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Netflix : 72 heures après sa sortie, ce thriller psychologique intimiste crée la surprise et détrône "Coupe-feu" de la première place du top mondial

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Le drame indien "Accused" interroge la notion de vérité et les conséquences personnelles d'une accusation publique.

La bande-annonce d'"Accused" disponible sur Netflix - © Youtube

Il est de ces succès que les abonnés de Netflix ne voient pas venir. À l'inverse de la saison 4 de "Bridgerton", très attendue par les fans, la production indienne "Accused", sortie le 27 février, ne figurait sans doute pas dans leur "to do watch" du début d'année. Et pourtant, 72 heures après sa mise en ligne, le drame intimiste a pris la première place du classement des films les plus visionnés du moment dans le monde. Il éteint ainsi les espoirs de "Coupe-feu" de garder son fauteuil de leader, alors que ce thriller palpitant venu tout droit d'Espagne avait su convaincre les amateurs du genre. D'après les chiffres rapportés par "Flixpatrol", 21 pays ont plébiscité la fiction d'Anubhuti Kashyap, dont le Mexique, les Emirats Arabes Unis ou l'Afrique du Sud, en attendant que le bouche à oreille poursuive son écho jusqu'en France (2e derrière "On aurait dû aller en Grèce") ou aux Etats-Unis (6e).

La loyauté face au douteCe thriller psychologique suit l'itinéraire du Docteur Geetika Sen, une gynécologue et chirurgienne reconnue par ses pairs et heureuse en amour grâce à son mariage avec son épouse, le Dr. Meera, également médecin. Mais leur bulle de bonheur éclate lorsque la première est accusée de violences sexuelles par des patientes. À mesure que l'affaire attire l'attention et que l'opinion publique s'empare du sujet, ses relations avec ses proches se fragilisent. Le film, haletant du début à la fin, s'attache alors à examiner la manière dont la perception et la croyance influencent les jugements lorsque les certitudes manquent. "Avec 'Accused', je voulais montrer ce qui se passe quand on nous enlève la clarté", expliquait la réalisatrice, Anubhuti Kashyap. "Geetika est une femme qui a l'habitude d'avoir le contrôle, sur son travail, sur sa crédibilité, sur son espace. Ce qui m'a plu, c'est son effondrement intérieur, devant tout le monde. Je suis contente que Netflix mise sur une histoire comme celle-ci, une histoire qui fait confiance à la performance et au silence plutôt qu'au spectacle", se félicitait l'interprète de cette médecin au cœur d'un scandale public, l'actrice Konkona Sensharma.

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Avec sa mise en scène sobre et son rythme bien particulier, la créatrice a souhaité installer un sentiment de tension permanente. Un pari réussi au regard des premiers retours des abonnés. "Avec ce film, on voulait raconter une histoire très prenante donc on l'a fait comme ça. J'ai montré le film à différentes personnes à plusieurs étapes de la conception et leur ai demandé : 'Tu te sentais détendu en voyant ça ? Tu décrochais ?' Je prenais des notes, travaillais dessus et faisais en sorte qu'il n'y ait pas un moment de respiration", explique-t-elle dans la version indienne de "The Hollywood Reporter". Une approche narrative qui correspond aux envies d'un public qui "manque de patience" comme l'avait déjà souligné Matt Damon. "On a tout resserré pour que les gens n'aient pas d'excuse pour faire une pause, regarder ailleurs ou aller se faire un thé", a expliqué Anubhuti Kashyap.

publié le 3 mars, Olivier Cortinovis , Puremédias

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