficialité et son incapacité à incarner le message féministe qu'elle revendique. Même "Glamour" s'y met, comparant la série à "un épisode des 'Kardashians' sous stéroïdes". "Ryan Murphy s'est totalement 'Kardashian-isé'. Son univers télévisuel, autrefois brillant, semble désormais contaminé par l'idéologie du mode de vie aspirational des Kardashian - autrement dit, 'se comporter comme un milliardaire'."

"Variety" renchérit dans un article au titre évocateur : "La saga judiciaire de Kim Kardashian, est une fantaisie maladroite et condescendante de femme d'affaires accomplie." Et conclut : "'All's Fair' veut offrir un pur fantasme : un montage ininterrompu de femmes d'âge mûr profitant de leur richesse, de leur succès et du pouvoir qui les accompagne. Mais la série saute directement au dessert, sans construire le moindre liant sous forme de profondeur de personnage ou de tension crédible. Comme toutes les montées de sucre, l'euphorie retombe vite - et il ne reste qu'un mal de ventre."

publié le 5 novembre, Bruna Fernandez , Puremédias

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